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Compte-rendu du colloque de la Fnepe - février 2006

 

Les 3 et 4 février 2006 a eu lieu à Paris le colloque de la Fédération Nationale des Ecoles des Parents et des Educateurs (FNEPE) sur le thème :

JEUNES/PARENTS/MEDIAS : DES RELATIONS @ DECRYPTER

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Introduisant le colloque Jacqueline Costa-Lascoux, Présidente de la FNEPE, politologue et directrice de recherche au CNRS, a initié une réflexion sur les médias qui, dans une approche intergénérationnelle, fasse l’équilibre entre l’angélisme et la diabolisation.

Tous les conférenciers ont analysé avec finesse les changements provoqués par les nouvelles technologies de la communication.
Faisant rapidement la part des comportements pathologiques assez marginaux de « cyberaddiction », ils ont montré combien le téléphone portable, les jeux vidéo et Internet constituaient pour les jeunes des moyens de construction identitaire. La sociologue Dominique Pasquier, directrice de recherche à l’EHESS a abordé la manière dont les médias, transformés en instance forte de socialisation horizontale, entre pairs, forgent chez les jeunes des attitudes qui sont très normatives et qui représentent une véritable « tyrannie de la majorité ».
Partout branché, partout en lien avec son réseau, le jeune utilise les nouveaux médias pour s’informer, pour jouer, pour exprimer ses rêves, ses peurs, ses fantasmes, pour échapper à l’emprise de ses parents et éviter la confrontation avec eux, échanger avec d’autres, remplir le vide. Il évolue dans un univers de sons, avec un sentiment de toute-puissance puisque, comme le souligne le pédopsychiatre et psychanalyste Claude Allard, il peut « réaliser les pulsions frustrées dans la réalité et avoir l’illusion d’entrer en interaction psychique avec un personnage ».
Le psychologue et psychanalyste Michael Stora a distingué parmi les usagers des jeux vidéo : les dépendants appelés les « no life » et les joueurs simplement « passionnés » qui peuvent trouver là, un moyen d’expérimenter leur main mise sur le monde. Au demeurant, certains parents préfèrent encore voir jouer ou « surfer » leurs enfants plutôt que de les voir « sortir »…

Plusieurs intervenants ont précisément insisté sur le rôle des parents : Sylvain Missonnier, psychologue, Maître de conférences à Paris X pour rappeler qu’ils ont « un devoir de parler vrai, d’oser dire à leurs enfants leurs sentiments. Les jeunes ont besoin de ce support identificatoire pour résister à l’influence du groupe » ; le professeur Daniel Marcelli, pédopsychiatre, Professeur de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, pour préciser que « les média sont des objets de connaissance du monde qui s’interposent entre parents et enfants ». Aux parents qui s’angoissent de voir leur ado leur échapper en surfant sur Internet, il répond qu’ « il est nécessaire pour un jeune d’être à un endroit où personne ne sait qu’il est » ; tout en rappelant qu’ « il est sain que les parents posent des interdits ». L’interdit est structurant mais aussi la parole et les parents ont été invités à quitter les attitudes de défiance et à se « former » à l’usage des médias pour accompagner l’usage qu’en font leurs enfants. Des initiatives ont d’ailleurs été présentées par des intervenants tels que France Renucci, directrice du CLEMI, Olivier Péraldi, adjoint au Délégué interministériel à la famille et Olivier Katian, Président d’Olympio, créateur d’outils d’animation collective.

   
Les actes de ce colloque sont publiés dans
le Hors-série N°559-HS de septembre 2006 de la revue L’école des parents

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