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N°567
- octobre / novembre 07
- L'école des parents
Actualité
I Questions
d'école
L'hypercentralisation
du système éducatif serait responsable de
l'échec de l'école : à voir
Système
éducatif national. A qui la faute ?
Le
système éducatif français est hypercentralisé
: c’est une ritournelle que l’on met à
toutes les sauces pour expliquer le prétendu état
de délabrement de notre éducation. Il est
intéressant de s’arrêter sur le constat
d’une part, et d’autre part sur les causes possibles
de cette situation.
Le constat du délabrement que certains semblent se
réjouir de faire en faisant toutefois mine de s’en
offusquer, n’est pas si clair. Il est en effet lié
à l’instrument de mesure et à des priorités
politiques. Par exemple, si l’on évalue la
qualité de nos établissements scolaires à
travers l’évolution du nombre de bacheliers,
la progression est telle dans les quarante dernières
années qu’on ne pourra conclure que positivement
! Les détracteurs nous diront alors que le bac n’est
plus ce qu’il était ! Paradoxe : chaque professeur
de classe terminale a l’ambition que tous ses élèves
soient reçus au bac. Mais si tous les enseignants
y parviennent… Malheur ! Le diplôme s’en
trouverait dévalorisé. Personne ne se réjouirait
publiquement de la qualité exceptionnelle de notre
école qu’un tel résultat révélerait
!
Une autre façon de mesurer l’évolution
de la qualité de notre enseignement consiste à
proposer à des enfants d’aujourd’hui
des épreuves données à leurs glorieux
prédécesseurs il y a quelques dizaines d’années.
Les détracteurs déjà cités croient
trouver ici la preuve de cette baisse de qualité
et de niveau : les résultats sont moins bons ! Il
est dommage que l’on ne puisse pas faire l’expérience
contraire en posant aux anciens les épreuves actuelles
: on constaterait les mêmes écarts dans le
sens inverse. C’est pourtant évident : les
élèves savent faire ce qu’on leur enseigne,
et au fil des années, les programmes sont modifiés
parce que la masse de connaissances à enseigner a
augmenté, les disciplines se sont diversifiées…
Ainsi est-il bien hasardeux d’essayer de mesurer l’évolution
de la qualité de nos établissements scolaires
: ceci ne doit bien sûr pas mener a contrario à
une autosatisfaction béate ! Des questions importantes
et délicates ne sont pas suffisamment abordées
telles que la carte des enseignements et les contenus de
ceux-ci. Quelles matières ? À quel niveau
? Avec quels objectifs ?
Après avoir cerné ces quelques questions auxquelles
il serait très utile d’apporter des réponses
consensuelles, on peut enfin s’interroger sur qui
est le plus légitime pour élaborer les meilleures
réponses : c’est à ce stade que l’on
va voir que l’image d’un système ultra-centralisé
est largement exagérée.
Deux actes importants dans le fonctionnement d’un
système éducatif relèvent actuellement
directement du ministère de l’Éducation
nationale : le recrutement des professeurs du second degré
et les programmes d’enseignement des écoles,
collèges et lycées. Pour le premier, l’organisation
des concours au niveau de chaque académie se heurterait
à différents problèmes matériels
: d’abord la difficulté de connaître
le nombre exact de postes à pourvoir dans une discipline
donnée – donc le nombre de postes à
ouvrir a un concours « académique » –
et la constitution des jurys dans certaines spécialités.
Plus fondamentalement, le recrutement académique
risquerait de renforcer une certaine sédentarité
des enseignants.
Une école
unique
Les programmes sont également définis au niveau
national : cela correspond au choix politique de privilégier,
au moins sur ses principes, une école unique et non
pas des micro-systèmes où les intérêts
et les besoins (économiques) locaux pourraient prévaloir
sur l’avenir à moyen terme des jeunes. Les
programmes, et depuis juillet 2006 le socle commun de connaissances
et de compétences, sont le ciment de l’unité
nationale ou au moins sont censés l’être.
En dehors de ces deux aspects, fondamentaux dans un système
d’éducation puisque cela correspond au fait
que l’État est garant de qui enseigne et de
ce qu’on enseigne, on assiste depuis une vingtaine
d’années à un transfert de responsabilités
vers les rectorats, les inspections académiques et
les établissements scolaires. La logique est simple
et finalement imparable. L’État garde la main
sur le choix de ses agents et sur ce qui fonde l’avenir
de la nation et laisse à chaque établissement,
dans le cadre du professionnalisme de ses agents, le soin
de trouver et de mettre en œuvre les meilleures méthodes
pour atteindre les objectifs fixés. Les structures
intermédiaires, administratives ou pédagogiques
ont comme mission de veiller au bon respect des textes.
