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N°562
- février / mars 07
- L'école des parents
Actualité
I Adolescence
Les
conduites à risque
L’appel
à vivre
Le
terme de conduites à risque désigne une série
de conduites disparates dont le trait commun consiste pour
un jeune à s’exposer à une probabilité
non négligeable de se blesser, de mourir, de léser
son avenir personnel ou de mettre sa santé en péril
: toxicomanie, tentatives de suicide, fugues, vitesse sur
la route, alcool, troubles alimentaires, fugues, défis,
etc. Ces comportements témoignent d’une souffrance.
Manières ambivalentes de lancer un appel à
ceux qui comptent, sous une forme paradoxale de communication.
Et si elles sont entendues par l’entourage, elles
se transforment en appui essentiel pour soutenir le jeune,
l’accompagner. Les conduites à risque marquent
alors une lutte contre cette souffrance incisive qui se
situe en amont liée à une histoire de vie,
une configuration familiale et sociale. Elles sont une solution
provisoire pour ne pas mourir. Plutôt que ruptures,
elles sont des tentatives d’ajustement au monde en
essayant de ne pas renoncer tout à fait à
soi. Elles ne sont pas des formes maladroites de suicide,
mais des détours symboliques pour tester la légitimité
d’être soi, se dépouiller d’un
sentiment d’insignifiance ou d’une souffrance
qui colle à la peau.
Pendant le temps de la confrontation intime au monde, l’adolescent
se sent physiquement contenu, il éprouve enfin les
limites qui lui manquent pour nouer une vie propice. Certes,
il paraît ne plus avoir prise sur la situation. Les
moyens utilisés ne sont sans doute pas les meilleurs
aux yeux des autres, épargnés, eux, par les
circonstances. Mais ces conduites sur le fil du rasoir sont
une tentative paradoxale de reprendre le contrôle,
de décider enfin de soi, quel qu’en soit le
prix : tentative de prendre un chemin de traverse pour accéder
à soi quand les assises narcissiques ne sont pas
données en toute évidence, elles sont une
manière de forcer le passage qu’un mur de sens
et d’impuissance lui interdit. Elles sont un détour
pour exister enfin, une recherche de marques, de limites
qui n’ont jamais été données
ou insuffisamment étayées. Ou que des circonstances
familiales ou personnelles n’ont pas rendu opérantes.
Ces attitudes représentent des formes de résistance
contre la violence d’une famille (indifférence,
manque d’amour, indisponibilité, incohérence
affective, abus sexuels, violences physiques, etc. ou, à
l’inverse, surprotection, difficulté de se
différencier de la mère) ou de la société
(compétition généralisée, exclusion,
etc.). Ce sont des manières de refuser l’adversité.
Pour les jeunes générations, plutôt
que de tentatives de suicide, il conviendrait de parler
de tentatives de vivre. Une manière d’accoucher
de soi pour des jeunes qui ont perdu le choix des moyens.
Ces conduites peuvent favoriser la prise d’autonomie
du jeune, la recherche de ses marques, elles sont un moyen
de se construire une identité. Elles n’en sont
pas moins douloureuses dans leurs conséquences à
travers les blessures ou les morts qu’elles entraînent,
les dépendances. Mais n’oublions pas de toutes
façons que la souffrance est en amont, perpétuée
par une conjonction complexe entre une société,
une structure familiale, une histoire de vie.
La notion de conduites à risque relève du
vocabulaire de la santé publique, c’est une
notion statistique et sociologique qui énonce un
point de vue officiel et fait peu de cas de la perception
du risque ou de la notion même de risque pour le jeune.
Elle traduit un regard extérieur. Ce terme est en
décalage avec l’expérience de l’adolescent
car, pour lui, la question n’est pas là mais
dans la souffrance, voire même dans le plaisir, s’il
s’agit d’une activité physique ou sportive,
qu’il éprouve ou dans l’évaluation
qu’il opère de la situation. Le risque perçu
par les parents ou les professionnels est sans commune mesure
avec celui éprouvé par l’adolescent.
À ce moment où son identité vacille,
la mise en danger de soi est moins grave à ses yeux.
Sa souffrance, son incertitude rendent le reste secondaire.
Dans ces circonstances, le risque pour l’existence
est de peu de poids face aux altérations du sentiment
de soi.
