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| N°563-HS
- mars 07
- L'école des parents
I
Accueillir l'enfant I
Les
premières séparations
La détresse muette
À 9 mois, le bébé
qu’on sépare de sa mère sait pleurer.
À 3 mois, il reste silencieux : expression d’une
angoisse profonde, ni reconnue ni repérable, une anxiété
primitive.
La
séparation n’est pas vécue de la même
manière selon l’âge du bébé.
Après beaucoup d’autres auteurs, je désire
mettre l’accent sur les différences fondamentales
qui existent entre deux types de réactions : celles
propres aux bébés de 9 mois qui peuvent déjà
pleurer et celles propres aux plus petits qui ne peuvent pas
encore s’exprimer par des pleurs quand quelque chose
ne va pas, quand ils perdent leur « continuité
d’être » (Donald Woods Winnicott (1)
). Contrairement aux idées reçues
et malgré les apparences, la séparation est
plus compliquée pour un bébé de 3 mois
que pour un autre qui a déjà 8 ou 9 mois.
Les
manifestations d’une souffrance précoce
Du
point de vue des manifestations émotionnelles, une
séparation d’un bébé à 9
mois n’est pas comparable avec celle qui survient à
3 mois. Entre temps, le bébé a acquis la possibilité
d’exprimer la joie, la colère et la crainte en
fonction notamment de son développement cognitif.
Une très brève vignette illustre la situation
de séparation d’un bébé de 9 mois
: « Pierre vient d’arriver, c’est son premier
jour à la crèche, en voyant une personne de
la crèche s’approcher de lui il se met à
pleurer tout en s’accrochant au corsage de sa mère.
Quand plus tard sa mère part, il la regarde en pleurs,
tendu dans sa direction. »
Le pleur est un signe manifeste du vécu émotionnel
du bébé. L’adulte peut donner un sens
à ce signe, l’interpréter comme un ressenti
de peur ou de colère, et agir en conséquence.
On reconnaîtra ici les signes caractéristiques
de la recherche d’un objet d’attachement. On peut
dire aussi que la mère « suffi samment bonne
», selon D. W. Winnicott, pourra adapter son holding
en fonction des besoins qu’elle perçoit ainsi
chez son bébé, mais plus largement tout adulte
pourra être sensible aux pleurs car ils sont socialement
reconnus comme signes de communication.
Que se passe-t-il au contraire à 3 mois pour Nicolas
: « Nul pleur au départ de sa mère. Aucune
manifestation émotionnelle de chagrin, un sourire même
à la première vue de l’adulte qui s’adresse
à lui. Apparemment il est très calme, mais une
personne de la crèche le surprend une fois dans son
lit, immobile, le regard au plafond. Est-il vraiment là
? Quand sa mère arrive le soir, il lui sourit dès
qu’il l’aperçoit mais, quand elle le prend,
il évite son regard et se fixe sur l’auxiliaire
qui les entoure. »
Pour être à l’écoute de cette situation
et la « contenir », il faut pouvoir être
très attentif à des signes qui peuvent renvoyer
à un état de détresse très primitif.
La préoccupation maternelle développe une attention
à tous ces signes infraverbaux. Il n’en ira pas
de même pour une personne moins avertie, pas suffisamment
en empathie avec le bébé ou trop anxieuse. L’immobilité
de Nicolas n’est pas ici l’expression d’une
émotion conventionnellement reconnue par tous.
Le problème de Pierre est un problème de «
séparation », il a acquis la différence
soi-autre et peut héberger une angoisse, un pleur.
Nicolas au contraire est encore dans un problème de
«différenciation» d’avec sa mère,
son entourage, il ne peut se « représenter »
l’objet absent.
Des
réactions très différenciées
L’émotion
de Pierre ne laisse personne indifférent, elle appelle
même des réactions émotionnelles très
variées : colère, détresse, amour, mais
aussi honte, culpabilité, surprise, voire mépris.
Sa réaction émotionnelle met en mouvement les
liens intersubjectifs, elle « fait des vagues »,
que l’on pourrait repérer dans son entourage.
