Revue L'école des parents
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I ARTICLES en libre accès web I

N°565 - juin/ septembre 07 - L'école des parents

Dossier "Dire la mort" I Zoom

"Cette souffrance inouïe remplit la fonction de nous préserver de la folie".
Entretien avec Joël Clerget, psychanalyste

Joël Clerget, psychanalyste à Lyon, a coordonné Mort d'un bébé, deuil périnatal, témoignages et réflexions, paru chez Érès, coll. Spirale, 2004 et prolongé par Bébé est mort, chez Érès, coll. Mille et un bébés, 2005

Comment avez-vous été conduit à travailler ce sujet ? ?
Joël Clerget : J’entendais beaucoup de cliniciens s’exprimer sur le sujet, et je n’étais pas satisfait des théories développées sur le deuil. Cela ne correspondait pas à ce que j’avais vécu – j’ai perdu moi-même un enfant – ni à ce que j’entendais dans mon cabinet. Je me suis attaché à cette réflexion de Jean Allouch : le paradigme du deuil est le deuil de l’enfant. Car lorsqu’une personne meurt, peu importe son âge, elle a toujours été l’enfant de quelqu’un. Pour ses parents, elle fut et demeure à jamais leur enfant. À jamais signifie pour toujours. Il y a en tout être qui décède un enfant qui fut et qui ne sera plus. Nous sommes des êtres de filiation, comme nous sommes des filles et des fils du désir et de la parole.

Qu’est ce qui vous gêne dans les théories sur le deuil ?
J.C. :
Le fait d’abord qu’elles soient marquées par une temporalité, rythmées par des échéances. Or, un deuil ne se déroule pas de façon linéaire, le processus connaît des contre-temps. D’autre part, je pense que les théories du deuil ne mettent pas assez l’accent sur l’intensité de la douleur. C’est bien l’invasion de la douleur que l’on entend chez les parents perdant leur enfant. Ils sont tout douleur, ils ne sont que douleur. Cette souffrance inouïe remplit la fonction de nous préserver de la folie. Dans un travail de deuil, « ce n’est pas la douleur qui travaille, elle veille », a écrit Maurice Blanchot. Elle veille à ce que la vie ne se referme pas, à ce que le deuil puisse s’entreprendre. Elle nous préserve de nous précipiter dans notre mort, à laquelle nous songeons à cet instant. Elle est un affect et un symptôme qui nous montre qu’une part intime de notre être est profondément atteinte. On a cependant tendance, de façon assez redoutable, à lutter contre l’apparition de la douleur, notamment avec l’aide de la chimie. Cette souffrance n’est pourtant pas une maladie, elle est tout à fait congruente avec la portée de l’événement. On empêche souvent les gens de crier ou de pleurer, alors qu’il est indispensable de le faire.

Que dire de cette mort si particulière, celle d’un bébé, d’un enfant ?
J.C. :
Dans la mort de l’autre aimé, nous perdons, non seulement le partagé, le vécu, mais, surtout s’il est encore bébé, les promesses de ce qu’il aurait apporté, réalisé, entrepris, dit… Tout ce dont il aurait été potentiellement porteur s’il avait vécu, tout ce qui fut non-réalisé, demeurant inaccompli. L’horreur tient à ce que la mort nous met face à ce qui est définitivement non accompli chez le mort, comme l’a écrit Jean Allouch. Sénèque dans Les Troyennes, fait dire à Andromaque – à l’annonce de la mort programmée de son fils Astyanax : « jamais tu n’auras la fougue des jeunes gens, jamais tu ne poursuivras les fauves dans les forêts et les montagnes, tu n’auras jamais 5 ans… » Ce qui est précisément décisif dans la mort de l’enfant, c’est ce qui n’existera pas. La mort d’un enfant est une expérience de séparation radicale, sans retour.

