Fnepe Revue
L'école des parents

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Films présentés par Monique L'Hôte

Cette rubrique présente des films pour adultes seuls ou à voir en famille comme divertissement ou pour amorcer un dialogue familial. Pour aider les parents, nous indiquons l'âge minimum à partir duquel un film peut être conseillé ou permis aux enfants.

 

Mars 2010
 
THELMA ET LOUISE... ET CHANTAL de Benoit PETRE
Sortie le 03 mars. Durée : 1h30.

Synopsis

Thelma et Louise, c'étaient les deux copines en ballade dans le film de Ridley Scott. Les nôtres s'appellent Gabrielle, Nelly et Chantal, frisent la cinquantainee bien entamée et racontent aussi un road-movie..
Elles se rendent au mariage d'un ex à La Rochelle, mais sans enthousiasme: " Être invitée au énième mariage de mon ex-mari, ça m'emmerde" dit Gabrielle..
Au moment de partir, Chantal veut emmener Jean-Claude. C'est son chien décédé qu'elle veut enterrer pieusement dns la forêt.
Au fur et à mesure du voyage et des péripéties, elles abordent des sujets plus intimes, par exemple, leurs déceptions causées par les hommes.
Elles font pourtant de timides essais pour séduire ceux qui leur tombent sous la main, mais sans grand succès..
Le mariage lui-même de l'ex frise le ridicule ce qui rend possibles leurs petites vengeances. de femmes délaissées..
Mais, à tout prendre, leur solitude n'est pas si triste, elle devient même enviable: la cinquantaine les dispensant de se fatiguer à séduire et de supporter les humeurs des hommes et leurs trahisons. Elles s'aperçoiventqu'elles peuvent parfaitement se passer d'eux pour vivre un automne apaisé dans l'amitié entre femmes....
À partir de 15 ans


 
CRAZY HEART de Scott COOPER
Sortie le 3 mars. Durée : 1h 51

Synopsis


Bad Blake fut un grand chanteur de musique country, acclamé dans tout le sud des Etats-Unis. Mais il est fatigué, et n'a plus le feu sacré. Ses tournées, quand il a du travail le conduisent dans des lieux improbables, booling ou motels de seconde zone, ce qui nous promène dans le sud profond où tout le monde est fan de country.
Jusqu'à sa rencontre avec une jeune journaliste qui l'accueille chez elle et lui fait connaître son petit garçon.
Bad s'épanouit au contact de cette vie de famille, mais il a du mal à se défaire d de son vice, l'alcool.
Son amie Jean sera quand-même à l'origine de sa rédemption.


Critique

Une histoire simple et attachante, pénétrée par une musique country, pleine de charme et de mélancolie.
Le film a remporté deux "Golden Globes pour la prestation de Jeff Bridges et pour la musique.

À partir de 12 ans

NINE de Bob MARSHALL
Sortie le 3 mars. Durée : 1h 58

Synopsis

Guido Contini , grand réalisateur, porté aux nues par la critique et le public, traverse une mauvaise passe.Il a convoqué une conférence de presse pour parler de son prochain film, mais il est en panne d'idées et n'a pas écrit un mot du scénario. Avec les journalistes il s'en tirera par des pirouettes, mais avec son producteur impossible de bluffer.
Guido aime les femmes, il en est entouré et le spectateur assiste à ses rêveries où évoluent de somptueuses danseuses de revue, vêtues ou dévêtues de plumes et de paillettes. Dans sa dépression peu de réconfort est à attendre de sa sulfureuse maîtresse, ni de la star de son film, ni de la ravissante journaliste qui restent toutes dans le registre de la séduction.
L'évocation de son enfance sur une plage italienne et de sa mère, l'amour désabusé de sa femme, la compréhension de sa costumière l'aideront-ils à sortir de son marasme?
Mais qui a donc réalisé un film célèbre sur une histoire semblable?
Fellini bien sûr !
Bob Marshall n'a pas copié Fellini, car il a transposé à son propre film le faste et le glamour de sa comédie musicala jouée durant des années à Broadway.
Mais de très nombreuses allusions rendent hommage à Fellini, en particulier la chanson sur le "Cinema Italiano et la séquence des enfants sur la plage.
Après tout, "Nine" est ce qui vient tout de suite après "Huit et demi"!.
Nous sommes sensibles à cet hommage délicat du grand réalisateur américain à l'un de nos plus grands réalisateurs européens.
Un film magnifique!

À partir de 13 ans

 
FLEUR DU DESERT de Sherry HORMANN
Sortie le 10 mars. Durée :2h04.

Synopsis

L'histoire authentique de Waris Dirie, petite nomade somalienne gardeuse de chèvres, devenue Top-Model à Londres et à New-York.
A trois ans, Waris est excisée, parce que c'est la coutume dans son clan et nécessaire pour trouver un mari. A treize ans, ses parents veulent la marier à un homme âgé.
Waris s'enfuit alors, pieds nus dans le désert et arrive à Mogadiscio, puis à Londres où peu après son arrivée, elle se retrouve à la rue sans connaître un mot d'anglais.
Aidée par une jeune vendeuse, elle trouve un travail dans un fast-food où un photographe de mode la remarque.
Après beaucoup de tribulations, elle devient mannequin et connaît la grande vie.
Mais de son excision, elle garde un souvenir amer et milite, à l'ONU et ailleurs pour délivrer les femmes africaines de cette mutilation.
Un portrait de femme volontaire, généreuse, décidée à se servir de son expérience horrible pour éradiquer la coutume barbare de la mutilation des femmes.
Le destin de Waris est tellement prodigieux que l'on ne peut qu'adhérer à son
histoire, aux aspects glamour de sa réussite et généreux de son combat.
Et en plus, elle est belle!

A partir de 12 ans


 
ACHILLE ET LA TORTUE de Takeshi KITANO
Sortie le 10 mars. Durée : 2h00.

Synopsis

Takeshi nous revient avec une comédie saugrenue sur l'art et les artistes. en passant par un paradoxe de Zénon d'Elée.
Le petit Machisu, fils d'un collectionneur d'art, dessine sans arrêt et tout le monde admire ses dessins.
Adulte, il continue à dessiner et peindre, car il se veut artiste, mais plus personne ne s'extasie devant ses oeuvres. Phénomène bien connu: les dessins des petit enfants sont déclarés géniaux et tapissent les murs de l'école maternelle, mais plus tard? combien de ces enfants vont-ils continuer à susciter l'admiration?
Machisu ne se tient pas pour battu. Avec l'aide de sa femme, il va tout tenter: suivre les conseils du directeur de sa galerie d'art, adopter les procédés à la mode du moment, par exemple projeter des seaux de peinture sur une toile blanche à l'aide d'une bicyclette, incorporer à ses tableaux des bouts de n'importe quoi ou se mettre dans un état second pour devenir plus créatif.
Tel Achille, qui ne peut rattraper la tortue, parce qu'une formule mathématique s'est mise en travers de sa course Machisu ne peut atteindre le succès qu'à la toute dernière minute, malgré ses efforts.
Mine de rien, Takeshi nous propose une méditation sur l'art. L'artiste doit-il se contenter de la joie de créer ou lui faut-il le succès à tout prix?
Et, qu'est-ce que l'art? qui décide qu'un tableau est beau ou qu'un film est réussi?
Le créateur est sans cesse exposé aux jugements du public ... et des critiques patentés, mais c'est finalement le public qui décide si Achille mérite de rattraper la tortue! Une comédie jouissive du plus doué des réalisateurs japonais.