Poursuivons l’exemple, à la crèche, deux
mois plus tard : « Depuis son arrivée en septembre,
il s’est noué une relation privilégiée
entre Pierre et une auxiliaire de puériculture. Il
y a même un attachement réciproque entre eux.
»
L’attachement entre ce bébé et une professionnelle
ne passe pas inaperçu. Face à l’émotion
d’une angoisse de séparation similaire à
l’angoisse du 8e mois, une personne se sentira valorisée,
aimée, une autre portera l’image de l’intrus,
de celle qui fait peur. Ce privilège «travaille»
le groupe de soignants, il suscite des réactions, entraîne
rivalité et envie dans la chaîne groupale des
personnes.
Les émotions obligent une certaine clarification des
positions de chacun. On sait par exemple que l’expression
de la jalousie est positive pour l’enfant, l’absence
au contraire de telles manifestations peut être l’indicateur
de souffrances importantes.
Quant à Nicolas : « Sa mère a pleuré
quand elle a tourné le dos à la crèche,
elle s’est vite reprise, elle a ravalé ses larmes,
elle s’est efforcée de penser à son travail,
au rôle qu’elle va devoir de nouveau assurer.
À la crèche, l’ambiance n’est pas
très simple, celle qui s’occupe de Nicolas est
anxieuse car elle ne le sent pas vraiment là et elle
se sent abandonnée par ses collègues. Plusieurs
se sont succédé auprès de lui sans vraiment
noter de réactions significatives, mais elles sont
tendues dans le groupe. »
Du côté de la famille ou des professionnels,
il se manifeste une sorte de diffusion d’anxiétés
qui envahissent les groupes et se mêlent au malaise
ou à l’insécurité déjà
existante.
Dans ces « souffrances autour du berceau », on
assiste donc en réalité à deux processus
bien différents. Ils sont parfois confondus car on
passe facilement de l’un à l’autre, mais
cette distinction peut être d’une grande aide
en clinique. Tout un travail bien sûr de réception,
de contenance et de pensée est nécessaire, mais
le travail se situe dans un autre registre quand le contexte
est dominé par des tensions ou des accusations latentes.
Le travail dans le second cas est beaucoup plus lourd, plus
insidieux et plus fatigant nerveusement car on n’arrive
pas toujours à localiser l’origine des souffrances.
Trop de plaintes ou aucune manifestation d’une demande,
l’impression que chacun doit se justifier, le sentiment
implicite de devoir être jugé, tout cela traduit
un climat où dominent des anxiétés primitives.
Les souffrances sont en fait profondément enfouies
dans le corps, mais paradoxalement elles «ressortent»
en quelque sorte dans les tensions de ce climat.
On pourrait dire que les souffrances qui s’expriment
par la voie de l’émotion peuvent entrer en résonance
avec les autres sujets alors que les souffrances plus primitives
n’ont pas cette possibilité, au contraire elles
«enferment» les sujets dans des perceptions bien
différentes de la réalité.
En
deça des émotions
Je
distinguerai ainsi deux types d’angoisses :
- les angoisses de séparation qui passent par l’expression
d’une émotion ;
- des angoisses ou anxiétés plus primitives,
plus difficilement repérables, qui existent en deçà
des émotions.
Les angoisses proprement dites de séparation désignent
couramment les réactions du nourrisson et du jeune
enfant lors de la séparation d’avec sa mère,
ses parents ou les personnes qui lui sont familières
et qu’il aime. Quand il a la capacité de prendre
conscience de cette séparation. Il s’agit d’un
mécanisme assez élaboré. Ce sont déjà
des émotions, des angoisses que l’enfant éprouve
quand il a conscience de la séparation : les comportements
perceptibles de pleurs, de protestation, de recherche de la
proximité, d’agrippement à la personne
qui s’éloigne et de peur de la personne inconnue
témoignent ainsi déjà de l’existence
pour l’enfant d’une figure d’attachement
qu’il commence à intérioriser. Nous sommes
ici dans le registre émotionnel. Les émotions
nous servent de base de communication entre humains.