La volonté ferme de mourir, distincte des conduites
à risque, est rare chez les jeunes générations,
mais elle existe. Ce sont alors des jeunes ayant longuement
réfléchi à leur geste, en ayant pesé
les conséquences. Ils recourent à des moyens
irréversibles ne laissant aucun doute sur leur détermination
: pendaison, arme à feu, saut dans le vide à
de grandes hauteurs par exemple. Souvent ils laissent une
lettre ou un message dans leur blog pour expliquer leur
geste, dédouaner leurs parents ou leur reprocher
leur indifférence, et dire qu’ils préfèrent
mourir à vivre dans un monde où ils ne se
reconnaissent pas.
David
Le Breton
Professeur
de sociologie à l’université Marc Bloch
de Strasbourg. Auteur notamment de La Peau et la Trace.
Sur les blessures de soi, Métailié, 2005 ;
Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre,
Puf, 2004 ; Passions du risque, Métailié,
1991.
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Renseignements
Fnepe secrétariat
Tél: 01 47 53 62 70 |
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N°562
- février / mars 07
- L'école des parents
Dossier
"La
rue " I
Reportage
Aide aux sans-abri
Poignée de mains
| Depuis
cinq ans les bénévoles des Bancs publics
vont à la rencontre des sans-abri pour leur parler,
les écouter. |
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Certains
recherchent les sensations fortes en faisant du saut à
l’élastique. D’autres préfèrent
affronter l’étranger au pied de chez eux, en
rencontrant des sans-abri. Dans la rue. Et en effet, la première
fois que l’on approche de l’entrée d’un
immeuble, d’un jardin public ou d’une bouche de
métro où stationnent des SDF, le cœur bat
la chamade. Dominique, Elise, Fanny, Doriane et Christophe,
malgré leur jeune âge – il n’ont
pas plus de 25 ans chacun – sont des bénévoles
de cette espèce. Ils se sont engagés à
aller à la rencontre de ceux que la société
qualifie d’exclus au moins une fois par mois pour l’association
des Bancs publics.
Car si une soupe et quelques croûtons sont prétexte
à entamer la discussion, c’est bien la parole
et la bonne volonté qui sont ici les priorités.
« L’important, ce n’est pas le nombre d’exclus
que l’on voit, mais la qualité de l’échange
», commente Elise en préparant la tournée
du samedi soir. Au cœur de l’hiver, l’objectif
peut paraître désuet, voire futile. Et pourtant.
Il est 17 heures et la nuit est déjà tombée.
Deux d’entre eux vont rester au foyer pour assurer la
distribution du repas pendant que deux ou trois autres, mais
jamais une personne seule, iront dans la rue selon un itinéraire
savamment élaboré : le long de la ligne 9, entre
les stations Pont-de-Sèvres et Ranelagh, et dans quelques
squares ou parkings à l’abandon du XVIe arrondissement
et de Boulogne. « Des membres de l’association
repèrent les attroupements réguliers pendant
la semaine et nous les signalent », explique Fanny.
Johnny,
Ben et les autres
Ce soir, six sans-abri que la pluie a chassés du jardin
public se sont retrouvés devant l’entrée
abritée d’un parking. La venue de trois jeunes
filles aux visages familiers les réjouit immédiatement.
Ils remercient en saluant les trois bénévoles
d’une poignée de main franche. Ils ont entre
25 et 55 ans, sont d’origine africaine, maghrébine
ou française et d’Europe de l’Est aussi.
Il y a notamment Johnny – fan de Johnny Hallyday –
qui crie après son chien et jure, l’air un peu
aviné, qu’il va « tuer un type à
la fourche ». Un frisson parcourt le dos. Mais Élise
écoute patiemment la détresse, la difficulté
à tenir le fil d’une argumentation. On fume une
ou deux cigarettes, on donne quelques adresses, des «
tuyaux » pour ces gens qui, privés de relais,
ignorent tout des structures qui pourraient leur venir en
aide. Dans leur récit, difficile de faire la part du
mythe et de la réalité. La vérité
est sans doute un peu entre les deux. L’un d’entre
eux, jadis employé dans les BTP raconte sa chute :
le retrait de permis un week-end où il avait un peu
trop bu, suivi par la fermeture de son entreprise qui l’avait
gardé malgré la suspension de son permis. Les
événements ensuite se sont enchaînés.
Un peu plus d’alcool chaque jour et l’incapacité
à retrouver un emploi, sans permis, puis la perte de
logement… Ben, lui, est le plus jeune de la bande. Il
a 25 ans. Animateur vacataire, il a tout lâché
du jour au lendemain comptant par excès de confiance
sur des indemnités chômage jamais versées,
le temps de retrouver un emploi plus stable et mieux payé.