À partir de 12 ans.


 
PIECE MONTEE de Denys GRANIER-DEFERRE
Sortie le 10 mars. Durée : 1h33.
Synopsis

Un mariage est un événement qui donne à un réalisateur l'occasion de tourner un film choral, avec beaucoup de personnages dont certains se connaissent trop bien, d'autres font connaissance, car ils devront se fréquenter, d'autres encore se retrouvent après de longues années.
Le réalisateur nous a épargné le coup classique: le marié terrorisé par l'engagement qui s'enfuit au dernier moment.
Non, ces deux-là s'aiment, veulent s'unir aux yeux de tous en acceptant les rites du mariage bourgeois pour faire plaisir à leurs parents: par exemple, la tenue de la cérémonie à la campagne. Le curé, un vieux bourru trouvera d'ailleurs bizarre qu'ils aient choisi sa modeste église pour un mariage aussi fastueux..
Pour les invités, assister à un mariage n'est pas sans conséquences: les couples déjà mariés revigorent leur attachement ou au contraire font le bilan de leur ratage.
Des jeunes gens se rencontrent et constatent qu'ils se plaisent bien, les vieux égrènent des souvenirs sentimentaux et profitent du mélange des générations.
Les mariés, Bérangère et Vincent, connaîtront leur première épreuve et en apprendront de belles sur les secrets de la tribu.

Critique
C'est le genre de film français où l'on se sent faire partie de la famille, être partie prenante des différents événement, être l'un des leurs.
Quel plus beau compliment faire à un film?


À partir de 12 ans.



 
GOOD HEART de Dagur K'ARI
Sortie le 17 mars. Durée : 2h35

Synopsis

Lucas, jeune garçon dépressif et Jack, vieux patron de bar ronchon et cardiaque occupent une même chambre du même hôpital.
Ils se lient d'amitié et, à leur sortie d'hôpital, Jack emmène Lucas chez lui et lui enseigne les secrets et les codes d'un bon patron de bar new-yorkais.
Mais ils se heurtent souvent , car Lucas a bon "coeur" et ferait volontiers crédit, alors que Jack est dur et sans "coeur".
Lorsque survient une fille toute mouillée qui ne sait où passer la nuit, Lucas est tout prêt à l'accueillir, mais subit la colère de Jack:
: le bar est fait pour les hommes, les femmes ont les salons de thé! April est éjectée, mais voilà que Jack, en proie à une nouvelle crise cardiaque, il a besoin d'une transplantation. La nature et le scénariste feront bien les choses, car Jack le râleur héritera d'un "bon" coeur" et acceptera l'aide d'April pour développeer son bar, mais à quel prix!

Critique
Une histoire simple rendue attachante par son originalité et dss trouvailles bienvenues.


A partir de 13 ans

 

 

Février 2010
 
LEBANON de Samuel MAOZ
Sortie le 3 février. Durée : 1h34
Synopsis
En 1982, Israël a envahi le sud Liban. Le réalisateur avait 20 ans, il était artilleur dans un tank et a participé à cette guerre improvisée et inutile. Il lui a fallu vingt autres années pour exorciser son traumatisme et raconter sa guerre.
Nous assistons donc à la vie de ces jeunes soldats dans l'espace confiné qu'est un tank. L'officier est aussi jeune que les autres et ses ordres sont contestés. Un autre officier arrive du ciel par la tourelle et donne d'autres ordres.
Les petits soldats ne savent pas ce que l'on attend d'eux, ni qui sont les ennemis, et encore moins le but de cette guerre et Shmulik le tireur ne peut se résoudre à appuyer sur le bouton pour expédier ses bombes.
Le tank est un lieu clos puant, humide, envahi par le tintamarre et la peur, et générateur de claustrophobie Lorsqu'il affronte les civils, ça devient insoutenable.
C'est cette épreuve terrible que le réalisateur a endurée avec cette auto-accusation "ils ont fait de moi un tueur".

Critique
Un film fort, un film coup de poing qui prend place dans la croisade qu'ont menée certains médias pour décrire la guerre au quotidien par ceux qui la font par exemple les poilus dans les tranchées en 14-18.
Depuis, la guerre s'est modernisée, mais "Lebanon" démontre qu'elle est toujours aussi sale et aussi barbare.
A partir de 14 ans

 
C'EST ICI QUE JE VIS de Marc RECHA
Sortie le 10 février. Durée : 1h30.
Synopsis
Si le titre espagnol "Petit Indi" est ainsi traduit, c'est que le réalisateur a voulu mettre l'accent sur ce lieu où vit Anau et sa famille, une banlieue de Barcelone qui ressemble à la campagne.
Le jeune Anau élève des oiseaux pour les faire participer à des concours de chant. Et à l'instar de son oncle Ramon, il s'intéresse aussi aux courses de lévriers.
Vallbona, cette banlieue qui a séduit le réalisateur, entre l'écriture du scénario et le tournage du film s'est beaucoup construite et modernisée, ce qui a obligé l'équipe à reconstituer certains lieux, notamment le cynodrome. Mais l'on voit toujours évoluer Anau entre sa rivière et sa forêt.

Critique
C'est un film insolite et charmant: la banlieue d'une grande ville si proche de la nature, les concours de chants d'oiseaux et cet adolescent qui aime tant les animaux qu'il en a oublié que certains sont des prédateurs.
Un très joli film à voir en famille, même si la fin risque de chagriner les plus jeunes
À partir de 10 ans

I LOVE YOU PHILIP MORRIS de John REQUA et Glenn FICARRA
Sortie le 10 février. Durée : 1h36.
Synopsis
Steven Russell est un drôle de type: flic, il quitte bientôt la police pour se livrer à quelques arnaques plus juteuses.
Bon mari et bon père, il s'aperçoit un jour qu'il est gay et quitte sa famille pour mener sa vie selon son penchant.
Ses turpitudes le conduisent en prison où il rencontre Philip Morris dont il tombe éperdument amoureux.De ce jour, tous ses efforts illicites auront pour but d'aider Philip et de vivre à ses côtés.
Le ressort comique du film tient au culot monstre qui pousse Steve à se faire passer pour ce qu'il n'est pas.Pour s'évader de prison, en faire sortir Philip, gagner beaucoup d'argent pour offrir à son amant une existence de rêve, il ne recule devant aucune énormité.

Critique
On apprend ainsi qu'aux Etats-Unis, on peut se prétendre avocat ou directeur financier sans posséder le moindre diplôme et ridiculiser ainsi toute la police du Texas.
Mais les meilleures choses ont une fin et le valeureux escroc purge actuellement une peine de vingt-trois ans de prison. Car cette histoire est vraie!
Steven Russell "génie de l'évasion rattrapé par son romantisme" a connu un destin tragique, mais, malgré quelques images très crues, les réalisateurs en ont fait une bonne comédie où l'on rit souvent.
À partir de 15 ans.

 
LA HORDE de Yannick DAHAN et Benjamin ROCHER
Sortie le 10 février. Durée : 1h42.

