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N°568
- déc.07 / janv.08
- L'école des parents
Dossier
"L'amitié,
un sacré lien" I Reportage
Jeunes
connectés
Copains
du net
Ils
surfent et, pour eux, leurs amitiés virtuelles sont
bien réelles.
Tu «
chattes », vous surfez, il a son blog : dans la grande
famille des connectés au monde virtuel, on trouve
la génération de ceux pour qui Internet se
conjugue comme une langue étrangère, et les
autres, les plus jeunes, nourris au vocabulaire du net dès
leur plus jeune âge et qui naviguent à l’aise
dans le monde du web. Les premiers en ont une utilisation
« raisonnée », limitée à
sa fonction d’outil d’information et d’échange
de courrier. Quant aux ados et jeunes adultes, les yeux
rivés sur leur écran et les doigts qui courent
fiévreusement sur le clavier, ils donnent parfois
l’impression que la toile est un prolongement d’eux-mêmes.
« Mais que font-ils ? », s’inquiètent
les parents « ignorants », devant des enfants
faisant fi du monde qui les entoure. Ils ont tout simplement
inventé l’amitié en ligne à un
âge de la vie où couper le contact avec ses
copains, même quelques heures, est inacceptable.
«
J’ai commencé à dialoguer sur MSN, avec
mes copains du collège, il y a trois ans »,
raconte Joanna, aujourd’hui lycéenne de 16
ans. « Un jour, j’ai tapé “chat”
sur un moteur de recherche et j’en ai sélectionné
un, destiné au moins de 18 ans. À partir de
là, je me suis mise à échanger tous
les jours avec des “amis” inconnus. Les discussions
tournaient autour de la musique, de nos choix vestimentaires…
» Ce qui semble une révolution pour les plus
âgés n’est qu’un mode de rencontre,
très évident, pour la jeune génération.
Joanna n’est pas une adolescente solitaire. Elle aspirait
simplement à élargir son horizon et «
rencontrer des gens sympas ailleurs. » Il faut dire
que l’offre est vaste. On peut s’inscrire sur
le chat de son choix, en quelques secondes : fille ou garçon,
il suffit d’imaginer un pseudo, de donner son âge,
de localiser sa région, et de sélectionner
un thème de discussions.
Le
langage et le contenu différent selon le type de
chat et le public qui s’y connecte. Aujourd’hui,
Skyrock, est le plus « grand salon de discussion »
entre ados, en France. Le tutoiement y est de rigueur et
la proximité immédiate. Des Bambi, Spiderman,
Titange ou Bogoss font part de leurs états d’âme
en se donnant toutes sortes de conseils et informations,
avec souvent un langage SMS au service de réponses
instantanées. Après quelques échanges,
si l’on se sent des affinités, il n’est
pas rare de sortir du chat pour continuer la discussion
de façon plus intime sur MSN, messagerie instantanée.
Derrière l’écran protecteur, on se laisse
aller facilement aux confidences, en oubliant ses peurs
et ses inhibitions.
Ces rencontres suscitent souvent l’envie, chez les
jeunes internautes, de créer leur propre page ou
leur blog. Des plateformes comme Facebook, Hi5, destinées
aux très jeunes, ou Myspace, offrent des espaces
sur lesquels afficher ses goûts, ses tendances, son
style et par extension ses oeuvres : musique, illustrations,
poésie, photos. Une façon de partager ses
passions avec d’autres « mordus », qui
par la magie d’une exploration par mots clefs, finiront
par venir visiter la page.
Les
amis de mes amis sont mes amis
Comme on présente aussi une liste de ses amis ayant
chacun leur blog, le visiteur est invité à
s’y rendre : là il va découvrir l’univers
d’un autre internaute, qui affiche à son tour
ses amis… De blog en blog, se dessine ce qu’il
est convenu d’appeler une communauté, cimentée
par des liens culturels. Aujourd’hui, on parle de
« réseaux sociaux », qui semblent reproduire
les différences sociales de la société
: Facebook est fréquenté par des jeunes étudiants
futurs diplômés, alors que Myspace s’adresserait
davantage aux jeunes des classes populaires. Cette technique
revient à multiplier les liens, dans un contexte
où chacun choisit d’exposer une facette de
sa personnalité, à l’exclusion de toutes
les autres composantes. À ce titre aussi, on est
copain avec l’ensemble des individus qui partagent
une même inclination, une passion ou encore une révolte.
Une condition peut-être nécessaire pour se
lier d’amitié, mais probablement insuffisante
pour nourrir une relation durable.