Au-delà de la théorie, ce schéma général
a du mal à fonctionner réellement pour différentes
raisons, parmi lesquelles on peut citer :
• Un fonctionnement hiérarchique qui contourne
les échelons intermédiaires : par exemple,
les programmes d’enseignement sont publiés
au Bulletin officiel et donc accessibles à tous,
sans que les inspecteurs territoriaux – échelon
pédagogique intermédiaire – soient systématiquement
associés à leur diffusion ; il en a été
de même récemment pour la mise en place de
la note de vie scolaire dans les collèges pour laquelle
le ministère a publié une circulaire adressée
directement aux chefs d’établissement, contournant
ainsi les rectorats et les inspections académiques
;
• la réelle difficulté des établissements
à assumer ces nouvelles responsabilités. Il
ne peut en effet s’agir simplement d’initiatives
individuelles, il est donc nécessaire de coordonner
les différentes interventions. Localement, le chef
d’établissement est le seul qui peut avoir
une vision transversale, mais sa légitimité
pédagogique est difficile à faire valoir auprès
des enseignants. On est face à un nouveau paradoxe
: les enseignants (français) sont très attachés
à leur propre liberté pédagogique individuelle,
mais souhaitent disposer d’un cadre le plus précis
possible pour la mettre en œuvre. Par exemple, pour
la note de vie scolaire, l’absence de critères
et de modalités d’attribution a gêné
beaucoup d’équipes enseignantes et les inspecteurs
ont dû souvent proposer des réponses à
ces questions de mise en œuvre.
Une
centralisation réaliste
D’autres aspects du système éducatif
sont encore centralisés, comme la définition
des examens (durée des épreuves, coefficients,
conditions de réussite…), mais cela, au lieu
d’être considéré comme un handicap,
ne relève-t-il pas du simple réalisme et de
l’économie d’échelle ? Quel intérêt
aurait-on à définir 31 réglementations
du baccalauréat, quelque 40 BEP, 50 bacs pros…
? Aucun, manifestement ! Alors cessons de chercher dans
la centralisation de notre système les explications
du prétendu immobilisme et conservatisme de ce qu’un
ministre a traité de « mammouth » à
cause du nombre de ses fonctionnaires qui sont pour les
4/5 des professeurs.
Plus que les méfaits présumés de la
centralisation, il est intéressant de s’interroger
sur les acteurs aux différents niveaux du système
:
• pour commencer, le ministre : il est un des membres
du pouvoir exécutif ; ce qui se traduit par des changements
assez fréquents. Xavier Darcos est le neuvième
ministre depuis 1988 ;
• ensuite, à la tête de chaque académie,
un recteur : ce sont des professeurs d’université
nommés en Conseil des ministres ;
• à la tête de chaque département,
un inspecteur d’académie appelé DSDEN.
Ils ont une obligation de mobilité périodique
;
• dans chaque établissement public local d’enseignement
(EPLE), un chef d’établissement, qui appartient
au corps des personnels de direction. Ils ont également
une obligation de mobilité.
Ainsi, la hiérarchie administrative du système
éducatif français est remarquable par sa mobilité
: on est bien loin de l’image d’un système
immobile, si ce n’est que :
• au ministère, les cadres et les agents n’ont
pas la même obligation de changement, mis à
part les directeurs qui peuvent être amenés
à changer à l’occasion d’un changement
de ministre ;
• dans les rectorats et les inspections académiques,
les personnels administratifs (attachés d’administration…)
ou pédagogiques (inspecteurs territoriaux) n’ont
pas non plus la même contrainte ;
• enfin, dans les établissements, les personnels
administratifs et les enseignants ne sont pas tenus de bouger.
On a donc une hiérarchie très mobile qui doit
travailler avec des collaborateurs qui bougent très
peu : plus que la forme centralisée de notre système,
cette réalité rend les changements difficiles
à mener à tous les niveaux, certains des collaborateurs
ayant la conviction qu’il est urgent de ne pas se
précipiter… puisqu’un nouveau patron
va bientôt arriver !
Dominique
Raulin
1. Par
exemple à l’école élémentaire,
les langues vivantes étrangères ; au collège,
la technologie…
2. Aussi bien pour les lycées d’enseignement
général et technologique (LEGT) que les lycées
professionnels (LP).
3. Une étude menée par le ministère
montrait en 2002 que plus de deux professeurs sur trois
étaient dans la ville de leur choix au bout de 5
ans et donc y restaient
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N°567
- octobre
/ novembre 07
- L'école des parents
Dossier
"Relations
famille-école " I
Entretien
Parents d'élèves
La place des enfants
Entretien avec François
Dubet
| François
Dubet est
professeur
de sociologie à Bordeaux et directeur d’études
à L’École des hautes études
en sciences socialese. |
« La spécificité de l’école
française, c’est de s’être créée
en mettant les parents à distance. Aujourd’hui
où l’accès à l’emploi est
déterminé par le niveau scolaire, les parents
sont angoissés et en appellent à l’école
car l’échec de leur enfant est inacceptable.