Vous décrivez la souffrance d’une mère, qui ne connaîtra jamais le bonheur de transmettre son expérience de féminité, et précisez : « à toutes deux, cela aura manqué »…
J.C. :
Il est en effet important de subjectiver la position de l’enfant. Ce que ne font d’ailleurs jamais les théories qui parlent du deuil. Sans doute parce que la mort d’un enfant a un caractère très intime. On perd une partie de soi : les parents parlent souvent d’amputation. Le terme n’est pas trop fort, l’enfant emporte avec lui une part de notre cœur et de notre chair. On traverse la même douleur lors de la mort de son parent, d’un être proche… ou même lors d’une séparation amoureuse. On perd la partie de soi qui aimait l’autre. Car on entretient avec l’être aimé un double lien : d’amour et fantasmatique. La douleur du deuil n’est pas seulement liée à la mort de l’enfant vivant, mais aussi au retour sur la scène psychique de cet enfant mort. Il est notre représentant psychique, celui auquel on s’identifie. Lorsque l’on perd un enfant, on est cet enfant mort. Et l’on a à se « décrocher » de cette identification pour survivre. De ce qui nous est le plus cher, et qui a pris la figure de cet enfant, « un enfant adulé ou haï, nous-même enfant, un rejeton du désir, le représentant narcissique d’une béatitude ou le représentant défusionné d’une déchirure.»

Quels sont les remèdes possibles ? Le temps, les mots, les rites, écrivez-vous… ?
J.C. :
« Le temps qu’il faut pour porter pareille souffrance à sa dimension symbolique, dans les mots et par eux ». Car le temps seul n’arrange pas tout. Une élaboration s’avère nécessaire, lorsque dire la douleur devient possible, justement. Les personnes de l’entourage se montrent souvent embarrassées, se détournent d’une souffrance trop difficile à entendre. Les parents trop seuls, dans une incapacité à communiquer l’indicible et à se sentir compris, adhèrent fréquemment aux nombreuses associations existantes. Certains viennent en thérapie. Ils n’auraient sans doute jamais fait cette démarche autrement. La douleur avec laquelle ils se présentent donne une détermination très particulière au travail.

En quoi consiste votre travail, à cet instant ?
J.C. :
Je dirais que l’essentiel est d’être là. Pour que l’autre puisse cheminer, aller jusqu’au bout de sa douleur et peut-être renaître. Traverser cette souffrance – dans ma propre analyse et dans celles que je mène avec des parents – ouvre à nouveau sur la vie. Les parents ne s’autorisent plus à avoir envie, à désirer. Leur champ pulsionnel est totalement déboussolé. Ce qui importe est que les personnes puissent continuer à vivre, et pas seulement à survivre. Vivre avec cette douleur et, s’ils le peuvent, que le désir retrouve sa place dans la vie. Parfois ce n’est pas possible. Notamment pour les personnes qui restent crispées sur elles-mêmes, closes dans leur univers, gardant les vestiges fétiches du passé, la chambre et les objets, les cendres dans une pièce… Certains quittent l’analyse, une décision tout à fait respectable.

Quand et comment le désir revient-il ?
J.C. :
Le deuil peut se vivre très différemment, dans un rythme propre à chacun, entre les deux parents et les autres enfants. La mère est le point central d’élaboration du deuil de toute la famille. Françoise Dolto a bien dit ce que représentait cette épreuve pour une femme : « la ruine du sens symbolique qu’elle avait donné à sa vie ». Pour la mère, qui a porté son enfant, qui l’a senti vivant dans ses chairs, qui a vécu un corps-à-corps avec lui, le temps du deuil est plus long. Les femmes disent souvent culpabiliser si elles oublient leur bébé mort, vivre cet oubli comme une trahison : « si je l’oublie si vite, c’est que je ne l’aimais pas assez ». Chacun des membres du couple peut s’appuyer sur l’autre pour se souvenir de l’enfant. Je dirai aussi que l’on sous-estime souvent la façon dont les pères sont affectés. Dans notre société, peu d’espace est dévolu à l’expression de leur souffrance. Enfin on observe que les autres enfants de la fratrie repartent sur des choses de la vie plus vite que leurs parents, avec une apparente insouciance. Ils peuvent plus rapidement nommer l’enfant mort, le mettre à sa place de mort. De même qu’ils énoncent souvent leur envie de voir la vie continuer, en souhaitant l’arrivée d’un nouveau frère ou d’une sœur. Un discours qui effraie et choque certaines mères !

Propos recueillis par Isabelle Guardiola

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N°565 - juin/ septembre 07 - L'école des parents

Terrain
I Réseau des EPE

Les conseillers conjugaux et familiaux
Une écoute décisive

Généralistes, indispensables, touche-à-tout, les conseillers conjugaux et familiaux du réseau prêtent une oreille attentive et constructive aux préoccupations de tous, couples et parents. Sans jouer aux psychologues.