Danah Boyd, une jeune chercheuse de l’université
de Berkeley-Californie évoque un contexte égocentrique
: on plante le décor avec « ses amis »
et les autres viennent s’y agréger, après
qu’ils ont été choisis pour faire, à
leur tour, partie de la liste des amis : une amitié
de façade, à prendre telle quelle, ou bien…
à laisser pour ceux qui conçoivent l’amitié
comme une relation qui se façonne par un jeu de réactions
et d’ajustements. « Tout est plus simple, sur
le net », affirme pourtant Martin. « On échange
en fonction de nos affinités », « on
va à l’essentiel avec l’impression de
se connaître très rapidement » ; nul
besoin de s’embarrasser de préalable, on est
en phase sur le champ. Un lien social, des échanges
réguliers, une immédiateté dans la
relation, voilà ce que le net offre indéniablement
à ces jeunes gens.
Mais peut-on pour autant parler d’amitié ?
Ce sentiment que la psychanalyste Danièle Brun1 estime
indissociable de la notion de temps : un rythme nécessaire
pour que se tisse le lien de l’amitié, comme
une lente et inconnue construction à deux «
qui se nourrit d’images, d’impressions et de
silence. » Pour Danièle Brun, cette immédiateté
qui est une des raisons de l’ampleur du succès
d’Internet auprès des jeunes a son corollaire
: le fait ²que chacun soit interchangeable. En ce sens,
être déçu est sans conséquence,
puisqu’il y aura toujours quelqu’un à
qui parler. Pourtant Martin, lui, ne fait pas de grande
différence entre ses relations de la « vraie
vie » et ses amis rencontrés par écrans
interposés. Il dit n’avoir eu que des bonnes
surprises lorsqu’il a fait connaissance, dans la vie
réelle avec ses contacts du monde virtuel.
Amis
du virtuel, amis du réel
« J’ai rencontré ma meilleure amie en
ligne », affirme aussi Joanna. « Depuis, je
vais passer des vacances chez elle et réciproquement.
» Une rencontre qui a impliqué les parents
venus s’assurer que leur progéniture était
en bonne compagnie. « La première prise de
contact a eu lieu à l’occasion d’un concert
à Paris et nos mères respectives ont bavardé
un long moment ensemble devant la salle de concert ! »
Ses rencontres sur Internet, Martin les a faites par l’intermédiaire
du monde de la bande dessinée à laquelle il
est « accro ». À l’heure actuelle,
il partage aussi des jeux de rôle avec d’autres
jeunes de son âge. Lycéen, dans un environnement
quotidien qu’il ne trouve pas très convivial,
il estime que c’est une vraie chance de pouvoir partager
des moments avec des gens qui lui ressemblent. Comme Bérengère,
collégienne de 13 ans qui avoue confier tous ses
secrets à un alter ego, en ligne, parce qu’elle
n’a pas trouvé la copine idéale dans
on collège.
Cette recherche d’un autre « soi-même
», avec lequel établir des relations de complicité,
caractéristique de l’adolescence, explique
le succès du net auprès de la tranche d’âge
des 12-24 ans : accès rapide à des réseaux,
partage d’un même langage codé et de
références communes… et surtout espace
pour parler de soi et affirmer sa personnalité. À
ce titre, les relations des jeunes sur Internet ne sont
pas si éloignées de la vie réelle où
il s’agit d’être conforme à ses
pairs en se distinguant de l’environnement familial.
Les ados ont trouvé là un terrain de prédilection,
où créer leur propre univers, à l’abri
des regards adultes.
Aujourd’hui, Joanna affirme ne pas passer plus d’une
heure et demie par semaine, derrière son écran.
Aux relations en ligne, elle préfère à
présent l’intimité partagée avec
ses amis de la « vraie vie » et peut se lier
avec des jeunes qui n’ont pas toujours les mêmes
centres d’intérêt qu’elle ! Martin
lui ne doute pas de la qualité de ses relations :
« Quelques personnes me manqueraient vraiment si je
n’allais plus sur le site. D’ailleurs un type
que j’avais croisé plusieurs fois vient de
s’effacer, je vais essayer de le retrouver par des
liens communs ».
Dans cet espace qui ouvre de nouvelles formes de socialisation
et contribue à la construction de l’identité
des adolescents, la diversité des offres, des approches
et des points de vue, constitue une richesse indéniable
pour qui a envie d’échanger. Pourtant, se dégage
l’impression que ces relations virtuelles amorcent
d’autres liens : « En pianotant sur Internet,
on se dit que “quelque chose va venir à soi”…
» « Une virtualité qui ne manque pas
d’indice de réalisation », dit Danièle
Brun. Une réalisation qui peut prendre la forme d’une
vraie rencontre, ailleurs. À condition, comme l’ont
expérimenté ces jeunes, de délaisser
un jour l’écran, pour le réel.