De son côté, l’école attend des
parents qu’ils adhèrent au modèle scolaire.
Aux cycles maternels et élémentaires, la communication
passe bien entre les familles et l’école. Au
collège, cela se complique. Quand un élève
échoue, ce n’est jamais la faute de l’école.
Si c’est un élève pauvre et immigré,
c’est à cause de ses origines ; si c’est
un élève des classes moyennes, c’est
à cause d’un quelconque désordre familial.
Au collège, les parents sont d’ailleurs «
convoqués » et l’information sur les
méthodes pédagogiques est très réduite.
Les parents ont certes des obligations (et il n’est
pas scandaleux de leur signaler l’absentéisme
de leur enfant) mais ils ont aussi des droits et notamment
celui de comprendre comment on instruit leurs enfants et
ce qu’on attend d’eux en matière de travail
à la maison. On a l’impression que les enseignants
voudraient disposer de parents « comme autrefois »
c’est-à-dire pour repeindre les murs de l’école
et pour se faire chapitrer, si leurs enfants n’ont
pas de bons résultats. Les enseignants ne sont pas
toujours prêts à négocier avec les parents
ni à mettre en place des stratégies d’arbitrage
et de communication. Dans les quartiers difficiles, la plupart
des enseignants n’habitent pas le quartier et la distance
familles-école est objectivement très grande.
Je trouve qu’il y a une question préoccupante
qui est beaucoup plus large et qui concerne le rêve
de performance généralisée qui entraîne
une sur-occupation des temps de l’enfant. Quelle est
alors la place de l’enfance dans notre société
? On tend vers une prise en charge constante des enfants
avant, pendant et après l’école. Les
institutions et les multiples intervenants tiennent l’enfant
sous contrôle ; et il ne faut guère s’étonner
qu’à l’adolescence, les enfants envoient
tout promener. À la fois on sacralise l’enfant
dans les discours et l’on fait de la pédophilie
le crime absolu, mais également on le maltraite en
ne lui accordant ni place ni statut, en ne sachant pas que
faire de lui, en lui imposant des horaires qui arrangent
surtout les enseignants, en ne créant pas d’espaces
de jeux dans les villes.
À l’instar de la ligue de défense des
baleines, je voudrais créer une ligue de défense
des enfants et persuader les parents que la grande question
actuellement est le peu de cas fait de l’enfance par
une société qui ne dessine sa place qu’en
termes de contrôle social. À eux de faire pression
pour que l’aménagement urbain, l’articulation
des temps, l’ouverture des écoles l’été
permettent aux enfants de jouer, d’inventer, d’être
naturellement et librement ensemble. »
Propos recueillis
par Colette Barroux-Chabanol
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N°567
- octobre
/ novembre 07
- L'école des parents
Dossier
"Relations
famille-école " I
Point de vue
Parents d'élèves
Quelle école ?
La référence
au service public et à l'intérêt général
s'effrite. Et l'école devient de plus en plus une
valeur à évaluer.
| Jacqueline
Costa-Lascoux, présidente
de la Fnepe, directrice de recherche au CNRS, Cevipof,
Institut de sciences politiques de Paris, membre de
la commission française pour l'Unesco. |
L’éducation
parentale ne peut s’abstraire des mutations socioculturelles
et des changements politiques profonds. Aujourd’hui,
les parents semblent de plus en plus désorientés
entre, d’un côté, des traditions familiales
et des histoires personnelles qu’ils transmettent
ou reproduisent plus ou moins consciemment et, d’un
autre côté, le changement des mœurs et
les contraintes socioéconomiques qui s’imposent
à eux. Ils savent qu’ils ont une obligation
de protection et d’assistance matérielles à
l’égard de leur enfant, mais ils savent aussi
qu’ils sont désormais comptables du bien-être
physique et psychique de leur enfant voire de sa réussite
sociale et professionnelle ou de ses échecs.
Les pouvoirs publics versent des prestations sociales et
des allocations diversifiées, ils forment des professionnels
spécialisés et mettent en place des dispositifs,
dont on ne cesse de rappeler qu’ils coûtent
cher à l’État et au contribuable et
qu’ils aggravent les déficits publics. Le soutien
des pouvoirs publics accordé aux parents est, dès
lors, présenté comme un pari sur l’avenir
individuel et sur le développement collectif de la
société. Il devient l’objet d’un
calcul budgétaire qui retentit sur l’évaluation
et les propositions de réformes de l’action
publique, aujourd’hui principalement axées
sur la prévention de la délinquance.
Les débats récurrents sur l’École
fournissent maints exemples de la multiplication des classements
et des évaluations dont les résultats, surtout
lorsqu’ils sont jugés médiocres, sont
rapportés à la responsabilité des enseignants
et à celle des parents comme autant de signes de
leurs défaillances ou de leurs difficultés
à assumer leur fonction. Or, l’ambiguïté
entre, d’une part, une demande politique de plus en
plus normative et, d’autre part, la prééminence
donnée aux choix éducatifs des parents est
source d’angoisse.