Animations-débats, entretiens familiaux et conjugaux, régulations d’équipe, interventions dans les collèges et lycées, groupes de parole… La liste est longue des activités auxquelles participent les conseillers conjugaux et familiaux (CCF) des Écoles des parents et des éducateurs. Avec pragmatisme et sensibilité, ces ouvrières du lien tiennent une place à part et totalement pertinente dans les Écoles des parents et des éducateurs. Rappelons d’abord que la terminologie CCF vient du terme anglais counselling, « tenir (et non donner !) conseil » avec la personne qui apporte des éléments sur sa situation de parent, son couple… Une position professionnelle particulière, une aide sensiblement différente de celle du psychologue : « Nous écoutons la personne à plusieurs niveaux pour lui renvoyer le sens de ses propres paroles, détaille Marie Denat. L’objectif est qu’elle prenne conscience de sa situation et fasse les liens avec sa propre histoire. Pour cela, nous n’adoptons pas une position de thérapeute mais nous nous montrons actifs, proposant des pistes de réflexion à la personne, à la famille, au couple, en veillant à ne pas plaquer une solution toute faite sur un contexte socio-culturel qui ne serait pas adapté. Cela donne un ton particulièrement créatif et dynamique aux entretiens. » En quelques phrases, la responsable de la formation CCF en Isère dépeint la singularité de la mission du conseiller conjugal et familial : une écoute globale et active, permettant à la personne de se dégager des discours ambiants pour aller au plus près de ses propres convictions et décider avec le plus de liberté possible : une écoute élargie, parce que le parent reçu par le conseiller est avant tout un homme, une femme, un fils ou une fille, un citoyen… et que les projets qu’il nourrit pour son enfant sont imprègnés de toutes ses identités.

Parentalité et conjugalité
Dans des lieux d’accueil banalisés comme les Écoles des parents et des éducateurs, la mission des CCF prend tout son sens : « Peu de métiers de l’aide sont globalisants, observe Marie Denat. Beaucoup de fonctions se situent tantôt du côté de la santé, tantôt de la psycho, du droit, du social… Lorsqu’une femme vient parler de son enfant, le CCF ne se focalise pas sur un problème de sommeil mais écoute, relance, ouvre, sur le couple ou la vie sociale. » Dès ses débuts en 1992, l’EPE de Côte-d’Or est reconnue comme établissement d’information et de consultation conjugales et familiales (EICCF), et le public est accueilli par des conseillères conjugales et familiales. Elles sont cinq actuellement, à temps partiel ou complet et occupent toutes une autre fonction (psychologue, médiatrice…) : « Elles apportent un soutien évident et particulier, notamment aux personnes en difficulté dans leur couple, rapporte Anita Brassaud, coordinatrice. L’accueillante au téléphone décèle lors du premier appel, s’il convient d’orienter vers une conseillère ou une psy… Et lorsque l’envie se présente de venir travailler en couple sur une difficulté, le choix de la CCF s’impose d’évidence. » En liant parentalité et conjugalité, le CCF se situe du côté de la prévention primaire. Lors d’une permanence d’accueil dans un lieu parents-enfants, il anime les échanges et favorise le lien entre adultes. Il montre ainsi à une mère en désarroi qu’il n’existe pas « une norme » éducative ou à une autre qui vit seule, qu’un ailleurs est possible, en l’incitant à laisser son enfant une ou deux demi-journées par semaine en halte-garderie : « pour l’aider à envisager un espace amoureux, un espace extérieur, afin que toute sa libido ne soit pas tournée vers l’enfant, commente Marie Denat. Donner une place trop centrale à l’enfant peut lui être préjudiciable. »
Dans cet entre-deux parentalité-conjugalité, les actions s’avèrent extrêmement diversifiées dans le réseau : Marie-Jeanne Guillon anime ainsi avec une puéricultrice un groupe de parole dans une maternité de Limoges. Un travail de partenariat inscrit dans le cadre des huit séances de préparation à l’accouchement. À Bastia, Rachida Bernous intervient à la fois dans l’Espace écoute et sur le lieu d’exercice du droit de visite, dans le cadre de décisions ordonnées par le juge aux affaires familiales (Jaf), après des séparations conflictuelles ou une reprise de contact avec un parent. Un espace qui la fait travailler conjointement avec l’enfant et ses deux parents, au cœur de la problématique du lien et de ses dysfonctionnements. Médiatrice sociale de quartier, Rachida a eu envie de se former au CCF. Le choix s’est imposé à elle avec évidence et lui permet de travailler avec plus d’aisance et de professionnalisme sur ses différentes missions. « Les personnes sont en demande de concret et d’opérationnel, souligne Isabelle Chabert, CCF à l’EPE de la Loire. Elles veulent des réponses, être guidées mais pas forcément analysées… Elles imaginent qu’en allant voir une psychologue, elles s’engageraient obligatoirement dans la durée. Le terme de conseillère, moins connoté, effraie moins. Réguliè-rement, on me dit : “Vous, ça va, mais les psys, on n’aime pas ça !” » À l’ère du règne de la psychologie, le conseil conjugal et familial offre une alternative rassurante. En Côte-d’Or, l’une des CCF intervient hors de l’EPE, à la demande des assistantes sociales d’un CCAS : « Il s’agit souvent de personnes en grande difficulté qui n’iraient pas voir une psy », confirme Anita Brassaud.