Synopsis
Un groupe de policiers veut venger la mort d'un des leurs, assassiné par de jeunes voyous. Ils vont attaquer les malfrats dans une tour HLM de la banlieue.
Mais au plus fort des combats, ils sont cernés par des zombies et doivent s'allier avec leurs ennemis pour faire face à cette nouvelle attaque.
Ca cogne et ça tire dans tous les coins à un rythme effréné.
Une petite touche de comédie, avec l'apparition d'un vieil habitant plein de sagesse fait penser qu'il y a peut-être un truc et que l'histoire ne serait pas aussi sombre qu'il y paraît.
La bonne idée, c'est la tour HLM qui, avec sa façade rébarbative, ses recoins d'ombre et ses pannes d'ascenseur peut offrir un décor de mystère et de menace idéal pour un thriller.

Critique
Mais le film est hyper violent avec tous les murs éclaboussés de sang et l'on a beaucoup de mal à le prendre au second degrès.

Adultes seuls

 


 
TAMA GO TCHI de Joji SHIMURA
Sortie le 17 février. Durée : 1h29.
Synopsis
Les amis de la planète TAMAGOTCHI reçoivent la visite d'une bibliothèque volante dont les livres renferment des histoires pleines d'imprévus. Les enfants entrent dans les livres et vivent les histoires qu'ils contiennent .Louable intention pédagogique pour persuader les petits qu'un livre est un objet magique renfermant des merveilles, donc à respecter et à regarder attentivement avant de savoir le lire.
Les personnages sont mignons et font penser au "dessin du bonhomme" que les psychologues demandent aux jeunes enfants d'effectuer pour tester leur maturité: de grosses têtes et de petits bras et petites jambes.

Critique
Les aventures des personnages sont exemptes de peurs, très bien!
Le seul bémol réside dans une erreur de traduction: un des personnages veut "faire le bonheur de tout le monde" mais à trois ans on ne sait pas ce qu'est le bonheur, ,concept abstrait on sait seulement si l'on est "content" ou pas. les parents devront expliquer!
À partir de 3 ans.


 
LA PIVELLINA de Tizza COVI et Rainer FRIMMEL
Sortie le 17 février. Durée : 1h40

Synopsis
Patti aux cheveux rouges habite une caravane aux limites de la ville. Elle et son mari sont artistes de cirque et, comme en hiver ils ne travaillent pas, ils restent parqués là.
Un jour, Patti trouve une toute petite fille qui semble abandonnée. Elle la prend dans ses bras, la ramène à la caravane, la nourrit et la rassure malgré son mari qui prévoit des complications administratives s'ils gardent la fillette.
Mais Asia a renoncé à attendre sa maman et s'endort confiante dans les bras de Patti. Même Tairo, un gamin à moitié abandonné lui aussi s'attache à la petite Asia.
Or, une lettre à Patti lui annonce que la maman va venir récupérer Asia
Laissons les spectateurs imaginer ce qui va advenir...

Critique
Les réalisateurs disent bien que l'on ne peut pas faire "jouer" un enfant de deux ans.
Mais on reste confondu par la spontanéité et le naturel de ce merveilleux bébé..
Et comme les autres ont pu, eux aussi improviser leurs dialogues, le film de fiction de ces documentaristes respire une authenticité rare.
Un film délicieux et ...tellement italien!

A partir de 14 ans


 
HARRAGAS de Merzak Allouache
Sortie le 24 février.Durée : 1h35.
Synopsis
Haragas raconte l'odyssée d'un groupe de jeunes Algériens, des "brûleurs" cherchant à émigrer en Espagne, chassés d'Algérie par la misère et l'ennui.
L'un de leurs amis passeur leur procure une barque et leur donne rendez-vous dans une crique. L'un d'eux s'est procuré un GPS et... en route, malgré les conflits qui éclatent dès avant le départ et la présence d'un homme armé qui prétend faire la loi.
Ce voyage aléatoire comportera bien des avatars prévisibles, car on reste stupéfié par ''impréparation de cette aventure. Par exemple, personne n'a pensé à vérifier si la barque contenait gilets de sauvetage et rames, indispensables en cas de panne du moteur et tout à l'avenant.

Critique
Dans "Eden à l'ouest" ou "Welcome", autres histoires de migrants, les candidats étaient fortement motivés, informés sur le pays convoité et les pièges à éviter, prêts et entraînés. Ici, rien de tout cela, à part le courage, mais le courage de l'inconscience et du désespoir, presque une forme de suicide.

Il est peu probable qu'une fuite de ce genre apporte aux migrants le bonheur rêvé.
A partir de 14 ans


 

Janvier 2010
 
GIGANTIC de Matt ASELTON
Sortie le 6 janvier. Durée : 1h37

Synopsis
Ce grand gaillard de Brian n'a pas de chance: il est poursuivi par un clochard qui veut le bastonner sans aucune raison. A part ça, c'est un charmant jeune homme, célibataire, vendeur de lits, qui n'a qu'une idée en tête: adopter un bébé chinois.
Quand ses amis viennent le voir, ils s'allongent sur les lits et parfois s'y endorment. C'est le cas de Harriet dont il tombe amoureux, bien que son père soit un sacré morceau à convaincre.

Critique
On le voit, Matt Aselton cultive le bizarre, l'inopiné, l'inexpliqué et a fait ses maîtres des surréalistes Bunuel, David Lynch et Godard. Il n'a que faire du passé et de l'avenir de ses personnages, en particulier de ce bébé qui finit par arriver, adorable et fêté par les deux familles, mais dont l'avenir est rien moins qu'incertain.
Qu'importe, il nous faut entrer dans la perspective désinvolte de l'auteur pour savourer sa comédie déjantée sans arrières-pensées
.
A partir de 14 ans

 
LES BARONS de Nabil BEN YADIR
Sortie le 20 janvier. Durée : 1h50

Synopsis
Ils se sont eux-mêmes intitulés "les barons", quatre copains d'un quartier populaire de Bruxelles qui se font une gloire d'être des glandeurs. Ils passent beaucoup de temps au lit, se racontent des blagues qui ne font rire qu'eux, ont acheté à huit une BMW qui ne quitte guère le quartier.
Le réalisateur explique dans une interview que, d'ordinaire, les films sur ce que l'on appelle pudiquement "les quartiers" mettent l'accent sur la délinquance, la drogue, la violence. Lui a voulu faire une comédie, utilisant une observation fine de ses congénères de culture maghrébine.
Les barons, décrétant que l'on vit dans un système basé sur le rendement, ne veulent pas en être: ils se considèrent au-dessus de ces méprisables objectifs dont la glande les préserve. Ce faisant, ils sont improductifs et ne s'amusent pas plus que çà. Leur quartier qu'ils ne quittent guère, est leur territoire, à la fois rassurant et enfermant.
Malika, elle, a intégré le système en faisant des études et en devenant journaliste. Pour cela, elle est un peu brocardée mais surtout jalousée. Elle est surtout convoitée par Hassan qui, lui aussi va s'intégrer au système en devenant chauffeur d'autobus, en attendant de pouvoir monter sur les planches. C'est aussi Malika qui essaiera d'extirper chez son frère les préjugés de sa culture arabe désuète et rejoindra Hassan dans sa quête de libération.

