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I POUR EN SAVOIR + I

N° 578 - avril / mai 2009 - L'école des parents

Actualité I Entretien avec Claude Lelièvre

Claude Lelièvre
Professeur émérite d'histoire de l'éducation à la Sorbonne et à Paris V. Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels :
Les politiques scolaires mises en examen, ESF, 2008
L'école obligatoire : pour quoi faire ?, Retz, 2004
Histoires vraies des violences à l'école, Fayard, 2007...

Quelle école ?
L’historien revient sur un siècle et demi de politique éducative et de réformes. La question reste toujours d’actualité : comment bien apprendre «ce qu’il n’est pas permis d’ignorer».

Vous êtes historien de l’éducation et votre perspective permet de revenir sur quelques idées reçues voire sur des idées fausses. Commençons par Jules Ferry qui est devenu une référence consensuelle et qui fut un homme d’ordre plus que de progrès peu intéressé par la mobilité sociale.
Claude Lelièvre : Le XIXe siècle ne s’est pas préoccupé d’égalité des conditions sociales. La division des rôles sociaux et sexués était parfaitement admise. L’école créée par Jules Ferry (1832-1893) visait à la reproduction sociale et sexuée ; elle s’adressait à des enfants dont on profitait de la malléabilité pour les éduquer à l’unité nationale et à devenir de futurs adultes qu’on souhaitait mieux préparés à assumer leur rôle dans la société, tout en veillant à une « égalité de dignité ». Cette école a duré longtemps, tant qu’on s’est accommodé de ces divisions-là. Quand on mythifie Jules Ferry c’est sans doute parce qu’on a la nostalgie de cette stabilité. Mais les temps ont changé et c’est à partir de la deuxième moitié du XXe siècle que la démocratisation de l’enseignement s’est imposée comme une idée neuve.

Quelle est donc cette démocratisation qui a envahi les discours sur l’école depuis un demi-siècle ?
C. L. : Il faut d’abord rappeler le contexte historique et évoquer la question de la laïcité ; non pas celle qui s’est focalisée aujourd’hui autour de la crainte du fondamentalisme musulman, mais celle des premiers temps de la République lorsque l’important était que l’École publique échappe à la tutelle de l’Église, alors anti-républicaine. Fonder une école laïque, c’était promouvoir un idéal civique et républicain. Le conflit autour de la place à accorder à l’école privée a été longtemps très vif ; il s’est apaisé, depuis dix ans maintenant, lorsque chaque camp a compris qu’il ne pouvait gagner totalement : la moitié des familles de France utilise les deux secteurs, public et privé, pour assurer l’éducation de leurs enfants… Un compromis s’est donc dessiné qui n’est plus sérieusement remis en cause.

Cela étant, après plusieurs tentatives de réformes, l’idée de démocratisation s’est finalement imposée. Sous quelle forme ? (...)

Propos recueillis par Colette Barroux-Chabanol


 


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N° 578 - avril / mai 2009 - L'école des parents

Dossier "Adoption" I Regards croisés

Anne de Truchis
Pédiatre, responsable de la Coca (Consultation d’orientation et de conseil en adoption) ouverte voici trois ans et demi au centre hospitalier de Versailles et qui a réalisé en 2008, 219 consultations.
Florence Cavalier
Responsable des adoptions au Vietnam pour l’OAA Enfance Avenir. Kinésithérapeute spécialisée en kiné pédiatrique, avec son mari elle a elle-même adopté 4 enfants au Vietnam et a une cinquième enfant biologique. Enfance Avenir a réalisé 455 adoptions en dix ans (en 2008, 24 adoptions au Vietnam et 37 en Russie).


Surveillance médicale des enfants adoptés
Passé à risque
Pour les associations et les organismes publics, la détection et le suivi des problèmes de santé sont des priorités à développer.

En quoi consiste votre consultation (1) ?
Anne de Truchis : Pendant une heure trente, nous (médecin et psychologue) recevons les familles en entretien. La première partie s’attache à l’anamnèse de l’adoption. Lorsque l’enfant s’exprime bien, c’est parfois bouleversant : certains posent des questions et parlent ainsi pour la première fois de leur adoption… Je parcours le dossier médical quand il existe. Certains sont complets, d’autres vides, au sein du même pays, cela dépend des orphelinats. Ensuite nous balayons toutes les problématiques de l’enfant : nous l’observons (motricité fine, globale, dessins, jeux, déplacements, attitude envers ses parents, regard, façon de téter…). Nous posons des questions : comment mange-t-il, dort-il ? Est-il propre ou redevenu sale ? Comment se comporte-t-il à la maison ? Est-il dans l’opposition ? Comment s’est passée la rencontre à l’orphelinat ? ; Sur son environnement : ses parents ont-ils repris le travail ? Comment cela se passe avec la fratrie ? Les grands-parents étaient-ils d’accord pour l’adoption ? ; Sur son éducation : met-on des limites ou pas ? Existe-il une certaine culpabilité ?… À la fin, j’examine l’enfant : en général il se laisse faire parce qu’on a passé un long moment avec lui. Il est rassuré, joue… Je prescris alors des examens médicaux, para-médicaux, des vitamines, des compléments de renutrition…

Que permet-elle ?
Anne de Truchis : Les parents nous disent parfois qu’ils n’avaient jamais parlé de l’adoption de leur enfant, ne trouvant pas forcément une oreille attentive dans leur entourage, victimes des préjugés positifs et négatifs sur le sujet. Ils sont souvent assaillis d’un enthousiasme parfois débordant qui ne laisse pas la place à une discussion autour des difficultés classiques à être parents. Beaucoup disent ne jamais avoir réussi à livrer une parole autour du deuil de l’enfant biologique, puisqu’il leur a fallu, rapidement, enchaîner les étapes. (...)

Propos recueillis par Isabelle Guardiola

(1). La Coca de Versailles a ouvert voici 3 ans et demi à la demande du Ministère de la Famille, lui même sollicité par les associations de parents adoptants qui souhaitaient ce type de consultation, alertés par une surreprésentation d’enfants adoptés dans les servies de pédiatrie. Il s’agit soit de pathologies médicales pures, soit de troubles de l’adolescence, notamment de troubles de conduites à risques.


 


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N° 578 - avril / mai 2009 - L'école des parents

Terrain I Reportage

Comité des familles pour survivre au Sida
Séromantique !
Le Comité des familles pour survivre au Sida possède depuis peu un lieu d’accueil et d’information, la Maison des familles.

Comme chaque mardi, le Comité des familles pour survivre au Sida anime la tranche horaire de 17 à 18 heures, depuis la radio associative Fréquence Paris Plurielle. Ce jour-là, au programme de l’émission hebdomadaire « Survivre au Sida » : une ethnologue, auteur d’un ouvrage sur les hépatites virales, interviewée par téléphone et un invité de marque, présent dans le studio, DJ Kore, musicien et producteur de renom. Derrière la vitre aux commandes, Reda, permanent de l’association, impulse le rythme de l’émission : musique, annonces, interventions d’animateurs et de participants aux ateliers de la Maison des familles. Dans le studio, Axana, jeune journaliste stagiaire, et Nabila commentent l’actualité de la semaine : « le calendrier des activités de la Maison des familles a été distribué dans les services hospitaliers, on attend du monde ! »

(...)

Isabelle Lacheref


La Maison des familles
77, rue Armand Carrel 75019 Paris
tél. : 01 40 40 90 25

Fréquence Paris Plurielle
106.3 FM de 17h à 18h

Comité des familles
www.papamamanbebe.net

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