« Avant de créer Les bancs publics, je savais
que des tas d’associations venaient déjà
en aide aux SDF, raconte Viviane Tourtet, la fondatrice de
l’association. Elles aident à trouver un logement
pour la nuit et un peu de nourriture. Je ne voyais pas ce
que nous pouvions faire de plus. Jean-François, le
tout premier SDF que nous avons aidé (lire
l’encadré ci-dessous) m’a dit que
nous devions aller à la rencontre de ces gens qui hésitent
à aller vers ces associations, parce qu’ils ont
peur de l’institution ou de raconter pour la énième
fois l’histoire de leur vie. » Au printemps 2001,
c’est donc une bibliothèque de rue qui voit le
jour, l’idée étant d’offrir un accompagnement
aux exclus par la culture, mais peu de soutien matériel.
« En mai, il fait beau. Distribuer des livres était
donc une chose facile. Nous avons poursuivi en lisant des
contes dans les jardins publics, comme un point de départ
à une discussion plus vaste ensuite. » Mais,
à l’approche de l’hiver, il a fallu penser
à une salle. Viviane sollicite la mairie du XVIe arrondissement
de Paris et celle de Boulogne et obtient – au terme
de huit mois d’attente – une petite salle dans
un conservatoire de musique. Pas évident d’y
faire venir un public de sans-abri. Un an plus tard, la création
d’un centre d’hébergement temporaire, avenue
Édouard-Vaillant à Boulogne (ouvert de la mi-novembre
à la fin mars), voulu par plusieurs associations de
Boulogne (1), leur offre un premier local
pour l’hiver. « Au départ, les associations
nous ont reproché de faire trop de proximité,
se souvient Viviane. Nous étions des petits à
côté d’elles et le propos de la culture
leur semblait secondaire. »
Lutter
contre les idées reçues
Avec le temps cependant, Les bancs publics se sont fait une
place et assurent aujourd’hui les permanences du foyer
avec l’Ordre de Malte. Viviane prend sur ses jours de
congé pour lancer un atelier d’écriture
le mardi matin, monter des expositions sur le thème
de l’exclusion et proposer des sorties au musée
ou au cinéma, avec les risques que cela implique. «
Les personnes qui boivent sont fragiles psychologiquement
et souvent imprévisibles. Avant de recevoir une formation,
j’avais une peur bleue de l’alcool. Aujourd’hui,
je sais comment ça fonctionne. Le plus problématique
reste le cas des personnes à la rue sous médicaments.
Elles les utilisent mal et peuvent être violentes. »
Viviane veut créer un pont entre les exclus et le reste
de la société. Elle se rend à la demande
des établissements dans les lycées et les collèges
– en grande majorité privés – pour
parler des SDF dans les classes. Pour ces jeunes de milieux
aisés et parfois pour leurs parents, Les bancs publics
aident à une prise de conscience. Le lancement d’une
petite campagne de communication pour faire connaître
l’association va dans le même sens. « On
s’est inspiré du livre d’Hans Fallada,
Seul dans Berlin, qui raconte l’histoire d’un
homme qui, pour lutter contre le régime nazi, rédige
des cartes postales avec des mots de résistance et
les laisse traîner ici et là, en attendant qu’un
regard curieux tombe dessus. » Viviane fait la même
chose pour ses sans-abri et abandonne sur les banquettes du
métro des petites cartes avec des idées reçues
inscrites au recto qu’elle dément en tout petit
au verso : « Les SDF sont tous des ivrognes »,
« Faux, seuls 10 à 15% d’entre eux le sont.
» S’il faut se garder de bien des préjugés,
la rue reste pourtant un univers dangereux et la déception
est souvent grande de voir quelqu’un que l’on
a aidé replonger dans l’exclusion. « Au
début j’étais naïve, je pensais que
les sans-abri s’entre aidaient alors que souvent ils
se volent leurs papiers et leurs vêtements. L’an
passé, on a perdu un sans-abri en fauteuil, assassiné
par un compagnon de 18 coups de couteau ; cela a été
un choc terrible qui nous a rappelé à tous que
la rue est un monde violent. On a des bénévoles
qui attendent trop de résultats. Au bout d’un
an, ils me disent que rien ne change. C’est pourquoi
il ne faut pas venir ici avec l’idée qu’on
va réinsérer les gens », prévient
Viviane.
