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N°567
- octobre / novembre 07
- L'école des parents
Actualité
I Mémo
Démarche
de bilan
S’orienter
à tout âge
--- Début de l'article
---
A des moments clefs de sa vie scolaire ou professionnelle,
une personne peut entreprendre une démarche de bilan,
à la fois pour repérer des problématiques
mais aussi identifier ses capacités ou compétences.
L’École des parents et des éducateurs
d’Île-de-France propose des services d’accompagnement
: bilan psychopédagogique (de la maternelle au lycée),
bilan d’orientation, bilan étudiant ou jeune
diplômé mais également bilan de compétences
pour les salariés qui ont besoin de faire le point
sur leur parcours, qui ressentent l’envie d’évoluer
ou alors rencontrent des difficultés dans leur vie
professionnelle. Pour chaque situation, la personne pourra
bénéficier d’entretiens avec une psychologue
clinicienne.
Tous
les renseignements sont accessibles au 811 464 464. Les consultations
se déroulent 5, impasse Bon-Secours, 75011 Paris.
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Fnepe secrétariat
Tél: 01 47 53 62 70
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| N°567
- octobre / novembre 07
- L'école des parents
Actualité
I Mémo
Bombay
Ecoliers de nuit
--- Début de l'article
---
Bombay
: 19 heures. Un peu partout dans la ville des écoliers
en uniforme se précipitent dans les bus scolaires jaunes,
sortant de leurs heures d’étude dans les lycées
et écoles primaires. Près des écoles
chics de Saint-Xavier ou Breach Candy, parfois des voitures
avec chauffeurs stationnent, parfois ce sont les mères
ou les bonnes qui attendent à la sortie.
Mais dans le quartier Marathe de Parel, une tout autre agitation
commence. Si beaucoup d’étudiants s’attardent
et discutent en sortant du RM Bhatt College, cette école
de garçons ne semble pourtant pas désemplir.
Et pour cause : près d’une centaine d’enfants,
une majorité de garçons, affluent, quelques
cahiers et stylos à la main. Ils ont entre 8 et 25
ans. Ils chahutent un peu, font silence au passage de la directrice.
« La grande majorité des élèves
qui viennent suivre des cours à partir de 19 heures
n’ont pas d’autre choix. La plupart travaillent
jusqu’à huit heures par jour, tous les jours.
Vendeurs de journaux, domestiques, tchaiwallah (vendeur de
thé ambulant)… On trouve de tout. Y compris des
métiers pas très légaux », explique
L.K Mhaske, enseignant de Marathi, la langue régionale
de l’État du Maharashtra, dont Bombay est la
capitale.
Travailler
pour nourrir sa famille
En Inde, le travail des enfants est considéré
comme illégal lorsque ces derniers ont moins de 14
ans. Cependant, beaucoup d’employeurs ferment les yeux,
heureux d’avoir à disposition ces « petites
mains », représentant une main d’œuvre
bon marché. Par ailleurs, pour beaucoup de familles,
le revenu rapporté est considérable. Lorsque
le père de Rogesh, 19 ans, décéda il
y a quelques années, l’adolescent d’alors
13 ans effectua six petits emplois avant de s’inscrire
comme cadet de la police et prendre la relève. Pas
le temps d’aller à l’école normale.
« Aujourd’hui tout ce que je touche, je le reverse
à ma famille. Mais pour devenir quelqu’un dans
la police, il faut avoir fait des études, alors j’ai
décidé, il y a un an, de passer mon examen final
[baccalauréat, ndlr] », explique-t-il, assis
au fond d’une classe aux murs décrépits.
À ses côtés Suraj, 17 ans, s’agite
sur son siège. Timide, ce garçon laitier se
trouve dans la même situation. « J’aime
beaucoup l’école de nuit, même si on termine
tard, à environ 22 heures, et qu’ensuite il faut
rentrer puis se lever tôt le matin, vers 4 heures, pour
mes livraisons. Mais au moins je ne resterai pas laitier !
», rit-il. L’ambiance dans les classes demeure
tout aussi studieuse que de jour. « Nous avons conscience
qu’il s’agit de jeunes différents, ils
demandent plus d’attention, de concentration »,
souligne Mhaske. Siddanath, lui, a 24 ans. Il a choisi de
reprendre des études, après avoir passé
plus de sept ans hors des murs de l’école à
travailler pour nourrir ses quatre frères et sœurs.