Au contraire, les anxiétés primitives désignent
des angoisses de chute sans fi n, la peur de ne plus être
porté, tenu, des craintes de liquéfaction, d’effondrement,
des terreurs sans nom que le bébé ne peut ressentir
à son âge sans risque vital. Esther Bick (2)
disait que le bébé à la naissance est
comme un cosmonaute lâché dans l’espace,
sans combinaison… Il s’agit de tensions, de crispations
anxieuses, car le bébé n’a pas acquis
une confiance suffisante dans une figure d’attachement.
Contre ces anxiétés primitives de ne plus être
contenu, E. Bick avait mis en relief l’importance des
identifications adhésives : coller à l’objet
pour ne pas souffrir de la séparation radicale ; fixer
une lumière éblouissante ; s’agripper
à sa musculature, une «seconde peau» pouvant
ainsi se créer, véritable carapace pour ne pas
ressentir, d’où l’existence de «
défenses primitives » pour se protéger
de cette perception catastrophique de l’existence. Selma
Fraiberg a mis en évidence des défenses similaires
: le « gel » émotionnel, l’évitement
total du regard ou la transformation d’un ressenti en
son contraire. Ce sont des états psychiques où
le bébé s’absente de lui-même, dénie
fortement toute émotion, tout ressenti comme lorsqu’une
douleur est trop forte. Il ne peut encore communiquer, voire
appeler, en vivant une émotion comme la peur, la colère
ou la tristesse, des émotions très clairement
identifiées.
Tout bébé est sujet à de telles anxiétés
primitives tant qu’il n’a pas encore suffisamment
intégré des expériences qui lui procurent
le sentiment d’une « continuité d’être
», tant qu’il n’a pas intériorisé
une figure d’attachement suffisamment stable, tant qu’il
n’a pas introjecté les fonctions contenantes
de sa mère.
Dans les lieux d’accueil, ce ne sont pas les enfants
qui pleurent qui nous font le plus de soucis, car nous pouvons
être présents, les consoler. Certains persistent
à dire que c’est un caprice – cela nous
met hors de nous – mais nous sommes, en tout cas, dans
un registre de communication, en relation avec l’enfant.
Il n’en va pas de même pour un autre registre
psychique, celui des anxiétés diffuses quand
le bébé, l’enfant s’absente de ce
qu’il ressent. On parle alors d’angoisses primaires
ou d’anxiétés primitives. C’est
son corps qui « parlera » malgré lui.
Répétons-le : non, la période des 8 à
18 mois n’est pas contre-indiquée pour les lieux
d’accueil ! Oui, malgré des apparences trompeuses,
la séparation avant 8 mois est très difficile
pour le bébé et pas seulement pour sa mère.
1.
Donald Woods Winnicott (1896-1971), médecin, pédiatre,
psychanalyste britannique.
2. Esther Bick (1902-1993), psychanalyste, elle insiste sur
l’observation du nourrisson au sein de sa famille.
Denis
Mellier
Psychologue clinicien, psychothérapeute, maître
de conférence et directeur de recherche à Lyon
2. Il intervient en crèche, dans différentes
équipes éducatives et soignantes et assure des
formations sur l’institution et l’observation
du bébé.
Denis Mellier est notamment l’auteur de L’inconscient
à la crèche. Dynamique des équipes et
accueil des bébés, Érès (3e
édition 2004) et de Les Bébés en
détresse. |
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N°563-HS
- mars 07
- L'école des parents
I
Un heureux événement ? I
Maternité
des Bluets
Les mots des pères
Les futurs pères s’interrogent.
Aux Bluets, un obstétricien leur répond car,
aux côtés de leur compagne, ils veulent se préparer
à l’accouchement.
Maternité des Bluets,
un jour de semaine, en fin de journée, le docteur Girard,
obstétricien, accueille dans le hall d’entrée
les futurs pères venus participer à un groupe
de paroles. «La plupart s’apprêtent
à connaître leur première expérience
de paternité. Ils viennent chercher là des informations,
exprimer des émotions et surtout trouver leur place
pendant la grossesse et au moment de l’accouchement.»