Critique
Suivons les barons dans leur intégration en sachant que, si leurs vannes ne font pas rire, c'est intentionnel! Un film pas tout à fait réussi mais juste dans sa description de ce petit monde et divertissant…
À partir de 14 ans.

MOTHER de Bong JOON-HO
Sortie le 27 janvier. Durée : 2h09

Synopsis
Voilà une mère dévouée corps et âme à son fils, débile mental.
Do-Joo est souvent en butte aux moqueries et même aux méchancetés du voisinage. Il a été mis au défi par un copain de coucher avec une fille, ce qui le plonge dans l'anxiété. Il peut même être violent pour prouver sa virilité, mais au moindre problème, il fait appel à maman qui accourt. Une lycéenne est retrouvée assassinée dans le village et les soupçons se portent sur Do-Joon car certains indices montrent qu'il était sur le lieu du crime ce soir-là. Il est incarcéré, mais sa mère va reprendre l'enquête pas à pas et minutieusement pour trouver des preuves de l'innocence de son fils. Cette mère est admirable, mais pas exemplaire.
Car ce garçon aurait dû être éduqué pour se faire sa place dans un monde hostile plutôt que d'être objet de vénération pour sa mère.

Critique
Pourtant, devant cet amour absolu et débordant, cet acharnement à vouloir sauver son enfant, on ne peut que la trouver sublime, d'autant plus que l'actrice coréenne est excellente. Un grand film d'amour.
À partir de 14 ans.

CHAQUE JOUR EST UNE FÊTE de Dina EL-HORR
Sortie le 27 janvier. Durée : 1h22

Synopsis
La Fête dont parle le titre n'est vraiment pas le lot de ces femmes qui prennent l'autobus à Beyrouth, pour se rendre à la prison des hommes, à trois heures de route de là. Trois d'entre elles nous seront plus familières, notamment la jeune mariée. L'autobus sera la cible de tirs qui tueront le chauffeur, laissant les femmes en plein désert, sans savoir quelle direction prendre. Elles vont errer à la recherche de sauveteurs, elles trouveront un transporteur de poules, mais qui ne les mènera nulle part. Les trois du début s'en tireront, à force de détermination, sans s’affliger de leur sort, ni de la disparition de leurs rêves.Cette fable illustre l'histoire du Liban; indépendant depuis 1943, décrit alors dans les guides touristiques comme un exemple d'harmonisation pacifique entre ses diverses religions, il verra éclater en 1975 une guerre civile relayée par d'autres guerres perpétuellement renouvelées. Les Libanais vivent dans un monde incertain, toujours menaçant, en attendant un "miracle".

Critique
Un film parfois étrange, mêlant la réalité à des fantasmes vite évanouis Avec des héroïnes dures qui ne s'autorisent le sentimental que parcimonieusement.


À partir de 14 ans.

 
UNE EXECUTION ORDINAIRE de Marc DUGAIN
Sortie le 3 février. Durée : 1h45

Synopsis
Moscou 1952. Anna est très éprise de son mari dont elle voudrait un enfant. Médecin, elle exerce dans un hôpital où elle soulage les patients de leurs douleurs par des passes magnétiques.
Le stalinisme bat son plein : tout le monde dénonce tout le monde ou menace de le faire. Chacun peut subir une arrestation sans en connaître la cause et Anna n'échappe pas à cette crainte.
Un soir, deux messieurs en chapeau viennent la chercher et l'emmènent dans une pièce où l'attend un homme âgé qui lui demande de calmer ses douleurs par le magnétisme. Anna s'exécute sans manifester sa surprise en reconnaissant... Staline.
Etre ainsi distinguée par l'homme du pouvoir suprême pourrait être extrêmement flatteur et source de bienfaits. Il n'en sera rien, car Staline a dit un jour : "J'ai supprimé tous ceux qui m'étaient indispensables. Depuis, ils ont prouvé qu'ils ne l'étaient pas".
Anna sera sauvée par le gong, si l'on peut dire.
Mais cette histoire, même si elle n'est pas authentique, illustre la psychologie de certains puissants de ce monde, qui perçoivent, comme une infériorité insupportable le fait d'avoir besoin de quelqu'un.
Qui pourrait croire qu'André Dussolier ressemble à Staline ? C'est pourtant lui!

À partir de 14 ans.

 

Décembre 2009
 
MOOMIN, LA FOLLE AVENTURE DE L'ETE de Maria LINDBERG
Sortie le 11 Novembre. Durée : 1h14

Synopsis
Moomin est le nom du petit troll qui hantait la maison de sa dessinatrice finlandaise.
Elle lui a donné ensuite un papa, une maman et une petite soeur, Mademoiselle Snorork et des aventures multiples qui, depuis 1945, ont captivé des enfants de tous pays. Aujourd'hui, les Moomin arrivent en France par le cinéma.
La famille Moomin habite paisible au bord d'une mer pourvue d'un volcan. Quand celui-ci se réveille, les eaux montent et inondent leur maison. Ils emménagent alors dans une autre maison qui flottait par là. Par la suite, les enfants Moomin, installés dans des arbres, perdront leurs parents emportés par la crue et qui se mettront à la recherche de leurs enfants. Et d'autres aventures interviendront pour les Moomin et leur ami SnufKin qui se fait le pourfendeur des interdictions en brûlant les panneaux adéquats aux feux de la Saint-Jean.
Critique
C'est un dessin animé bien conçu pour les tout-petits.Le thème de la maison, que l'on perd et que l'on retrouve, le thème de l’eau, du parc où l'on va jouer, de la maison dans les arbres qui assure la liberté mais fait perdre la protection des parents, le petit déjeuner omni-présent sont des sujets familiers aux très jeunes enfants qui y trouveront leur bonheur. Cette réalisatrice connaît vraiment les intérêts des tout-petits et a su les utiliser avec talent.

A partir de 3 ans

 
CAPITALISM : A LOVE STORY de Michaël MOORE
Sortie le 25 novembre. Durée : 2h

Synopsis
Michael Moore avait commencé d'enquêter sur les ravages du capitalisme bien avant la crise. En survenant, celle-ci a apporté des tonnes d'eau à son moulin.
Le film commence avec des expulsions de gens chassés de leur logement que, ruinés par la crise, ils ne peuvent plus payer. Les exemples fourmillent de gens ordinaires, de la classe moyenne, dont la vie a été ravagée. Michael va chercher des explications à Washington et trouve là des banquiers qui se sont enrichis scandaleusement et dont il cite les noms, et des hommes politiques complices. Il fait référence au Président Roosevelt qui avait des projets très précis pour instaurer plus de justice en Amérique dès la fin de la guerre. Mais il est mort avant et ses idées sont restées lettre morte.

Critique
Comme toujours, Michael Moore est brillant et convainquant avec quelques traits d'humour provocateur, comme d'entourer une banque avec ce ruban jaune que la police, aux Etats-Unis utilise pour délimiter une scène de crime !
À partir de 13 ans.