(1)
Croix
rouge, Secours catholique, Ordre de Malte.
Encadré
L’HISTOIRE D’UNE RENCONTRE
C’est la rencontre entre Viviane Tourtet et un
sans-abri, Jean-François, qui est à l’origine
de la création de l’association en mai
2001. Jean-François vivait alors dans la rue
depuis plusieurs années. Viviane découvre
un matin que Jean-François s’est installé
dans une camionnette que lui a donnée un riverain.
De mai à décembre 2000, Jean-François
n’est pas inquiété par les autorités
et retrouve avec son véhicule un semblant de
stabilité. L’aubaine pourtant est de courte
durée puisqu’en décembre 2000, Viviane
retrouve l’homme de nouveau dans la rue avec tout
son barda. « J’étais outrée,
commente la fondatrice des Bancs publics. De retour
à mon bureau, j’ai écrit une lettre
que j’ai adressée à toute la presse.
Seule L’Humanité hebdo l’a publiée.
» Lorsqu’elle revient voir Jean-François,
une poignée d’habitants du quartier s’étaient
déjà mobilisés pour l’aider
: « Je me chargeais de son petit-déjeuner,
un autre de son dîner. À la fin de l’année
suivante, Jean-François avait récupéré
ses droits et ses arriérés, une sacrée
somme ! Nous avons fêté son départ
pour une nouvelle vie. À la fin de la soirée,
Jean-François était tellement ému
qu’il nous a dit qu’il aimerait que nous
fassions la même chose pour aider les autres.
» Aujourd’hui, l’association compte
une vingtaine de bénévoles dont une douzaine
de « réguliers ». La grande majorité
d’entre eux sont des étudiants. |
Katia
Horeau
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N°562
- février / mars 07
- L'école des parents
Terrain
I
Billet
de Jacqueline Costa-Lascoux
Contre
les violences
Pour une école de la vie
La
violence s’affiche dans les médias, mais lorsqu’elle
est commise par des préadolescents, elle nous trouble
profondément. L’incendie du bus de Marseille,
causant de graves brûlures à une étudiante,
le viol d’une collégienne filmé par
ses camarades avec un portable, un collégien poignardé
lors d’une bagarre à Saint-Denis, sont les
signes d’une violence que les adultes n’arrivent
pas à saisir ni même à concevoir. Les
commentaires insistent sur la gratuité des actes.
Mais le terme gratuité est inapproprié. Les
mobiles de telles agressions échappent, certes, à
la compréhension immédiate, car celles-ci
ne sont ni purement ludiques ni politiques – on est
loin de la Guerre des boutons ou de Gavroche ! Elles ne
semblent même pas motivées par le désir
de s’approprier un bien. En vérité,
elles désorientent les adultes parce qu’elles
traduisent, chez leurs auteurs, l’absence de conscience
de la signification de l’acte et de ses conséquences
: « On n’a pas voulu ça, on plaisantait,
on a fait comme à la télé, comme à
Paris… », entend-on dans le cabinet du juge
des enfants. Si les faits les plus dramatiques sont minoritaires,
ils révèlent, cependant, une violence plus
générale des préadolescents contre
eux-mêmes et contre les autres. Les agressions cherchent
à humilier et à éliminer : entre le
vandalisme contre les biens et les atteintes à la
personne, la frontière s’estompe parce que
la personne est « traitée » comme une
chose.
Ni
angélisme ni crainte
Le phénomène s’observe depuis une dizaine
d’années. Il se caractérise notamment
par le rajeunissement de l’âge des auteurs et
la commission des violences en groupe. Pourtant, les adultes
ne semblent s’en préoccuper que par intermittence,
au gré des événements, avec une question
sans cesse reformulée : « Comment en est-on
arrivé là ? » Les causes rejoignent,
en fait, celles des conduites à risque, des automutilations,
des pratiques addictives, qui expriment un mal être
perceptible chez les jeunes dès les premières
années de collège, parfois dès la fin
du primaire. Or, le problème n’est pas seulement
une histoire individuelle douloureuse, il a une dimension
culturelle et sociale, une dimension anthropologique.