Aujourd’hui, garçon de bureau pour la municipalité,
il ne regrette pas son choix car dit-il, « si je suis
plus instruit c’est une chance de plus de réussir
dans ma famille ».
Cléa
Chakraverty
| Le
travail des enfants
D’après l’Unicef
(United Nations Children’s Fund) et l’OIT
(Organisation internationale du travail), entre 14 et
100 millions d’enfants travaillent en Inde.
- 17 % des travailleurs domestiques auraient moins de
15 ans.
- 90 % des employeurs de travailleurs domestiques préfèrent
employer des filles âgées de 12 à
15 ans.
- En Asie du Sud, 38 % des enfants en âge d’être
scolarisés en primaire ne le sont pas. Parmi
eux 57 % sont des filles et 43 % des garçons.
- Les enfants de moins de 14 ans représentent
3,6 % des travailleurs en Inde.
- Les office boys, ou garçons de bureau, sont
fréquemment des adolescents « multifonctions
» : de la photocopieuse au thé, ils effectuent
toutes les tâches imaginables en bureau. |
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N°567
- octobre / novembre 07
- L'école des parents
Dossier
"Relations
famille-école " I Enquête
Relations entre les familles et l'école
Méfiance
Malaise
réciproque, incompréhension, parents jugés
trop impliqués ou au contraire démissionnaires,
les relations restent tendues.
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Début de l'article
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Parents
agresseurs-enseignants victimes ou parents démissionnaires-enseignants
arrogants… Le malaise serait-il donc toujours aussi
grand dans les relations qu’entretiennent les familles
avec l’école?
Il est clair que le modèle sur lequel s’est construite
l’école française (émancipatrice,
destinée à former des citoyens et donc échappant
à la fois à l’Église et aux familles)
a contribué à creuser le fossé entre
les familles et l’école. En dépit de la
modification du paysage familial et éducatif, des transformations
de l’école (massification, démocratisation,
loi Debré sur l’enseignement privé), en
dépit des lois qui ont progressivement intégré
les parents dans l’école, les changements de
mentalités sont extrêmement lents et le partenariat
parents-école s’accomplit dans une certaine tension,
relative selon le degré d’enseignement et l’appartenance
sociale des familles.
Que de changements depuis « les hussards noirs »
de la IIIe République. Tandis que les divorces et les
situations de monoparentalité se sont multipliés,
avec une incidence importante sur les manières d’éduquer,
la précarité liée au chômage et
à l’immigration a touché aussi de nombreux
foyers. Dans le même temps, l’école a accueilli
massivement les enfants avec l’objectif de conduire
au baccalauréat 80 % d’une classe d’âge,
faisant de l’orientation des élèves le
point nodal des conflits entre familles et école et
projetant l’échec scolaire sur le devant de la
scène. Pour la grande majorité des parents de
toutes origines, la réussite des enfants à l’école
devenait essentielle puisqu’elle conditionnait leur
avenir. Chaque débat organisé sur l’école,
chaque rapport demandé aux inspecteurs généraux
de l’Éducation nationale a fait le même
constat et a formulé des propositions pour que parents
et école deviennent vraiment partenaires dans l’éducation
de l’enfant et que la confiance irrigue leurs relations.
Différents chemins se sont ouverts : belles initiatives
liées au dynamisme d’une équipe, d’un
chef d’établissement, d’un réseau
associatif, mais initiatives fragiles, pas toujours reproductibles.
Un système éducatif opaque
Depuis vingt ans, on affiche une volonté que les parents
collaborent davantage. Des droits individuels et collectifs
sont reconnus aux parents en matière d’information,
de dialogue, d’orientation. Pourtant, les parents sont
peu impliqués dans l’action collective : faible
participation aux votes (43,7 % pour le premier degré
et 26,7 % pour le second degré), difficultés
de recrutement par manque de candidatures (le taux de participation
étant meilleur en zone rurale). Le rapport de l’inspection
générale de l’Éducation nationale
(Igen) d’octobre 2006 sur « le rôle et la
place des parents à l’école » insiste
sur le fort attachement des parents à la réussite
de leurs enfants, leurs fortes attentes à l’égard
de l’école et, en même temps sur le faible
investissement des parents et le dialogue imparfait avec un
corps enseignant qui s’auto-protège. La participation
à la vie scolaire est inversement proportionnelle au
degré d’enseignement. Si les échanges
sont assez nombreux et fertiles aux cycles maternels et élémentaires,
ils sont très critiqués à partir du collège.