Chacun part à la recherche d’informations et
de conseils dont il ne décèle pas toujours
la cohérence et finit parfois par s’en remettre
au système de la débrouille personnelle voire
à la rumeur locale. Chacun passe au crible les performances
supposées de tel établissement scolaire ou
de telle filière de formation, le climat général
de telle école ou de tel collège selon un
ensemble de critères allant des violences signalées
à la composition socioculturelle des familles quand
ce n’est pas, de façon plus ou moins avouée,
à des origines ethniques ou à des appartenances
religieuses.
La suppression progressive de la carte scolaire, accompagnée
de la remise en cause du collège unique et de l’affirmation
de l’autonomie croissante des établissements,
génèrent de fait une transformation plus radicale
qu’il n’y paraît du rôle éducatif
des parents. C’est un ensemble de références
au service public de l’Éducation nationale
qui est en train de s’effriter ; de nouvelles pratiques
se développent. Le paradoxe est, précisément,
la contradiction qui consiste à déplorer le
comportement de « parents consommateurs d’école
» tout en les invitant à faire des choix comparatifs
parmi les offres éducatives.
Le
désarroi des parents
La responsabilité des parents s’en trouve alourdie
avec un sentiment persistant de crainte de la mauvaise orientation
de leur adolescent qui biaiserait le cursus scolaire et,
ultérieurement, son curriculum vitae (au sens plein
du terme). Or, la décision est de plus en plus dépendante
de l’accès aux réseaux d’information,
aux « bonnes filières, » dans un climat
de compétition accrue. La course au mérite
reconnu et aux résultats performants devient stressante.
Et dès que des conduites à risque se profilent
chez l’adolescent, c’est l’ensemble du
projet de vie qui semble compromis. Nombre de parents expriment
leur désarroi ou leur culpabilité. Certains
multiplient les cours et les soutiens en dehors de l’école
jusqu’à imposer à leur enfant un rythme
de travail que peu d’adultes accepteraient.
En vérité, nous assistons non seulement aux
problèmes que soulève toute éducation
d’un enfant ou d’un adolescent, avec des parcours
individuels et des conditions familiales plus ou moins chaotiques
ou harmonieuses, mais également à de nouvelles
pratiques induites par ce qui a été qualifié
de « rupture dans la politique éducative ».
Cette évolution interfère sur la relation
des parents à l’éducation scolaire,
et atteint l’espace privé familial.
La suppression progressive de la carte scolaire, par exemple,
suscite des interrogations chez les parents et les conduit
à des stratégies, où l’inquiétude
et l’illusion se confortent mutuellement. L’inquiétude
se traduit par une demande tout azimut d’informations,
difficiles à ordonner et à apprécier.
Chacun dans son domaine, et notamment les élus, pense
ouvrir des Maisons des parents et des Maisons des adolescents,
sans toujours connaître les savoirs et les savoir-faire
que les Écoles des parents ont expérimentés
et développés. Les contrats de responsabilisation
se mettent en place et les autorités judiciaires
sont appelées, par la loi, à prévoir
des stages de responsabilité parentale pour combler
les carences éducatives dans les familles déviantes
ou fragilisées.
La suppression de la carte scolaire joue, par ailleurs,
sur l’illusion que se font beaucoup de parents d’un
choix unilatéral accepté par l’établissement
indiqué. Or, il est évident qu’une majorité
de choix concerneront, de fait, des jeunes aux résultats
scolaires moyens voire médiocres et qui n’entreront
pas dans les cas prévus ni dans la stratégie
du collège ou du lycée demandé. En
supprimant l’obligation géographique, on ouvre
la possibilité pour les établissements et
les académies de déterminer des critères
qui ne correspondront pas aux souhaits des parents. La décision
ne sera pas, in fine, celle de la famille. Alors, certains
parents seront conduits à tenter leur chance auprès
des établissements privés où, dans
la mesure des places disponibles, ils auront l’impression
d’être peut-être mieux entendus et d’avoir
plus de poids.
Demandes
de dérogation
Personne ne nie les détournements de la carte scolaire
qui ont rendu obsolète, dans certains quartiers,
l’objectif d’égalité. Mais la
dramatisation de la « fraude » a servi la réforme
si bien que la mise en œuvre n’a pas soulevé
de graves résistances à la rentrée
2006-2007. D’ailleurs les déclarations officielles
apaisantes se succèdent pour dire, qu’en moyenne,
les demandes de dérogation n’ont pas augmenté
dans des proportions considérables. Mais la question
est-elle celle-ci ? D’un point de vue purement quantitatif,
les moyennes signifient peu de choses en ce domaine, puisque
les stratégies d’évitement étaient
déjà très localisées (au centre
de certaines grandes villes, notamment), et qu’elles
jouent davantage en faveur du privé, mouvement qui
s’accentue avec 30.000 demandes en instance.