Isabelle
Lacheref
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N°568
- déc.07 / janv.08
- L'école des parents
Terrain
I Réseau
des écoles des parents et des éducateurs
EPE de l’Hérault, EPE de l’Isère
L’arbre de famille
En 2007, la Fnepe a organisé
trois journées de réflexion autour de la transmission,
une thématique chère aux Écoles des
parents et des éducateurs.
La
transmission est-elle en crise ou a t-elle changé
de visage et de modalités ? Comment cette notion,
que l’on code souvent comme liée aux sociétés
traditionnelles ou anciennes, s’incarne-t-elle dans
nos familles contemporaines ? C’est pour répondre
à ces questions que Cécile Ensellem, sociologue
à la Fnepe, a eu l’idée d’organiser
– au fil du dernier trimestre 2007 – un cycle
de trois journées de réflexion et d’échanges
sur les pratiques du réseau sur ce sujet. Se sont
réunis différents membres des Écoles
des parents et des éducateurs, désireux de
témoigner du travail engagé ou de s’informer
sur la façon dont d’autres, plus expérimentés,
abordaient cette notion fondamentale. Voici deux expériences
menées dans le réseau sur cette thématique
:
- L’atelier « arbre de famille », animé
par Pierre Chenelot, psychologue à l’EPE de
l’Hérault. Cette action fait l’objet
d’une rechercheaction menée par la Fnepe sur
le mode sociologique et sous la houlette de Cécile
Ensellem, afin d’en apprécier les contours,
pour que cet outil serve dans le réseau (voire…
hors réseau !) et que d’autres puissent s’en
saisir.
- Les stages « histoires de famille », que Marie
Denat, psychologue et formatrice à l’EPE de
l’Isère, organise avec succès depuis
plus de quinze ans.
L’arbre
de famille
Pierre Chenelot travaille dans la banlieue de Montpellier,
en classe-relais
auprès d’une population d’adolescents
dans sa grande majorité marocaine, issue de la première,
deuxième, troisième génération
de l’immigration. Le type de familles qu’il
rencontre est très varié, certaines ayant
adopté un mode de vie très occidentalisé,
d’autres au contraire montrant moins de signes d’intégration
et parlant peu le français : « J’ai immédiatement
été frappé par l’absence de lien
et d’évidence entre le niveau de culture et
d’intégration des parents et l’investissement
du système scolaire par les jeunes. J’ai fait
le constat que ces jeunes avaient très peu d’éléments
de construction identitaire, pour des raisons liées
aux parents. Il me semble, que lorsqu’un événement
– ici la migration – a été traumatisant,
on a tendance à ne pas en parler. Or la transmission
est inéluctable, puisque l’on transmet même
les secrets…
Alors pour ces jeunes, où sont leurs racines et leur
vraie vie : dans la cité où vivent les copains
? Dans le pays des parents où ils passent deux mois
d’été mais où on les prend pour
des étrangers ? » Sensible à ce manque
d’ancrage, Pierre offre aux jeunes de passage en classe-relais
une ouverture possible : un travail individuel et libre
(l’adolescent peut refuser de s’y prêter)
en deux temps, autour d’une représentation
mentale et écrite de sa famille. Lors de cette première
séance, peu de consignes sont données au jeune
qui dispose d’une feuille et de crayons pour dessiner
sa famille : « À partir de là, je n’interviens
plus, ou alors je l’encourage, lorsqu’il hésite
à se lancer, en insistant sur le fait que ce qui
compte n’est pas le “juste” et le “vrai”,
mais bien sa propre représentation. » L’exercice
est répété une semaine plus tard, avec
cette fois des codes et symboles à insérer,
tirés du Génogramme
: un travail difficile à réaliser car il mobilise
beaucoup de ressources cognitives.
À l’issue de ces deux séances, Pierre
interroge l’adolescent sur les différences
entre les deux schémas, établit des liens,
met en évidence certains points ou certains manques
: « Il est remarquable de voir combien un jeune en
difficultés scolaire et comportementale, peut devenir
acteur… Réussir cet exercice ardu est extrêmement
valorisant pour lui et constitue un soutien narcissique
fondamental. » En racontant sa famille et son histoire,
l’enfant que l’on décrit en crise à
l’école, prend du relief, se rattache au système.
Il n’est plus un électron libre.
