École des parents et des éducateurs

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Les parents et l'école, une relation sous pression

Edito numéro 599

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Edito : Devoirs, devoirs...

L’école est un monde complexe, avec ses sigles, ses savoirs, ses objectifs, ses règlements et ses contraintes, qui échappent le plus souvent aux parents non experts. Depuis vingt ans elle affirme pourtant vouloir leur faire une place, par le biais de représentants élus, de quelques réunions, d’un carnet de liaison à signer, de remise de bulletins scolaires – en main propre lorsque ceux-ci sont mauvais -, et d’information ou de convocation par SMS ou courrier en cas de problème. De leur côté, depuis la crise, jamais les parents n’auront autant compté sur l’école qui, en retour, sous couvert de partenariat, n’a jamais autant compté sur eux. Par le biais des devoirs, pourtant interdits dans les textes, l’école externalise une partie de son travail et le sous-traite aux parents, renforçant ainsi les inégalités sociales qu’elle fige, affirment les sociologues. Et tout le monde s’y soumet : enfants, enseignants convaincus des bienfaits du travail personnel et soucieux de boucler leur programme, et parents contents d’être impliqués et responsabilisés. Parmi eux, ceux qui en ont les moyens sauront faire ou délègueront : cours particuliers ou inscription dans le privé – censé encadrer davantage –, quitte à trahir certains de leurs idéaux républicains. Les autres, parents des classes populaires, loin de « démissionner », s’attelleront eux-mêmes à la tâche explique Séverine Kakpo, surtout au primaire et au début du collège. Ils sont là, derrière leur enfant, à faire refaire, à dicter, à vérifier… transformés en contremaîtres de l’institution : « T’as fait tes devoirs ? », « Montre-moi ». Le problème est qu’ils ne suivront pas forcément la bonne méthode, que la nouvelle façon d’aborder la division n’est pas la leur, contribuant à un certain brouillage dans les apprentissages, et s’exposant, eux et leur enfant, à de mauvaises notes et à de grosses déceptions. Les devoirs, parfois contre productifs, minent les soirées, mettent à bout les patiences, pourrissent les dimanches autour de la table de la cuisine. Rien ne change, la pression se serait même accrue. Ici ou là pourtant des associations se mobilisent, des enseignants refusent de donner du travail, des chefs d’établissement invitent les parents à partager de véritable moments, pour que l’école ne soit plus un lieu intimidant, que la confiance s’instaure, que tous travaillent ensemble au bien-être de l’enfant.

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