Il est temps d’aborder, sans angélisme ni crainte
excessive, les conditions d’émergence de ces
agressions et de proposer les actions qui peuvent en prévenir
le développement. Il est temps de travailler autrement
avec les victimes et les auteurs de violence, avec les parents,
avec les professionnels désarmés par ces irruptions
incontrôlables et dévastatrices. Il est temps,
enfin, de prendre en compte toutes les formes de fraternité
et de solidarité dont les adolescents sont capables,
et d’entendre leur propre refus de la violence, car
ce sont eux les principales victimes des actes commis par
un petit nombre de leurs camarades.
Plusieurs Écoles des parents et des éducateurs
montrent comment restaurer la communication entre les générations,
le rôle des parents et de l’autorité
des adultes dans la structuration de la personnalité,
la nécessité de reconnaître la pensée
symbolique et de favoriser l’échange interculturel.
Et, sur l’interculturel?1, ne faisons pas comme cette
enseignante qui crut bon, au nom de la diversité
des croyances, de dénigrer Noël devant ses élèves
parce que fête « catholique » (sic). Pourquoi
tant d’adultes s’obstinent-ils à imposer
aux enfants le désenchantement du monde, en les plongeant
dans les appétences et les frustrations d’une
société de consommation dont ils critiquent,
par ailleurs, les méfaits !
Accompagner les parents, aider les jeunes, c’est aussi
respecter leurs besoins et leurs aspirations culturelles,
offrir des occasions de joie partagée comme autant
de moments d’échange et de don. Prévenir
la violence, c’est d’abord changer de regard
sur les êtres dans la plénitude de leur singularité
et de leur complémentarité, c’est accepter
l’idée même d’une maîtrise
du corps et de ses pulsions, c’est poser le principe
de la compatibilité de ma liberté avec celle
des autres. Alors le respect d’autrui se construit
progressivement avec l’estime de soi.
Autrefois, « Noël, Noël » criaient
les foules en liesse, car le mot, de la même étymologie
que Noé, signifie la vie « Viva ! » Éduquer,
c’est donner le goût du beau et du bien. Les
philosophes l’ont écrit, les artistes l’ont
donné à voir pendant des siècles…
À l’inverse, nous avons trop souvent généré,
par nos discours et nos attitudes mortifères, les
conditions de la violence chez les plus vulnérables
! En ce début d’année 2007, engageons
nous dans un travail collectif qui soit porteur d’un
élan de vie.
Jacqueline Costa-Lascoux
Présidente de la Fnepe
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Fnepe secrétariat
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N°562
- février / mars 07
- L'école des parents
Pratique
I Alimentation
Refus
alimentaire
Patience et insistance
Les
enfants aiment ce qu’ils connaissent et mangent ce
qu’ils aiment.
Les
préférences alimentaires chez l’enfant
sont fortement liées à leurs habitudes de
consommation. Ainsi, l’un des facteurs les plus déterminants
de l’appréciation d’un aliment est le
degré de familiarité de l’enfant avec
cet aliment. Une synthèse d’études récentes
publiée par Lucy Cooke, chercheur en psychologie
à l’Université de Londres, démontre
ainsi les vertus de la persévérance. Théoriquement,
rappelle-t-elle, « pour assurer une alimentation saine
à leurs enfants, les parents n’ont qu’à
fournir une grande variété d’aliments
sains et les proposer régulièrement pour qu’ils
leurs deviennent familiers. Malheureusement, la néophobie
alimentaire (littéralement, “peur de la nouveauté”),
un comportement qui émerge typiquement durant la
deuxième année de vie, fait obstacle au développement
de cette familiarité. Elle se manifeste par un évitement
et une réticence à goûter de nouveaux
aliments. » Or, rappelle la chercheuse, de nombreuses
études prouvent qu’en répétant
la dégustation ou “l’exposition”,
la néophobie peut être réduite et les
“aversions” transformées en “préférences”
».
1ère
règle : commencer tôt
Plusieurs enquêtes sur la consommation alimentaire
et les préférences ont établi un lien
entre l’exposition précoce aux saveurs et l’acceptation
ultérieure des aliments chez les adolescents puis
les adultes.
2e
règle : insister
Chez les nourrissons, une exposition unique peut suffire
à accroître de manière significative
la consommation et la préférence d’un
aliment et ces effets peuvent se généraliser
aux aliments similaires. En revanche, chez les enfants plus
âgés et les adultes, il faudrait entre 10 et
15 expositions gustatives avant d’observer une modification
du comportement face à l’aliment proposé.
Patience, le jeu en vaut la chandelle !
Source
: Article
de Lucy Cooke, Equation Nutrition n°57, 2006.
Marlies
Gaillard
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