Autre point positif, cet arbre de famille apporte de la
réalité aux adolescents qui sont souvent dans
des constructions très imaginaires de leur famille
: « Ce qui est intéressant dans la façon
dont Pierre utilise cet outil, souligne Marie Denat, c’est
qu’il remet de l’ordre. En redisant à
l’adolescent où est sa place, dans sa famille
proche, dans son histoire de migration, il remet un ordre
symbolique. Quelque chose se passe dans ce travail, qui
apaise et repose… Il faut faire confiance à
ce temps d’écoute bienveillante et empathique,
même si le dispositif est limité dans le temps,
parce qu’il apporte de la sécurité et
une assise sur laquelle on peut travailler. » Initiée
aux techniques de groupe et aux génogrammes par Anne
Ancelin- Schützenberger, Marie Denat s’est très
tôt intéressée à la question
de l’intergénérationnel. Nourrie des
références psychanalytiques, elle s’inspire
en outre des travaux de Serge Tisseron, Pierre Bourdieu,
Vincent de Gaulejac, Alain Ehrenberg ou encore de René
Diatkine, lequel exprimait l’idée nouvelle
que l’enfant était tenu de remplir son mandat
intergénérationnel, et qu’il le faisait
par loyauté…
Histoires
de famille
Marie Denat a construit depuis une quinzaine d’années
un stage « histoires de famille » qui se déroule
une ou deux fois par an. S’y inscrivent des travailleurs
sociaux, des personnels hospitaliers (de plus en plus de
sages-femmes), des puéricultrices de PMI, des enseignants,
des psychologues et des thérapeutes… Ceux-ci
sont invités à travailler pendant quatre jours,
sur leur propre histoire de famille : « Il s’agit
d’un stage pour soi et d’un outil que l’on
peut utiliser ensuite professionnellement, précise
Marie Denat. Pour autant, ce n’est pas une thérapie,
mais bien une formation. »
Mosaïque d’exercices de « lâcher
prise » des émotions et des souvenirs, les
stages de Marie Denat combinent, selon la composition du
groupe et l’ambiance, un rêve éveillé
sur des matelas ; une représentation graphique des
personnes entourées de leur famille sur une grande
feuille (suivie d’une discussion en petits groupes)
; une discussion autour d’une photo de famille apportée
par le participant ; des jeux d’anagrammes ou acrostiches
autour du nom et du prénom ; ou encore des exercices
d’écriture (chacun doit rédiger une
série de phrases courtes débutant par un «
Je me souviens » évocateur)…
Chaque stagiaire construit le deuxième ou troisième
jour son génosociogramme, en petit comité
ou devant tous les participants. Le schéma emprunte
au modèle d’Anne Ancelin-Schützenberger
et s’accompagne d’un récit oral. Marie
soutient la construction, reformulant pour le groupe, aidant
lorsque la personne se sent perdue, posant une question
pour étayer le récit : « “Comment
te qualifie-t-on dans ta famille ?” “Et toi,
comment te vois-tu ?” La vérité objective
n’a finalement ici aucune importance. Les personnes
n’ont pas à relativiser le propos dans cet
exercice qu’elles ne font que pour elles et que personne
de l’extérieur ne verra ! » Peu à
peu, la feuille se remplit. En couleur, on trace des symboles
et des liens qui dessinent l’identité singulière
d’une famille : les répétitions en rouge
(alcoolisme, cancers, accidents…), les régions,
les pays, les voyages et les déracinements, les enfants
illégitimes, les gens que l’on aime et ceux
avec lesquels on entretient des relations compliquées…
: « Il est vrai que l’on planche sur soi, conclut
Marie Denat. Mais il est évident que, dans le cadre
professionnel, ce que l’on est transpire, et que l’on
peut réutiliser ce qu’on a appris au stage
: ainsi les sages femmes peuvent se servir de l’outil,
lorsqu’elles s’occupent d’une maman en
dépression post-partum, en revisitant sa propre naissance.
Lorsqu’en entretien, une mère vient me consulter
pour un bébé qui ne dort pas, on peut revenir
avec elle en arrière, à sa petite enfance…
Les souvenirs affluent et si les gens ne trouvent pas la
solution immédiate, ils bénéficient
d’un éclairage nouveau. »
Définitions
La classe-relais
dans laquelle intervient Pierre Chenelot est un dispositif
préventif pour aider les équipes de collèges
en Zep. Lorsque celles-ci repèrent un élève
en difficulté, en train de décrocher,
de s’enfermer dans un mal-être ou un comportement
opposant, elles peuvent lui proposer une sortie du système
pendant quinze jours. L’adolescent sera intégré
en petit groupe (quatre ados) dans un établissement
du secteur et bénéficiera d’une
pédagogie différenciée et d’un
parcours individualisé. Les intervenants, responsable
pédagogique, assistante d’éducation,
employé de prévention des transports urbains,
éducateur sportif…
À l’issue de ce stage, des propositions
lui seront faites pour poursuivre le travail de remédiation.