NOISE de Henry BEAN
Sortie le 25 novembre. Durée : 1h30

Synopsis
David Owen est exaspéré par le bruit qui règne à New-York: moteurs, clacksons, avertisseurs de recul, et, par dessus tout, par ces alarmes de voitures qui se déclenchent sans raison et n'en finissent pas de hurler. A force de souffrir du bruit, David passe à l'action : il casse une vitre pour débrancher l'engin, ce qui constitue un délit. La première fois qu'il comparait, le juge se montre clément. Mais lorsqu'il récidive, il va en prison. Prenant le nom de "Rectificateur", il commence à faire des adeptes. Pourtant, il risque de perdre sa famille, car sa femme n'accepte pas sa mise hors la loi. Les arguments de David sont forts: "On m'accuse d'agression contre la propriété privée qu'est une voiture, mais les bruits qui s'en dégagent sont une agression contre le sommeil, la tranquillité, la concentration de milliers de citoyens désarmés."
Bref, ce "Rectificateur" est un chevalier blanc qui, luttant pour notre sérénité, ose les actes répréhensibles dont tout le monde a tellement envie, mais que l'on n'ose pas par peur des représailles.

Critique
C'est un film roboratif, qui nous fait prendre conscience de notre passivité contre une plaie de notre temps devant laquelle on a si peu de remèdes.
À partir de 15 ans.

R.A.S NUCLEAIRE de Alain de HALLEUX
Sortie le 09 décembre. Durée : 58 mn

Synopsis
La France, qui n'a pas de pétrole, a choisi l'énergie nucléaire. Certains s'en sont félicités lors des crises pétrolières, mais ce choix a aussi suscité des manifestations hostiles, parfois violentes, notamment après Tchernobyl.
L'objectif du réalisateur est autre : il a voulu aller voir les gens qui travaillent dans les centrales, recueillir leurs témoignages, s'informer de la sécurité. L'on apprend que EDF a perdu de vue sa mission de service public pour devenir une entreprise capitaliste comme les autres et qu'elle est passée du "risque zéro" au "risque calculé". Les contrôles de sécurité sont confiés à des sous traitants parce qu'ils coûtent moins chers et que, s'il survient un problème grave, la responsabilité ne sera pas celle d'EDF, mais pourra leur être attribuée. Les techniciens chargés des contrôles sont soumis à des pressions pour signer le document "rien à signaler" parce que les responsables ne veulent pas d'ennuis et cherchent leur tranquillité.
Cet abandon de la notion de service public au profit de la rentabilité, dans le nucléaire comme ailleurs est grave et mérite une réaction citoyenne. Un tel film a le mérite de nous alerter. D'autant plus qu'il est intelligent et mobilisateur.
À partir de 14 ans.

 
HUACHO de Alejandro FERNANDES ALMENDRAS
Sortie le 9 décembre. Durée : 1h29

Synopsis
C'est le premier long métrage de ce réalisateur né dans le sud du Chili et qui est retourné dans sa région pour y filmer la vie quotidienne d'une famille paysanne comme la sienne. Le réveil du gamin pour aller à l'école, la confection des fromages que la mère va vendre sur une route où les clients marchandent le prix, le garçon à l'école où le maître donne aux élèves un travail surprenant, le grand-père qui raconte des histoires de sa jeunesse que tout le monde connaît déjà etc..
Ces gens sont pauvres, mais pas misérables, ils sont exclus de la mondialisation qui devrait leur apporter plus de confort, mais ils vivent leur vie sans se plaindre, avec une certaine sérénité et l'on sent, derrière ce portrait tout simple, les souvenirs d'enfance qui affluent avec un peu de nostalgie chez le réalisateur.
La pauvreté ici n'est pas pittoresque, mais le film apparaît sincère et on l'aime malgré quelques longueurs.
À partir de 12 ans.

 
OSCAR ET LA DAME ROSE de Eric Emmanuel SCHMITT
Sortie le 9 décembre. Durée : 1h45

Synopsis
Quand le maître entre dans la classe, il s'aperçoit qu'on lui a ménagé des farces. "Qui est-ce?" demande-t-il. Et c'est Oscar à la jolie frimousse éveillée qui se dénonce. Mais il n'aura pas de punition, car cette classe est située dans un hôpital où l'on soigne des enfants très malades. La dame rose, Oscar la rencontre par hasard : c'est une catcheuse mal embouchée, mais elle va s'attacher à l'enfant, le visiter, le distraire avec le récit imagé de ses combats de catch et l'accompagner jusqu'à sa mort.

Critique
Cette histoire fut un roman du grand écrivain avant d'être un film du cinéaste débutant E.E. Schmitt. Contrairement à toute attente, le livre a remporté un grand succès, y compris auprès des enfants, malgré son sujet bouleversant. La mort, pour les enfants est un fait virtuel: ils la rencontrent à tout bout de champ dans leurs jeux vidéo, mais ça ne compte pas. Dans la réalité, ils la repoussent au grand âge, elle ne les concerne pas de près. Pourtant, l'on sait que dans les hôpitaux comme celui d'Oscar, les enfants gravement atteints ne sont pas tristes et envisagent leur propre mort avec une certaine sérénité, désolés seulement à l'idée du désespoir de leurs parents.
Soit, mais les autres enfants ? Ne sont-ils pas traumatisés quand un ami, un frère disparaît ? Et même s'ils ont aimé le récit, en est-il de même du spectacle?
Ce sont les questions que se poseront les parents avant d'emmener leurs enfants voir le film.
Age variable selon le jugement des parents

LE DERNIER VOL de Karim DRIDI
Sortie le 16 décembre. Durée : 1h34

Synopsis
Nous sommes au Sahara français en 1933. Un des pionniers de l'aviation s'est abîmé dans le désert et son amie, aviatrice elle aussi, atterrit près d'un poste militaire français, espérant trouver de l'aide dans sa recherche de l'aviateur perdu. Mais le capitaine est en conflit avec les Touaregs et refuse son concours. Seul, un jeune lieutenant, qui avait pactisé avec les Touaregs et n'approuve pas les décisions de son chef, ira jusqu'à déserter pour accompagner Marie dans sa quête.

Critique
On assiste à un western français d'avant guerre, avec le lieutenant ami des Indiens (pardon des Touaregs) et son chef hostile qui veut la guerre. On est subjugué par les étendues onduleuses de ce désert sans fin à l'époque où c'était vraiment un désert sans espoir de secours. C'est un beau film d'aventure avec le spectacle magnifique de ces étendues de sable à l'infini, des caravanes de chameaux sur l'horizon, d'un amour désespéré voué à la mort.
À partir de 16 ans.

CONTES DE L'AGE D'OR
Sortie le 30 décembre. Durée : 1h20

Synopsis
L'âge d'or évoqué ici, par dérision, est celui de la dictature de Ceaucescu…
Quatre légendes de l'époque, imaginées et tournées par quatre réalisateurs roumains différents.
- La Visite Officielle raconte, comme son nom l'indique, l'arrivée d'un membre du Parti dans un village reculé. Tout le monde s'affaire à nettoyer, décorer, préparer et peaufiner les particularismes de l'accueil dans cette région. Mais le grand ponte est précédé par une commission chargée de tout vérifier auparavant. Ceux-là essaieront les divertissements à leurs risques et périls.
- L'Activiste zélé est chargé d'éradiquer l'analphabétisme dans un village, mais il aura toutes les peines du monde à convaincre les villageois des bienfaits de l'éducation.
- Le Policier avide, dans une période où les gens ont faim, reçoit d'un parent un cochon vivant pour festoyer à Noël. Pas question de l'égorger, car les cris ameuteraient les voisins, jaloux et avides. Il faut trouver un autre moyen.
- Le photographe Officiel est pris à parti à propos de la photo de la visite de Giscard d'Estaing en première page du quotidien du Parti.