Par ailleurs, les chiffres ne peuvent rendre compte de toutes
les stratégies résidentielles ou de domiciliation,
par exemple chez des grands-parents ou chez l’un des
parents séparés, qui ne sont pas facilement
décelables. Lorsque tels « grands lycées
parisiens » (deux cas précis nous ont été
cités) ont noté un accroissement d’un
tiers des demandes d’inscription pour la rentrée
2006-2007, le nombre des dérogations sur l’ensemble
de l’académie perd de sa valeur explicative.
Et, au-delà de ces aspects quantitatifs, la réforme,
incluse dans un ensemble d’autres mesures, induit
des comportements qui risquent à terme de modifier
la relation à l’institution de l’École
de la République, en accentuant les inégalités
que l’on disait vouloir combler. On risque aussi d’oublier
la recommandation que faisait le Général De
Gaulle à Jean-Louis Costa, premier responsable de
l’Éducation surveillée en 1945 «
Je vous donne carte blanche pour faire comprendre que tout
mineur, même le plus délinquant, a un droit
à l’éducation et à une sanction
qui ne vaudra que par sa nature éducative. »
De
l’égalité à la réussite
pour tous
L’égalité est un principe fondateur
de l’École publique, laïque et obligatoire.
Mais l’application du principe a sensiblement varié
selon les époques. Initialement, l’égalité
visait à la fois à garantir les droits fondamentaux
de l’individu, dont évidemment le droit à
l’éducation, et la force d’une nation
plus égalitaire par le progrès social. L’instruction
publique, puis l’Éducation nationale, ont eu
ce double objectif : – d’une part l’émancipation
par les savoirs pour une autonomie de la pensée,
un libre arbitre, et la formation du futur citoyen responsable
de ses convictions, de ses actes et de son suffrage ; –
d’autre part, la réduction des inégalités
dues à la naissance et aux conditions matérielles
de vie qui justifie l’accès à un patrimoine
culturel commun et aux principes constitutifs de la République.
Aujourd’hui, l’égalité formelle
des droits étant acquise dans la loi, la préoccupation
essentielle est celle de l’égalité des
chances. À l’instar des sociétés
libérales anglo-saxonnes, le concept d’«
equal opportunities » pour garantir, selon la formule
de l’Unesco « equal access for equal success
», répond à une vision philosophique
et politique fondée sur la réussite selon
les capacités et les mérites de chacun, quitte
à poser quelques conditions favorables à l’ensemble.
De « l’égalité » à
« la réussite pour tous », les mots traduisent
des évolutions sémantiques importantes.
De
la performance
L’effacement de l’intérêt général
au profit d’une demande sociale de réussite
individuelle qui se pare de la lutte contre l’échec
scolaire et la disqualification sociale (expression de Robert
Castel1) sont résumés dans la métaphore
triviale de « l’ascenseur social » : la
société est vue comme l’étagement
de niveaux différents du « moins un »
aux étages les plus élevés, que l’on
gravit par paliers, selon le choix du bouton sur lequel
il suffit d’appuyer. L’éducation n’a
plus alors pour finalité un cheminement spirituel
ou intellectuel, un travail de la raison et un apprentissage
de l’esprit critique, mais un positionnement sur l’échelle
sociale. « Gagner plus dans un univers professionnel
» devient une valeur en soi, c’est-à-dire,
ce qui a du poids et du prix. Cette valeur marchande se
prouve selon des critères d’évaluation
de plus en plus « objectifs » et « internationaux
». La réussite doit être tangible, attestée
par des indicateurs de performance, ceux des élèves
et ceux des établissements. Elle est graduée
comme le pouvoir d’achat du consommateur et comme
sa visibilité sociale. Des moyens matériels
supplémentaires sont mis en place en faveur des «
minorités visibles » ou affectés à
des territoires qualifiés de « zones d’éducation
prioritaire », zones identifiées par les handicaps
socioculturels de leur population.
Jacqueline Costa-Lascoux
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N°567
- octobre
/ novembre
- L'école des parents
Terrain
I Paroles de professionnels
Arthérapeutes
L'art pour soigner
Ils
sont soignants, travailleurs sociaux, psychothérapeutes,
artistes…
Ils utilisent l’art pour aider les patients et travaillent
à la marge des schémas classiques de soins.