Là, les lieux ne se prêtent guère à
l’accueil des parents, les horaires et le calendrier
des réunions proposées ne s’adaptent pas
aux rythmes des familles, les rencontres parents-enseignants
se plient au protocole qui les impose mais se déroulent
souvent dans la gêne voire l’exaspération.
La communication sur les méthodes pédagogiques
est réticente, le système éducatif est
considéré comme opaque notamment sur les questions
d’évaluation et d’orientation.
Ni « enquiquineurs systématiques » ni démissionnaires,
qui sont donc ces parents en quête de meilleurs contacts
avec l’école de leurs enfants ? La sociologue
Agnès Van Zanten1 a réalisé deux enquêtes,
en 2000 et 2006, portant sur 160 familles des banlieues est
et ouest de la région parisienne. Elle a examiné
les motivations des familles des classes moyennes dans le
choix des établissements. « Si très peu
d’entre elles perçoivent encore l’école
comme un lieu d’émancipation et de réflexion,
conforme au modèle républicain, certaines ont
certes des objectifs instrumentaux et recherchent les meilleurs
résultats scolaires, mais beaucoup ont des visées
expressives, cherchant à la fois la réussite
et le bonheur de leurs enfants. Ce qui alimente leurs stratégies
et les pousse éventuellement soit à déménager
soit à faire le choix du privé, ce n’est
pas la qualité des enseignants (tous sont un peu équivalents
à leurs yeux) mais le public qui fréquente l’établissement
et ce qu’en disent les rumeurs ou les autres parents.
Aucun crédit n’est accordé aux informations
officielles ou aux palmarès. Ce qui compte, c’est
ce qu’on dit du climat, du suivi, de l’encadrement,
de l’implication du chef d’établissement,
de la violence. Les classes moyennes peuvent faire le choix
de s’installer dans un environnement plus favorable
ou d’inscrire leur enfant dans le privé. Mais
il y a aussi les familles qui restent… par obligation
ou par choix. Ces familles-là sont dans une logique
de colonisation des établissements. Attitude positive
car les parents s’y montrent investis, participatifs,
certains allant même jusqu’à faire du soutien
scolaire le samedi pour les élèves en difficulté.
Leur but est que l’établissement soit le meilleur
possible pour ne pas pénaliser leur enfant. La contrepartie
négative est qu’ils cherchent à privatiser
la scolarité, faisant le siège des enseignants
pour favoriser leur enfant, adoptant une vigilance extrême.
Ce sont aussi ces familles qui mobilisent toutes leurs ressources
pour aider leur enfant, soit en transmettant leur propre capital
culturel, soit en recourant aux cours particuliers. Ce sont
elles encore qui souhaitent être consultées sur
les décisions d’orientation, attendant des explications
sur la pédagogie. Ces parents « concernés
» sont impliqués à condition que l’école
soit capable de s’ouvrir, de s’expliquer, de dialoguer,
d’échanger avec eux de façon qualitative
et continue. La confiance ne va pas de soi et les enseignants
sont invités à faire un effort de communication
collective. » Ayant précédemment travaillé
sur la scolarité dans les banlieues, la chercheuse
souligne la différence d’attitude adoptée
par les classes populaires. « Les familles populaires
sont très dépendantes des enseignants à
qui elles font d’ailleurs confiance. Elles ont beaucoup
moins de stratégies, supposant que tous les établissements
se valent. Elles ne sont pas démissionnaires mais n’ont
pas de moyens culturels, ni économiques, ni information.
Lorsqu’elles choisissent de fuir un établissement
du quartier, c’est sur le conseil insistant d’un
enseignant soucieux de “sauver” leur enfant. Quant
aux rencontres avec les enseignants, elles ne sont pas initiées
par ces familles qui sont le plus souvent convoquées
par les professeurs et qui s’y rendent avec angoisse,
craignant des paroles stigmatisantes et ne disposant pas des
codes pour parler avec des professeurs eux-mêmes mal
à l’aise. » Divers chercheurs ont récusé
l’étiquette de démissionnaires accolée
aux familles populaires. Gérard Chauveau, Dominique
Glasman, Daniel Thin, Bernard Lahire, Vincent de Gaulejac,
tous ont montré combien était grande la honte
liée à la pauvreté et malaisé
l’accès à une institution scolaire dont
on ne détient pas les clés. Ces thèses
ont été reprises par le sociologue Daniel Verba
2 : « L’enquête que j’ai menée
pendant deux ans avec six assistants sociaux de collège
fait apparaître une diversité de postures parentales.