Critique
Ces légendes se veulent comiques, bien entendu, mais il est affligeant de voir tous ces valets du Parti petits ou importants, se précipiter pour obéir à ces ordres ridicules, suivis de contre-ordres aussi stupides et qui n'ont qu'une formule à la bouche: "A vos ordres".
On est un peu revigoré par la première légende, où les villageois ont trouvé une vengeance de leur cru.
À partir de 12 ans.


Novembre 2009
 
LE CONCERT de Radu MILHAILEANU
Sortie le 4 Novembre. Durée : 2h

Synopsis
Il y a trente ans, l'orchestre du Bolchoï était prestigieux et son chef, Andrei Filipov connu des mélomanes du monde entier. Mais, considéré par Brejnev comme un "ennemi du peuple", Andrei a vu son orchestre interdit et lui-même réduit à la condition d'homme de ménage. Un jour, en nettoyant un bureau, il reçoit un fax invitant l'orchestre du Bolchoï à se produire à Paris, au Théâtre du Châtelet.
Il est alors saisi d'un espoir fou et habité d'un projet insensé : reconstituer l'orchestre et répondre à l'invitation. Avec son ami Sacha, les voilà qui sillonnent le pays pour retrouver les anciens musiciens condamnés à de petits boulots pour survivre et plus ou moins clochardisés. Les conditions du contrat sont négociées dans un français désuet par l'ami Ivan qui a en tête une image de Paris qui date d'avant la guerre. .
Contre toute attente, le projet réussit, mais les Russes, lâchés dans Paris, se conduisent comme des potaches et donnent des sueurs froides à Andrei qui doit tout de même diriger son concert. Cela finira en triomphe, mais on aura eu peur....

Critique
C'est un film énorme!
Enorme la farce de la première partie du film qui décrit tout le complot, puis la recherche de ces grands concertistes déchus, mais pleins d'enthousiasme et de ressources. Farce encore que le choc des cultures à l'arrivée à Paris. L'étonnement rebondit sans cesse par la richesse des trouvailles comiques..
Puis arrive la note sentimentale (ah! l'âme slave) avec le rappel de la persécution des juifs par Brejnev, cause de la disgrâce d'Andrei. Enorme enfin par l'hommage à la musique : il faut voir avec quelle fougue est joué et filmé le Concerto pour violon de Tchaïkovski. C'est trop, c'est magnifique et l'on en sort transporté de plaisir.
À partir de 12 ans

 
LA GRANDE VIE de Emmanuel SALINGER
Sortie le 4 novembre. Durée : 1h35
Synopsis
Grégoire est professeur de philosophie à Saint-Etienne. Engagé dans une association de défense des expulsés, il est invité à participer à Paris à une émission de débats. Il fait alors la connaissance de Patrick, l'animateur de l'émission. Patrick, lui qui a tout, la notoriété, l'amour, l'argent 'est pourtant pas satisfait de sa vie. Grégoire, avec sa philosophie et ses références à Socrate réussira-t-il à lui apporter la sagesse? C'est le sujet de ce film insolite qui rappelle la nouvelle popularité de la philosophie dans les cafés branchés.
À partir de 15 ans.
AU LOIN DES VILLAGES de Olivier ZUCHUAT
Sortie le 11 novembre. Durée : 1h17
Synopsis
Trois milles personnes, victimes de la guerre du Darfour se sont réfugiées dans une plaine à l'est du Tchad et y ont créé un camp où elles essaient de survivre après la destruction de leurs villages.
L'on assiste à de longs monologues racontant leur guerre, à un palabre concernant un mariage, à un enterrement, aux commentaires d'un enfant sur ses dessins de guerre etc... Le film raconte la vie de ce qui reste de l'ethnie Dajo, après la guerre.
À partir de 15 ans.
LA RELIGIEUSE PORTUGAISE de Eugène GREEN
Sortie le 11 novembre. Durée : 2h07.

Synopsis
Une jeune Française arrive à Lisbonne et entreprend de découvrir la ville. Elle rencontre un petit garçon et veut savoir son nom, sa vie, son histoire. Il en sera de même pour ses autres rencontres, avide, semble-t-elle de s'approprier la ville et ses habitants. Et puis, il y a le fado, poème en musique qui chante souvent les amours trahis. Julie est actrice, elle est venue à Lisbonne pour y tourner un film où elle incarne une religieuse portugaise.
Il existe une vraie religieuse portugaise qui passe ses nuits dans la chapelle du couvent et acceptera de parler avec Julie lorsque celle-ci la découvre.
Ses propos sont empreints d'une spiritualité difficile à pénétrer, mais Julie y discerne que cette femme a accédé à la joie et peut lui délivrer un secret, le secret de la vie.
Un film prenant, poétique hiératique pourrait-on dire, où la ville joue un rôle capital ainsi que son fado déchirant.
À partir de 15 ans.

 
PLUIE DU DIABLE de Philippe COSSON
Sortie le 18 novembre. Durée : 1h26

Synopsis
Depuis quarante ans, période de la guerre du Viet-Nam, le Laos est couvert de bombes non explosées, les bombes à sous-munition. Elles n'explosent pas quand elles sont larguées, peuvent rester très longtemps sur le sol et n'éclater que si on les touche.
Elles ressemblent à des balles en métal et attirent les enfants qui jouent avec et en meurent...ou restent handicapés. Elles polluent un pays comme le Laos en empêchant la culture de vastes régions, mais aussi dans de nombreux autres pays. Ces bombes ont été larguées surtout par les Américains dans les pays en guerre, mais aussi par leurs alliés.

Critique
Philippe Cosson, après une longue enquête, se demande qui est responsable, les militaires, les politiques ou les fabricants d'armes qui engrangent des bénéfices colossaux. Différents traités ont interdit la fabrication de cette arme, mais il faut aussi nettoyer les pays pollués, une tâche gigantesque.
"Handicap International" s'y emploie. A soutenir.
À partir de 12 ans.

 
HADEWIJCH de Bruno DUMONT
Sortie le 25 novembre. Durée : 1h45

Synopsis
Cette jeune novice se mortifie beaucoup, la mère supérieure la trouve trop exaltée et la renvoie du couvent. Céline, rendue à la vie civile ne renonce pas à son aventure mystique, mais connaîtra aussi l'amour humain.

Critique
Bruno Dumont a emprunté le titre de son film et le nom de son héroïne à une poétesse mystique flamande du XII° siècle. Toutes deux aiment Dieu d'un amour absolu qui les transporte. Le réalisateur déclare qu'il y a une proximité entre le cinéma et la mystique mais que celle-ci ne peut se comprendre : c'est un ravissement.
Un film pour les curieux de l'amour mystique et des visions mystiques de Bruno Dumont.
Adultes seuls.