Onze inscrits ce soir-là, onze participants que
le docteur Girard, après un rapide tour d’horizon
avec le gardien du lieu, dirige vers le seul espace disponible
: la salle de cantine, pour une heure trente d’échanges
ininterrompus.
Une fois par mois, à l’intérieur de ce
groupe intitulé Paroles d’hommes, chacun peut
trouver un écho à ses interrogations et un enseignement
auprès des autres participants. Sur la plaquette d’information
distribuée par la maternité, Paroles d’hommes
figure dans la grille des entretiens de préparation
comme la relaxation pour les futures mères, le chant
prénatal, ou encore les conseils à l’heure
du retour à la maison.
Un
espace de libre parole
D’autres
réunions sont programmées autour du thème
de la naissance, car la maternité des Bluets a une
longue tradition de préparation à la naissance.
En 1956 déjà, son chef de service, Fernand
Lamaze y introduisait la méthode prophylactique,
dite «d’accouchement sans douleur ». Une
méthode fondée sur la connaissance précise
par la femme de son anatomie et du déroulement de
l’accouchement ; l’ignorance étant considérée
comme le ressort des vieux réflexes conditionnés
associant douleur et enfantement. Cette éducation
devait passer par la parole des sages-femmes et des médecins
et, « fait révolutionnaire » pour l’époque,
les pères étaient très fortement encouragés
à participer aux cours de préparation.
«Dans ce lieu, vous pouvez poser toutes les questions
qui vous paraissent importantes !» Les présentations
faites, le cercle des futurs pères, trentenaires
pour la plupart, se forme autour du médecin. Simplicité
du langage, attention et bienveillance, les conditions sont
réunies pour que la confiance s’installe. «En
général nous ne voyons les pères qu’une
seule fois. Ils peuvent venir à partir de trois mois
de grossesse mais, le plus souvent, ils participent au groupe
vers le sixième ou le septième mois»,
précise le docteur Girard qui anime ces rencontres,
en alternance avec un confrère. Les questions ne
se font pas attendre. Dans un premier temps, très
concrètes, elles se rapportent au moment de l’accouchement
: «Peut- on venir à la maternité
à pied ? À quel moment faut-il partir de la
maison ?» D’autres interrogations se cristallisent
sur le prochain déménagement de la maternité.
Dans quelques semaines, le service quittera l’ancien
quartier populaire où il est installé depuis
le tout début des années cinquante, pour des
locaux flambant neufs dans un autre arrondissement de l’Est
parisien. Un transfert qui ajoute un peu d’inquiétude
à l’incertitude du moment. Le médecin
se veut rassurant : «Nous fonctionnerons avec
une double équipe pendant quelques jours. Tout a
été organisé pour assurer la continuité.»
Suivent des questions plus techniques sur l’anesthésie
péridurale, le dépassement du terme, la dilatation
du col. «Qu’est ce qu’une contraction?»
interroge un père. Un autre veut avoir le scénario
détaillé de la façon dont les choses
vont se passer à partir du moment où le couple
arrivera à la maternité.
Donner
confiance
Point
par point, le médecin déroule avec soin le
fil des événements. Un éclairage qui
a la vertu de rassurer et de décomplexer les participants
: «Ils doivent sentir que ce moment leur appartient,
souligne le médecin. Une séance est réussie
quand les échanges sont fluides et que la parole
circule librement.» C’est le cas ce soir.
À une question sur la difficulté d’accoucher,
il répond qu’il faut être en forme :
«Un accouchement, c’est très physique,
c’est fatigant. Mais pour nous c’est psychologique
et notre tâche est d’être serein. Vous
êtes ici pour acquérir de la sérénité.»
«On préférerait que, pour nous aussi,
ce soit physique» confie un futur père.
Les autres acquiescent.