Limites et difficultés
Les CCF du réseau n’échappent cependant pas au malaise qui caractérise souvent la profession. Pas très bien payés, souffrant d’un manque de reconnaissance, ils peinent toujours à s’affirmer : sur leur fiche de paye figure le plus souvent la dénomination d’un autre métier, parce que le leur n’a pas encore de statut reconnu. Autre point délicat, la formation de trois ans est validée par une attestation professionnelle, et non par un diplôme ou un certificat… L’une des ambiguïtés de la situation se niche dans l’une des missions principales du CCF, l’éducation à la vie (éducation à la sexualité – interventions dans les écoles), pourtant peu pratiquée par les CCF au sein du réseau : « Ce sont souvent les centres de planification qui assurent ce travail, c’est même l’une de leurs principales missions, observe Marie-Jeanne Guillon. Cependant, je pense que l’on ne peut pas dissocier ce savoir-faire du métier de CCF. Cela représente une partie importante de leur formation et un élément éducatif essentiel… Et même si les conseillères n’en font pas dans le réseau, elles sont souvent amenées, dans un autre cadre, à pratiquer ce type d’interventions en classe. C’est essentiel, car cela nous donne une connaissance du terrain et de ce que vivent les jeunes. »
Une profession difficile, qui demande beaucoup d’investissement personnel. Isabelle Chabert reconnaît que l’expérience et son parcours personnel lui ont permis de prendre confiance et, au fil du temps, de mieux tracer les contours de son intervention. Les techniques de l’écoute active empreinte d’empathie et de la reformulation lui permettent aujourd’hui, après quelques séances, de dégager des objectifs permettant à la personne de distinguer ce qui lui pose principalement problème et d’avancer sur quelques pistes. « On se retrouve cependant très vite en limite de la définition du conseiller, reconnaît Isabelle Chabert. Il s’agit de rester – lors d’un entretien familial – sur le terrain de l’éducatif sans chercher à trop creuser l’aspect psychologique… Mais les gens en souffrance, en crise, qui viennent à nous déposent parfois leur ballot et oublient notre fonction ! Lors d’un entretien familial, le glissement entre les difficultés avec son enfant et celles que les personnes ont vécues elles-mêmes plus jeunes est une tangente fréquente. Il faut donc être très au clair avec notre mission car les gens nous entraînent beaucoup sur le terrain du psychologique. À nous de recadrer ou d’orienter et d’accepter de faire le deuil de points que l’on n’abordera pas. C’est parfois délicat car se pose la question de la rupture : les gens s’investissent et n’ont pas forcément envie ensuite de recommencer ailleurs… » Une mission de prévention aux vertus parfois thérapeutiques : quelques rencontres avec un conseiller peuvent permettre de réassurer une personne, un couple ou des parents perdant pied.


Isabelle Guardiola

1. Depuis 2005, la Fnepe réunit régulièrement les CCF du réseau autour d’une réflexion sur le métier. L’objectif est de créer un référentiel commun (activités, compétences et formation) participant à la reconnaissance de leur profession.

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N°565 - juin / septembre 07 - L'école des parents

Pratique I Santé

Sommeil du bébé
Trouble nuit
Un enfant de 9 mois dort en moyenne 11 heures par nuit et 3 heures de sieste.