LA FAMILLE WOLBERG de Axelle ROPERT
Sortie le 2 décembre. Durée : 1h22

Synopsis
Simon Wolberg est un pater-familias à l'ancienne mode. Il voue à sa famille un amour démesuré et solennel et entend être payé de retour. Maire de sa petite ville du Sud-Ouest, il tient des discours grandiloquents dont on ne sait s'ils sont bien adaptés à leur objectif ou s'il ne fait qu'y déployer son humour juif. Sa femme n'a pas un sens aussi radical de l'harmonie familiale et sa fille le tourne volontiers en dérision, mais on aime et respecte le "personnage".

Critique
C'est justement un personnage tout à fait original dans le cinéma d'aujourd'hui et Axelle Ropert a construit autour de lui et de cette famille une histoire pleine d'intelligence et d'inattendu. "J'aime quand on ne sait pas si c'est l'humour ou l'angoisse qui meut quelqu'un et quand cette personne entretient soigneusement l'ambigüité" déclare la réalisatrice. C'est ce qui fait le charme de son film.
À partir de 14 ans.

BAZAR de Patricia PLATTNER
Sortie le 2 décembre. Durée : 1h43

Synopsis
Chineuse acharnée, Gabrielle est patronne du Bazar, magasin d'antiquités. Expulsée de son commerce par voie d'huissier, Gabrielle broie du noir. Mais Fred, le jeune déménageur de sa boutique, lui plaît bien et ils deviennent amants. Scandale pour la fille et les amis de Gabrielle qui lui servent l'argument attendu en pareil cas: "Mais il pourrait être ton fils!". Elle n'en a cure et cette liaison connaîtra bien des soubresauts, non seulement par la différence d'âge, mais aussi de milieu et de culture, Gabrielle essayant de se persuader que Fred est un artiste qui s'ignore, et lui, refusant de fréquenter les marchands d'art.

Critique
C'est un film attachant car cette histoire est racontée sans amertume, chacun profitant des instants de bonheur qui lui sont offerts, tout en les sachant fragiles et fugitifs. Et l'on a le plaisir de retrouver Bernadette Lafont, aussi pétillante qu'au temps de la "Nouvelle Vague".
À partir de 14 ans.


Octobre 2009
 
JE SUIS HEUREUX QUE MA MERE SOIT VIVANTE de Claude MILLER
Sortie le 30 septembre. Durée : 1h50

Synopsis
Thomas est un enfant adopté. Les flash-backs nous le montrent lorsqu'il vivait encore chez sa mère, avec son petit frère dont il prenait grand soin, comme s'il voulait compenser le délaissement d'une mère adolescente qui laissait souvent seuls ses bébés. Abandonné à 4 ans, il trouve une famille adoptive aimante et solide. Mais Thomas reste taraudé par le désir de retrouver sa vraie mère. Devenu adolescent, il la repère enfin et se rend chez elle plein d'hésitations. Entre temps, Julie s'est mariée, puis séparée et a eu un autre enfant, Frédéric. Désormais, Thomas vient souvent, à l'insu de ses parents adoptifs, et s'occupe beaucoup de son nouveau petit frère qui l'adore. Sa mère le reçoit comme si rien ne s'était passé, tant il est difficile de se parler de choses aussi graves. Lui voue à sa mère un amour-haine qui prend toute la place et ne lui laisse pas le loisir de nouer une idylle avec la fille de son âge qui lui plaît pourtant.
Et un jour, au milieu de sa double vie, survient le drame.

Critique
Claude Miller et son fils ont dû beaucoup lire et observer pour avoir saisi avec tant de justesse le comportement d'un enfant abandonné.La soif d'amour, qui le fait se cramponner au cou de sa mère adoptive la première fois qu'il la voit, mais aussi les rejets violents lorsqu'on lui fait des reproches, par peur d'être à nouveau abandonné, la tendresse pour les plus petits qui eux, ne déçoivent pas comme les adultes et mille détails tellement vrais qui serrent le coeur. C'est un film magnifique.
A conseiller aux parents adoptifs pour les réconforter (Thomas appelle maman et papa ses parents adoptifs alors qu'il vouvoie sa vraie mère). A conseiller à tous les parents qui, comme le dit Claude Miller "gèrent l'avenir de leurs enfants et sont gérés par eux". Et à conseiller à tous ceux qui aiment le cinéma lorsqu'il offre un film d'une qualité exceptionnelle.

À partir de 14 ans.

 
ULTIMATUM de Alain TASMA
Sortie le 30 septembre. Durée : 1h41
Synopsis
En décembre 90, l'ONU envoyait un ultimatum à Saddam Hussein pour qu'il évacue le Koweit. Saddam menaçait alors Israël d'envoyer des Scuds chargés d'armes chimiques et bactériologiques.
C'est la peur engendrée à Jérusalem par ces menaces que raconte le film à travers divers personnages : Nathanaël, un jeune peintre français, Luisa, sa compagne, une franco-italienne dont le couple vit en pleine tourmente,Tamarar, prête à accoucher, Victor (Michel Boujenah) et sa femme, inquiets pour leurs enfants, et tout ce petit monde doit s'affubler de masques à gaz ridicules. Comme dit un chauffeur de taxi « Quand il y a la guerre, les hommes vont à la guerre, ici, ils s'enferment dans les chambres étanches avec les femmes". Bref, une drôle de guerre et néanmoins dangereuse.

À partir de 14 ans.
VICTOR de Thomas GILOU
Sortie le 7 octobre. Durée : 1h35
Synopsis
Alice, stagiaire à la rédaction d'un magazine people a un jour une idée de génie. Son vieux voisin, solitaire et dépressif, pourquoi ne pas le faire adopter par une famille, grâce à un concours lancé par son journal?
L'idée sourit au Directeur qui propose le concours assorti d'une somme rondelette pour la famille "adoptante".
Justement, Guillaume et Sylvie ont des problèmes d'argent que l'arrivée du papy résoudrait peut-être. Sylvie est nutritionniste, végétarienne et adepte de la vie saine. Victor l'exaspère avec ses cigarettes et sa répugnance pour les galettes de riz. Mais il a fait la conquête des enfants et de Guillaume qui, grâce à lui va oser desserrer l'étau des principes écolos.

Critique
Thomas Gilou fait de Victor un personnage un peu filou sur les bords.
Ce n'était pas nécessaire car, s'il épanouit cette famille étriquée, elle aussi le fait sortir de sa dépression en stimulant son intelligence et son dynamisme.
Le film célèbre donc la solidarité avec les vieux, ce qui était l'intention de l'auteur, mais démontre aussi que leur humour et leur entrain peuvent se communiquer, au bénéfice de gens de tous les âges.
À partir de 12 ans.

LA DANSE de Frédérick WISEMAN
Sortie le 7 octobre. Durée : 2h38.
Synopsis
Cet Américain, célèbre pour ses films documentaires s'est intéressé en 2008 au Ballet de l'Opéra de Paris.
Il nous montre tout, les coulisses, les costumes, les accessoires, le maquillage, la coiffure, les préoccupations de la directrice et de l'administrateur, mais surtout, la DANSE dans tous ses états.
La danse en apprentissage, en répétition, avec les commentaires des chorégraphes et maîtres de ballet et la danse sur scène, dans sa magnificence.

Critique
Et l'on parcourt tous les genres, du ballet le plus classique au plus audacieux, au plus acrobatique, celui qui parle de l'amour et du chagrin d'amour, celui qui suggère la peur, la haine, le meurtre et le malheur et celui qui ne symbolise rien que le pur bonheur d'un beau corps qui se déploie, de la perfection du geste et de l'attitude. Un spectacle somptueux.
À partir de 12 ans.