La villa
des Pages au Vésinet, un des établissements
psychiatriques d’un grand groupe qui comprend 60 cliniques
privées. Des patients un peu chics, de tous les âges
(et de toutes pathologies), entre 14 et 80 ans, avec un
pavillon entier dédié aux jeunes souffrant
de troubles alimentaires… Sur des créneaux
horaires larges, trois ateliers artistiques (théâtre,
arts plastiques) ouvrent leurs portes aux patients qui les
fréquentent librement. Blouse bleue (comme celle
des personnels d’entretien et pas des soignants),
Michel Briat dirige l’atelier peinture et papier mâché
depuis une dizaine d’années. Sans détour,
il résume sa mission à la clinique : «
Lorsqu’un patient se présente, je l’accueille,
le vouvoie, et ne sais rien de lui. Je lui présente
l’atelier et lui précise : mon but est de vous
faire réaliser une sculpture ou une peinture et de
vous aider à aller jusqu’au bout du projet.
Mais je n’ai aucun discours analytique ni de questionnement
psychologique du type : le petit bonhomme que vous avez
dessiné, c’est votre père ? Si effet
thérapeutique il y a, il est induit par la pratique
artistique, mais je ne théorise pas dessus. »
Michel Briat est peintre et embauché comme animateur.
Il intervient comme artiste, a sa propre activité
créatrice en dehors de l’institution, un statut
qui lui confère une place un peu à part à
la clinique. Électron libre, pendant longtemps il
n’a pas assisté aux réunions de synthèse
et entretient avec les responsables médicaux des
relations particulières : « Les psy veulent
garder le contrôle sur le processus thérapeutique
et voici un domaine qui leur paraît obscur et qu’ils
ne maîtrisent pas. La seule façon d’enrichir
le débat est de s’en tenir strictement à
l’œuvre du patient, de laisser de côté
toute considération psy, de parler composition, couleur
matière, peinture, Picasso... Cette parole un peu
décalée ouvre parfois de nouvelles perspectives
sur le cas d’un patient et a parfois le mérite
d’être divertissante. Tous les psy encouragent
les malades à fréquenter les ateliers, mais
certains ont du mal à admettre qu’un patient
puisse progresser indépendamment d’eux. »
Un manque
de reconnaissance
Ces relations ambivalentes avec la direction et les équipes
sont souvent l’apanage de la profession d’arthérapeute.
Souffrant d’un manque de reconnaissance (à
la différence d’autres pays, comme l’Allemagne
ou l’Angleterre), les arthérapeutes travaillent
dans des domaines divers et avec des statuts hétéroclites.
L’arthérapie ne correspond pas à une
nomenclature officielle : on fait fonction de. Jeune diplômée
des Beaux-Arts, Anne Fretey répond à une annonce
à l’IME de Troyes. Embauchée comme animatrice
en arts plastiques, elle n’a aucune expérience
des difficultés de son public, des jeunes de 6 à
20 ans, internes ou externes, souffrant de pathologies psychiatriques
ou le plus souvent, de troubles du comportement. Quinze
ans plus tard, elle dispose enfin de son atelier au sein
de l’institution et réussit juste à
faire accepter certains principes antinomiques avec l’organisation
de sa direction : « comme d’accepter les taches
de peinture par terre et qu’on lui garde tout ce qu’on
met à la poubelle, ou presque… »
Michel Briat, comme Anne Fretey, reconnaît jouir d’une
grande liberté d’actions au sein de l’institution.
Avec ironie, il remarque qu’aucun psy ne se risque
jamais dans son atelier : « Dommage, on pourrait faire
une réunion dans l’atelier de temps à
autre. J’aimerais montrer les œuvres des patients
à l’équipe, ils seraient sans doute
étonnés. » Comme le sont aussi les collègues
d’Anne Fretey, qui peinent souvent à concevoir
que l’auteur de telle ou telle pièce soit cet
enfant agité qu’ils ne parviennent pas à
calmer. Anne partage son temps entre des ateliers avec les
plus jeunes, et un projet transversal « Arts déco
» qu’elle monte avec les adolescents et jeunes
adultes de l’IME. Ces derniers se libèrent
de leurs temps d’ateliers pour travailler ensemble
sur une fresque qui recouvre progressivement les murs de
l’institution, intégrant des reproductions
de tableaux célèbres. Toute l’équipe,
les visiteurs extérieurs, sont enthousiasmés
par la réussite artistique et pédagogique
du projet : « Nous avons redonné vie à
ce lieu. Ce qui ne marche pas en classe, lorsqu’on
donne une consigne à un enfant, fonctionne à
merveille ici. Les ados sont tellement différents,
valorisés par les compliments qu’on leur fait,
fiers de montrer leur œuvre, qu’on les voit travailler…
» L’objectif à long terme est de sortir
de l’IME. `
Anne Fretey a organisé dans le passé plusieurs
expositions dans les galeries de la ville, présentant
les pièces de ses élèves, non étiquetées
IME. Elle croit avec force à la nécessité
de pousser les murs de l’établissement dans
lequel les jeunes sont parfois confinés sans jamais
en sortir : « Là où les enfants se sentent
le mieux, c’est lorsque les adultes autour d’eux
ont un projet commun pour eux, s’entendent bien ensemble
et les emmènent à l’extérieur.