Il est en effet erroné de penser que les familles populaires,
même en grandes difficultés sociales, sont démissionnaires
et ne se préoccupent pas de la scolarité de
leurs enfants. À l’exception de rares familles
dont les comportements relèvent du pathologique, toutes
celles que nous avons rencontrées se sont montrées
soucieuses de l’éducation de leurs enfants et
conscientes de l’importance des diplômes pour
l’accès au marché de l’emploi. Ce
que nous avons constaté en revanche, c’est le
décalage qui existe entre les attentes des parents
et celles des enseignants, entre les exigences des uns et
les contraintes des autres. Par exemple, s’impliquer
dans la scolarité de ses enfants ne signifie pas la
même chose pour les enseignants et pour certains parents.
Pour les premiers, il s’agit d’être une
sorte de précepteur, un répétiteur, un
entraîneur, pour les seconds s’impliquer peut
signifier simplement mener l’enfant à l’école
et lui donner le nécessaire pour vivre. On est donc
sans cesse confronté à ces malentendus symboliques
qui reposent sur le “scolarocentrisme” des professeurs
et le défaut de socialisation scolaire des parents
d’origine populaire. »
(…)
Colette Barroux-Chabanol
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Dossier
I Approches transculturelles
Stratégie
scolaire
Ecoles à éviter
Certaines
familles immigrées des quartiers difficiles choisissent
de fuir l’école publique. Le point sur cette
stratégie d’évitement
---
Début de l'article
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En cette
rentrée 2007, l’enseignement catholique affiche
une liste d’attente de 30000 élèves. Cet
engouement des parents pour l’enseignement privé
traduit moins une adhésion aux valeurs diffusées
par les écoles confessionnelles qu’une stratégie
parmi d’autres pour fuir certaines écoles publiques,
réputées à tort ou à raison comme
insuffisantes. Bien avant même que la question de la
carte scolaire ne s’impose comme un des thèmes
de débat de la campagne présidentielle, l’existence
de diverses stratégies de contournement avait été
pointée du doigt par un certain nombre de chercheurs
qui ont mené des investigations à propos des
attitudes des familles des classes moyennes par rapport à
la carrière scolaire de leurs enfants1. Le phénomène
paraît relever de l’appartenance à des
milieux sociaux qui disposent tout à la fois de réseaux
d’informations sur les différentes écoles
situées dans leur environnement résidentiel
proche et moins proche et des ressources sociales et culturelles
nécessaires pour mettre en place des stratégies
d’évitement des écoles dont ils relèvent
du fait de leur lieu d’habitat.
On peut constater que, dans des milieux beaucoup plus démunis
en termes de pouvoir d’achat et de réseaux d’informations
que ceux étudiés par les auteurs mentionnés
auparavant, il existe aussi des stratégies d’évitement
des « mauvaises » écoles, même si
ces stratégies manquent souvent de moyens pour réussir
pleinement. Pour analyser l’extension sociologique de
ce phénomène, nous nous appuierons sur des entretiens
réalisés dans le cadre de recherches réalisées
auprès de familles vivant ou ayant vécu dans
l’habitat HLM, parmi lesquelles une majorité
de familles immigrées .
On peut constater que, dans des milieux beaucoup plus démunis
en termes de pouvoir d’achat et de réseaux d’informations
que ceux étudiés par les auteurs mentionnés
auparavant, il existe aussi des stratégies d’évitement
des « mauvaises » écoles, même si
ces stratégies manquent souvent de moyens pour réussir
pleinement. Pour analyser l’extension sociologique de
ce phénomène, nous nous appuierons sur des entretiens
réalisés dans le cadre de recherches réalisées
auprès de familles vivant ou ayant vécu dans
l’habitat HLM, parmi lesquelles une majorité
de familles immigrées .
Cette dernière précision a son importance car,
en fait, dans les représentations de l’école
à fuir en priorité, c’est souvent la forte
représentation d’élèves issus de
certaines immigrations qui est déterminante. Pour des
familles appartenant elles-mêmes à ces groupes
ethniques stigmatisés, comment se définissent
les bonnes et les mauvaises écoles et comment peut-on,
dans un contexte de ressources restreintes, définir
des stratégies d’évitement ?
(…)
Jacques Barou
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