Manifestement, ces jeunes hommes sont un peu désemparés
: comment bien faire, être à la hauteur de
l’événement, sans en avoir la maîtrise
? Le médecin les encourage alors vivement à
suivre la préparation à l’accouchement.
«Plus vous serez prêts, plus vous pourrez
donner confiance à votre compagne. Votre place est
celle-ci : donner confiance !»
On
se situe à quelle place ?
On
saisit mieux l’importance de ces réunions lorsque
le thème de la douleur est abordé. L’esprit
du lieu souffle toujours sur les Bluets. Le docteur Girard
en convient : la péridurale est un soulagement énorme,
mais la préparation avec le travail sur le souffle
qui permet de contrôler la douleur est loin d’être
négligeable. «Nous avons multiplié
les moments et les endroits de paroles et d’échanges
entre le couple et l’équipe de la maternité
pour que chacun puisse se libérer au maximum de ses
craintes, explique-t-il en dehors de la réunion.
De cette façon, tout est en place au moment de l’accouchement
pour que les choses se déroulent harmonieusement.
La part physiologique n’est pas parasitée par
les angoisses que font peser l’histoire familiale,
la société, parfois la relation avec le conjoint»
Le groupe poursuit son cheminement avec, encore, des questions
autour de la naissance: «Qui décide du
moment de la péridurale ?» interroge un
père. «Vous et votre compagne, bien sûr,
même si nous nous servons de notre expérience
pour vous guider.»
«Concrètement, nous, on se situe à
quelle place ?» «À côté
de la mère : vous pouvez la soutenir, la réconforter.»
À chaque nouvelle question, les futurs pères
sont renvoyés à leur position d’acteurs
: «L’équipe médicale est là
pour vous aider dans les moments difficiles, mais c’est
vous qui accouchez !»
Plus personnelle, une question s’adresse directement
au groupe. Elle concerne les relations dans le couple, au
cours de la grossesse : «Ma femme a changé,
elle est devenue irascible, elle est diffi cile à
vivre et je suis la cible de sa nervosité ! C’est
pareil pour vous ?» Beaucoup d’interventions
suivent ces propos. Le ton est celui de la plaisanterie,
mais la plupart s’accordent pour décrire les
réactions imprévisibles de leur compagne.
Derrière les rires, on devine un certain désarroi.
«Je te conseille l’haptonomie!»,
suggère un des participants, «c’est
génial, cela permet une relation détendue
avec la mère et l’enfant.» Le médecin
encourage cette approche de la naissance par l’haptonomie.
D’ailleurs la maternité la propose aux futurs
parents.
Quant aux transformations psychologiques de la mère,
elles résultent notamment des changements hormonaux
qui président à la grossesse et à la
naissance. Aussi, quand on aborde le thème de la
reprise de la sexualité après la naissance
du bébé, le médecin avertit les jeunes
pères : «Tout concourt naturellement à
ce que l’attention de la mère soit tournée
presque exclusivement vers l’enfant.» Sous-entendu,
les relations sont modifiées, et chacun doit trouver
ses marques à l’intérieur de cette nouvelle
parentalité. Mais pour les pères, il s’agit
d’un apprentissage plus volontaire : «Dans
la mesure du possible, soyez présents à la
maternité pour apprendre à vous occuper du
bébé et tisser un lien avec lui. De nos jours,
il n’y a plus personne à la maison pour transmettre
l’expérience.»
À en juger par l’implication dans le groupe,
le sentiment de paternité est déjà
en germe chez les hommes présents ce soir. Les futurs
pères viennent le remercier, on se serre la main,
d’autres échangent des adresses d’acupuncteurs,
ou se renseigne sur les méthodes de relaxation.
Durant un peu plus d’une heure et demie, ils auront
parlé de leurs émotions, de leurs doutes,
évoqué la césarienne, la sortie de
la maternité, les maladies des nouveau-nés,
l’influence de la lune sur les naissances et bien
d’autres choses encore. De quoi se dire qu’un
tel lieu, s’il n’existait pas, mériterait
d’être inventé.
Isabelle
Lacheref
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