Il n’y a pas de maladie du sommeil pour l’enfant ». C’est ce qu’affirme Hélène de Leersnyder, pédiatre à Paris. Cela consolera peut-être certains parents épuisés, qui pâtissent au quotidien des difficultés de leur bébé avec le sommeil…
Pourtant, les troubles du sommeil apparaissent dès 3 mois, à l’âge où nos chères têtes blondes sont censées « faire leurs nuits ». Ces troubles sont de deux types : difficultés d’endormissement et réveils nocturnes. Ces derniers sont très fréquents : tous les enfants se réveillent plusieurs fois par nuit, entre chaque cycle, surtout dans la deuxième partie de la nuit. Mais cela ne devient problématique que lorsqu’ils ne parviennent plus à se rendormir seuls.
Ces troubles peuvent avoir de multiples causes. Ils peuvent être d’ordre psychologique, telles que des tensions ou des souffrances familiales (l’histoire de ses parents, les deuils familiaux non faits, les angoisses et les chagrins de sa mère, le divorce des parents, un déménagement, l’arrivée d’un autre enfant…). Le sommeil est en quelque sorte le clignotant de la vie psychique de l’enfant. Tout ce qui trouble le bébé sur le plan psychologique et n’est pas verbalisé, expliqué, se retrouvera probablement dans ses problèmes de sommeil… Il faut donc vérifier pour quelle raison le sommeil se perturbe. Parmi les causes psychologiques, « l’angoisse de séparation » tient une bonne place, selon Edwige Antier, pédiatre. Elle commen ce à se manifester vers 9 mois, quand l’enfant commence à ramper : en découvrant l’autonomie vis-à-vis de sa mère. Et cela peut lui donner envie d’être près de sa mère la nuit, pour se rassurer. Cela peut même lui faire faire des cauchemars. Face à ces peurs, ces angoisses, il faut beaucoup parler au bébé, lui expliquer, le rassurer.
Quant à la difficulté d’endormissement, elle peut provenir d’un surcroît d’énergie du bébé à dépenser, s’il n’a pas été suffisamment bercé ou promené pendant la journée. L’enfant peut aussi, naturellement, ressentir le stress et la fatigue de sa mère à la fin de la journée.
Mais les troubles du sommeil peuvent tout simplement signifier la douleur, percée de ses dents, otite (s’il est enrhumé)... Il peut aussi faire des cauchemars. Une fois réveillé, il a du mal à se rendormir car il ne parvient pas à distinguer le rêve de la réalité.


Des solutions ?
La principale conséquence de ces troubles du sommeil, c’est la fatigue des parents et ses répercussions sur le couple, la famille, le travail… C’est pourquoi le couple doit absolument poser des limites face à son enfant. Les parents doivent lui expliquer qu’ils sont aussi des adultes qui ont besoin de dormir et d’avoir du temps à deux. Le bébé doit comprendre qu’il a le droit de pleurer pour chercher son sommeil, que ce n’est pas grave.
Très concrètement, la première réponse à apporter, c’est d’instaurer un rituel du coucher, une « routine » douce et rassurante du soir. Les berceuses et le bercement (dans les bras ou dans un berceau) peuvent jouer un rôle précieux. Le biberon ou la tétée, du lait ou des tisanes (tilleul ou camomille). Par ce rituel, les parents aident l’enfant à (re)trouver son rythme de sommeil.
Lors des réveils nocturnes, la première règle, pour Edwige Antier, c’est de laisser bébé apprendre à chercher son sommeil seul, en le laissant pleurer un peu. Lorsque les parents vont finalement voir l’enfant, ils doivent rester juste le temps de le rassurer, lui montrer qu’ils sont là. Ainsi, selon leur réaction, l’enfant apprend à se rendormir seul ou bien devient dépendant de leur présence pour se rendormir à chaque cycle.
La pédiatre déconseille fortement tous les médicaments pour dormir. Ni sirop ni homéopathie : tous risquent de mettre peu à peu l’enfant dans une dépendance physique ou psychologique. A contrario, le massage est excellent le soir. Quant au fameux doudou, il est un formidable objet transitionnel : surtout s’il a l’odeur de la maman. Au contraire, la tétine sera un piège : il pleurera à chaque fois qu’elle tombera (plusieurs fois par nuit !).
Si les troubles du sommeil deviennent importants, il faut absolument consulter un pédiatre pour se faire aider. Voire un pédopsychiatre si besoin. Ils pourront aider à comprendre et poser des limites. Mais les parents ne doivent pas s’inquiter, les troubles du sommeil n’ont pas de conséquences sur la croissance de leur enfant.


Émilie Pourbaix

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