Ils sont alors méconnaissables. Je n’ai jamais
eu un seul souci de comportement avec eux dans ces conditions
là. »
Loin de l’institution, une ex-mauvaise élève,
Véronique Sommer, est devenue psychologue clinicienne,
et n’a pas oublié le poids de la norme scolaire.
Oser
danser…
Au terme d’un long parcours de souffrance et de renaissance,
elle a renoué avec la danse qui a enchanté
son enfance. Formée à la dansethérapie,
elle a la chance de disposer d’une belle salle dans
Paris où elle travaille aujourd’hui en groupe
avec ses patientes (plus compliqué pour les hommes
d’oser danser) : Que vit-on avec son corps ? Peut-on
retrouver des émotions perdues, et notamment la joie
? Peut-on explorer son être ? Lors de séances
de deux heures, elle mêle musique, contes, et invite
les femmes à réapprivoiser leurs corps parfois
blessé, ou contraint, ou inhibé : un long
travail de réappropriation, d’abord essentiellement
centré sur soi, avant d’explorer le contact
avec les autres. Au bout de plusieurs séances, le
rideau qui masquait le grand miroir est tiré, on
se découvre. « J’ai vu une patiente souffrant
de phobies et d’angoisses, très diminuée
culturellement, s’épanouir comme une fleur…
J’ai observé que l’accès au vocabulaire
du corps lui a facilité l’accès au discours.
» L’envie de Véronique Sommer est d’ouvrir
ses séances aux enfants, qu’elle suit en thérapie
et avec lesquels elle pratique modelage, arts du masque
et peinture : « L’enfant dit énormément
à travers son corps. Ses déplacements, ses
mouvements vous emmènent là où il a
mal, immédiatement. Il faut le suivre dans ce qu’il
nous montre. »
…
et se découvrir
La spontanéité, la redécouverte d’émotions
enfouies, sont la matière que travaillent les arthérapeutes,
lesquels accompagnent les patients à réinvestir
certaines parties de leur cerveau, en particulier celles
consacrées à la création et au manuel.
« Lorsqu’ils ont vaincu les inhibitions classiques
formulées dans deux objections principales : je suis
nul ou je ne veux pas faire un atelier collier de nouilles,
la partie d’eux-mêmes laissée en jachère
se libère, confirme Michel Briat. Ils se découvrent
alors un talent ou mettent en scène un récit
auquel ils ne s’attendaient pas et qui les submerge
parfois… » C’est alors que leur problématique
émerge : d’origine sexuelle, identitaire, affective,
centrée sur l’abandon ou la dépendance.
« Au départ, sans formation1, on n’a
aucun recul, remarque Anne Fretey. On absorbe tout : la
folle violence de certains psychotiques, le transfert maternel
que fait sur nous une adolescente perdue, la séduction
débridée de grands garçons… et
on accueille tout aussi, dans ces ateliers où les
enfants se libèrent, à la sortie d’un
cours qui s’est mal passé. Je pose le jeune
dans un coin, lui donne un carton pour qu’il se fabrique
un objet, un pain d’argile ou un pinceau. Il a le
droit de tout faire, et je le laisse tout faire, tout en
restant dans mon rôle éducatif. »
Partir
de leur désir
En position marginale dans l’institution, l’arthérapeute
ne souhaite souvent rien connaître de son patient
à son arrivée à l’atelier. Pour
lui permettre de se montrer différemment. «
Je ne lis souvent les dossiers des jeunes que plusieurs
mois après leur intégration », explique
Anne Fretey. Avec l’habitude, Michel Briat a une idée
de la pathologie des patients, le plus souvent sous médicaments
calmants : « les productions délirantes de
l’art brut, c’est avant les années 1950
! » Partant du désir des gens, il leur donne
quelques pistes pour choisir leur mode de production : en
peinture, on se lâche dans un temps assez court, en
papier mâché on poursuit une tâche plus
élaborée et minutieuse, ingrate au départ
quand on a les mains pleines de colle froide et gluante
; la terre propose un cadre rassurant, absorbe les énergies
et offre un contact sensuel avec la glaise… «
Il faut aimer la folie pour travailler ici, conclut Michel
Briat. La plupart ne sont pas schizophrènes, mais
lorsque cela se présente, on rencontre des gens étonnants
de créativité qui ne pensent ni ne réagissent
comme nous. Ils ne composent pas un tableau comme les autres,
créent des espaces étranges, flottants et
sans centre. Un patient s’est ainsi découvert
ici une passion pour la peinture. Retraité et hospitalisé,
il s’est ouvert à la création, ramassant
des matériaux dans la rue, créant des œuvres
délirantes… Ce genre de type va partout, essaie
tous les ateliers de la clinique. On se dit qu’en
repartant, il aura découvert quelque chose qui l’aidera
à jamais dans sa vie. »
Isabelle Guardiola
1. Anne Fretey a depuis suivi une formation
en arthérapie à Lyon à l’Infipp
www.infipp.com
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N°567
- octobre
/ novembre
- L'école des parents
Pratique
I Info Santé
Hygiène
Cherchez les poux
Votre
enfant se gratte la tête, le cou, derrière
les oreilles ? Aïe, il a probablement des passagers
clandestins dans les cheveux ! Pour en avoir le cœur
net, inspection en règle du cuir chevelu. «
Ne vous attendez pas à voir des petites bêtes
jouer au trampoline : ces parasites ne sautent pas et volent
encore moins. », précise Pascal Anxiel, pharmacien
dans le XVIIe arrondissement de Paris. Pas facile alors
de les voir : de couleur brunâtre ou grisâtre,
ils ne sont pas plus gros qu’une graine de sésame
et se déplacent très vite. Pour vous aider
dans votre investigation, achetez en pharmacie un peigne
spécial poux et peignez les cheveux mouillés
– au-dessus d’une feuille blanche de préférence.