Les offres varient, de l’ouverture vers le secteur
sportif ou associatif à des orientations dans
le domaine de la santé, ou à des signalements,
si nécessaire.
Le génogramme
ou génosociogramme est la représentation
graphique schématique d’une famille, rassemblant
sur un même schéma les membres de celle-ci
(le plus souvent sur deux ou trois générations),
les liens qui les unissent, et les informations biomédicales
et psychosociales qui s’y rattachent. Utilisé
en médecine (domaine de la génétique),
il l’est aussi en psychiatrie ou en psychologie
où l’on parle alors davantage de génosociogramme.
Il reprend les faits marquants de l’histoire de
la famille et des individus, les événements
de vie importants et met en évidence les liens
affectifs. Il est surtout connu du grand public depuis
les travaux d’Anne Ancelin Schützenberger
et sous l’influence grandissante du mouvement
systémique des thérapies familiales. |
Isabelle
Guardiola
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N°564
- avril / mai 07
- L'école des parents
Pratique
I Info scolarité
Une
école après l’école
Orphelins de 16 heures
Études
surveillées, études dirigées, soutien
scolaire, aide aux devoirs… autant de formules intéressantes,
entendues ici et là depuis la rentrée scolaire
qui, manquant de clarté, entraînent des questions.
Les études surveillées ont connu un fort regain
d’actualité lors de la campagne électorale
quand le candidat Nicolas Sarkozy a lancé ses mots
désormais fameux « d’orphelins de 16h00
» à propos de ces adolescents livrés
à eux-mêmes après les cours du collège.
Depuis, le ministre de l’Éducation nationale
a bien fait son travail, qui a publié une circulaire
en juillet dernier sur le sujet. Las, l’annonce en
septembre par le même Xavier Darcos de la suppression
prochaine des heures du samedi en primaire est venue brouiller
le tableau en relançant la polémique sur la
semaine de quatre jours. L’accompagnement éducatif
est-il si difficile à mettre en place ?
Rompre
avec l’échec scolaire
Selon un récent rapport du Haut conseil de l’éducation,
25 % des élèves qui sortent de CM2 ont des
acquis fragiles, et 15 % connaissent de sévères
difficultés. C’est dans ce contexte que s’inscrivent
les nouvelles mesures ministérielles qui viennent
compléter le dispositif Fillon des « programmes
personnalisés de réussite éducative
» (PPRE). La mise en place d’études surveillées
gratuites de 16h30 à 18h est en cours, d’abord
dans les collèges « Ambition réussite
» avant d’être généralisée
d’ici trois ans. Sont prioritaires les classes de
sixième et cinquième. Le principe est simple
: les élèves volontaires, ou ceux dont les
lacunes ont été détectées en
début d’année, signent un contrat d’assiduité
avec le collège. Trois jours par semaine, ils restent
une heure et demie après les cours pour étudier…
ou suivre des activités culturelles et sportives.
Ils sont encadrés par des professeurs payés
en heures supplémentaires ou des aides-éducateurs,
des acteurs du monde associatif, de jeunes retraités…
pour les ateliers. Quant aux enfants du primaire, libérés
à la rentrée 2008 des trois heures du samedi
matin, ils pourront, en remplacement de celles-ci, eux aussi
bénéficier de cours particuliers ou en groupes
durant la semaine.
Aider les plus faibles, personne n’est contre. À
tel point que certains établissements et municipalités
n’avaient pas attendu pour mettre en place des actions
de soutien : « écoles ouvertes » ici
pendant les vacances, modules d’aides assurés
par des profs…. On notera en revanche que l’objectif
affiché de l’étude est sensiblement
mis à mal par l’organisation, au demeurant
sympathique, d’activités plus ludiques. D’autre
part, les critères de sélection des élèves
devant suivre ces études sont encore flous, avec
danger de stigmatisation. Enfin, le télescopage avec
les politiques de l’éducation menées
depuis longtemps par les collectivités territoriales
n’est pas à négliger. Opération
de séduction de l’opinion publique ou réel
progrès dans l’accompagnement éducatif,
l’avenir, très proche, tranchera.
Patrick
Neyroud
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