Vous devriez récolter quelques spécimens si
la tête est en effet habitée.
Vous pouvez voir aussi les lentes – les œufs
des poux, petites boules ovales et grisâtres, collées
à la racine des cheveux. Elles n’indiquent
pas forcément la présence de poux, mais dès
qu’elles écloront, elles leur donneront naissance.
Insecticide
ou naturel ? Quelle méthode ?
«
Chaque mère a sa méthode personnelle. Il faut
reconnaître que le plus efficace, ce sont les insecticides.
», insiste Pascal Anxiel. Il existe en pharmacie de
nombreux produits contenant ces substances, à dosage
plus ou moins fort. Certains éliminent aussi les
lentes. Mais, précise-t-il, « le problème
d’utiliser des produits trop forts, c’est qu’après,
les poux deviennent résistants et il faut mettre
des insecticides de plus en plus agressifs. »
Pour Prisca, mère de cinq enfants, le scénario
est toujours le même : « Dès que je trouve
un pou chez un enfant, je le bombarde de spray que je laisse
pendant plusieurs heures. Ensuite, je fais un shampoing
et je passe toute la chevelure au peigne spécial
poux. Et je recommence une semaine plus tard, pour éliminer
les poux qui viendraient d’éclore. Et puis
je lave draps, taies d’oreillers et vêtements
à eau bien chaude pour les évacuer du paysage
! »
Le temps de pose du produit, la fréquence des applications,
l’utilisation ou non d’une serviette sur la
tête : cela dépend du produit choisi en pharmacie.
À noter qu’il existe aussi des produits naturels
: moins efficaces mais moins agressifs.
Inutile en tout cas d’utiliser tous ces produits préventivement.
De ce côté, chacune a sa recette. Prisca, elle,
met « deux fois pas semaine, toute l’année,
sur la tête des enfants quelques gouttes d’essence
de lavande. Ça marche vraiment bien ! Mais bon, c’est
sûr qu’il y a toujours les têtes à
poux qui risquent d’en attraper quand même…»
Qu’est-ce qui peut aider alors ? « La clé,
dans une classe, c’est que la maîtresse demande
de traiter tout le monde en même temps ! Ça
marche très bien, si tous les parents jouent le jeu…
»
Mais qui est ce pou qui fait vivre un enfer aux mamans ?
Ç’est le parasite le plus courant chez les
enfants qui vont à l’école ou à
la garderie. C’est un minuscule insecte dont la durée
de vie est d’un mois. Il vit bien au chaud sur le
cuir chevelu, accroché aux cheveux par les pattes.
« Enlevez-le de ce milieu amical et il meurt très
vite. Car, outre la chaleur et l’humidité des
cheveux, le pou vit aussi du sang qu’il suce –
en très petit quantité – sur la peau.
Ç’est pour cela que les enfants sont souvent
excités », explique le pharmacien.
Ce petit insecte est aussi très fécond. La
femelle pond environ cent œufs en un mois de vie :
les fameuses lentes. Elles éclosent au bout de sept
à dix jours.
Les poux ne s’installent pas en raison d’une
mauvaise hygiène. Ils ne sont pas nocifs à
la santé du porteur et ne transmettent pas de maladie.
Pourquoi alors vouloir à tout prix leur déclarer
la guerre chimique ? « À cause des démangeaisons
: certains enfants se grattent jusqu’au sang ! »
Eh puis, bien sûr, pour le pharmacien, il faut penser
à l’entourage. « Le pou est un grand
voyageur ! » Dès qu’il y a contact physique
entre deux chevelures, un câlin, un jeu…, le
pou déménage. « Une vraie galère
! », témoigne Prisca. « J’en ai
moi-même attrapé à cause des enfants
! », se souvient la jeune femme à l’épaisse
chevelure. Poux des enfants sont la plaie des mamans.
Émilie
Pourbaix
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