 
MILAREPA de Neten CHOKLING
Sortie le 7 octobre. Durée : 1h30

Synopsis
L'histoire se passe au Bhoutan, petit pays coincé entre l'Inde et le Tibet.
Un riche marchand meurt en confiant sa femme, ses enfants et ses biens à son frère. Mais celui-ci s'approprie la fortune vouant sa belle-famille à la misère.
La mère, ne songeant qu'à la vengeance, envoie son fils, Milarepa étudier la magie noire. Celui-ci, revenu au village, provoque de gigantesques éboulements qui détruisent une partie du village et la famille de son oncle.
Sa mère est ravie, mais lui reste rongé par le remords. Il se rend chez un vieux moine bouddhiste qui lui enseigne la sagesse.

Critique
Le spectateur reste subjugué par la hauteur spirituelle du propos, mais aussi par la beauté sublime des images

À partir de 12 ans.

 
MERES ET FILLES de Julie LOPES - CURVAL
Sortie le 7 octobre. Durée : 1h45
Synopsis
Audrey revient chez ses parents après une longue absence. Comme elle ne s'entend pas bien avec sa mère, Martine, elle décide de s'installer dans l'ancienne maison de ses grands-parents. La grand-mère avait, en son temps, provoqué un scandale en quittant son foyer et ses deux jeunes enfants sans crier gare et sans plus donner de nouvelles.
Or, par hasard, Audrey trouve un cahier où cette grand-mère inscrivait des recettes de cuisine et quelques considérations sur sa vie. D'où il ressort qu'elle aimait ses enfants mais aurait voulu être plus indépendante de son mari. Martine, sa fille, a conquis une certaine indépendance puisqu'elle est médecin.
Audrey, quant à elle est libérée, mais sa liberté est plutôt source d'angoisse.
Elle a un ami qu'elle n'est pas sûre d'aimer ni d'en faire le père de son enfant.

Critique
La réalisatrice a voulu aborder le sort des femmes de trois générations en rapport avec leur place dans la société : Louise, la sacrifiée, Martine, la bien arrimée, et Audrey, la plus incertaine à force de ne dépendre que d'elle-même..
Les femmes ont gagné leur indépendance, mais il leur faut davantage de maturité.
À partir de 14 ans.

MADEMOISELLE CHAMBON de Stéphane BRIZE
Sortie le 14 octobre. Durée : 1h41
Synopsis
Jean et sa femme ont bien du mal à aider leur fils pour son devoir de grammaire : leurs souvenirs scolaires sont lointains et incertains et le livre ne donne que des explications fort absconses.
Mais l'institutrice est sympathique et, lorsqu'elle demande à Jean de venir parler à la classe de son métier, comme cela se fait souvent, il accepte pour rendre service.
Jamais il n'aurait pensé qu'expliquer son métier de maçon à des enfants les intéresserait et susciterait tant de questions inattendues. Il se sent enrichi d'une valeur qu'il ne soupçonnait pas et la magicienne, c'est Mademoiselle Chambon. Dans le droit fil de cette assomption, il va aussi découvrir la musique en l'écoutant jouer du violon et un bouleversement sentimental qu'il n'avait pas prévu.

Critique
C'est une histoire toute simple, avec un réalisateur attentif à l'authenticité psychologique et des comédiens sachant exprimer la moindre émotion, ce qui fait du film une réussite.
Finit-il bien ou mal? Au choix selon l'idée que l'on se fait du bonheur.
À partir de 14 ans.

LES DEUX MOUSTIQUES de Janik HASTRUP & Flemming QUIST
Sortie le 14 octobre. Durée : 1h17
Synopsis
On assiste à la naissance des moustiques dans un étang. A peine né, l'un d'eux, Armstrong trouve un vélo et décide de faire le tour du monde : il devient un cyclo-moustique. Nina est une ballerine moustique et réunit de temps en temps son orchestre qui la fait danser.
Ils rencontrent des fourmis noires qui vont perdre leur reine et les aideront à faire éclore l'oeuf d'une nouvelle princesse, la reine des abeilles et celle des fourmis rouges qui veulent toutes deux que Nina apprenne à danser à leurs filles et traverseront bien d'autres aventures encore.

Critique
Ce dessin animé danois est particulièrement joli : un dessin délicat, des couleurs merveilleusement choisies qui s'harmonisent ensemble (les couleurs sont souvent laides et mal assorties dans les dessins animés).

Les personnages insectes sont connus des tout-petits qui les observent à la campagne et l'esthétique est soignée, ce à quoi certains parents sont très attachés. A signaler : beaucoup de personnages n'agissent que sur l'ordre d'une reine, argument à utiliser pour se faire obéir par la maman, reine du foyer.
À partir de 3 ans.

Juin 2009
 
QUELQUE CHOSE A TE DIRE de Cécile TELERMAN
Sortie le 27 mai. Durée : 1h40.
C'est une histoire de famille, mais d'une famille de cinéma". Donc ne cherchons pas d'interprétation pseudo-psychanalytique du comportement des personnages, bien que le film tente un peu de nous pousser dans cette direction. Laissons-nous plutôt aller à notre plaisir de suivre les aventures compliquées et souvent comiques de cette tribu.
Les parents sont bourgeois: mère snob, à la soixantaine radieuse, père patron d’usine à la retraite, fils aîné incapable de gérer son commerce de riz, fille peintre qui peint des horreurs, autre fille infirmière qui pratique les tarots pour influencer les destinées. Et il y a aussi un flic romantique (ils le sont souvent au cinéma!). Imaginez dans cette famille un imbroglio d'amours et de haines alimentés par un lourd secret.
Le film est émaillé de plaisanteries bien parisiennes et néanmoins drolatiques ce qui fait que, malgré les conflits violents et les désillusions, il laisse une impression de légèreté. Grâce à un scénario travaillé et divertissant.
À partir de 14 ans.
 
ALIKER de Guy DESLAURIERS
Sortie le 3 juin. Durée : 1h50.
En Martinique en 1920, un petit groupe de militants communistes veut en finir avec l'oppression des pauvres Noirs par les riches patrons d'usines et les fonctionnaires coloniaux corrompus. Ils veulent créer des syndicats et fondent un journal dont ils confient la direction à André Aliker. Celui-ci fait d'une feuille de chou qui existait déjà un vrai journal avec enquêtes, dénonciations des abus et soutien aux luttes ouvrières.
Le journal est un triomphe, il est distribué jusque dans les campagnes et on se l'arrache. Mais Aliker dérange trop de monde Deux fois, il sera enlevé et rossé par des inconnus et, en 1934, son corps ligoté et sans vie sera rejeté par la mer sur une plage.
Le film rend hommage à ce pionnier de la résistance à l'oppression, pionnier aussi d'un journalisme moderne dont on n'a jamais retrouvé les assassins encore à ce jour.
Malgré une réalisation maladroite, due peut-être aux difficultés du tournage le film rappelle le sacrifice d'un homme courageux qui , en son temps,a fait avancer les droits de l'homme. dans les anciennes colonies.
À partir de 14 ans.
DANCING GIRLS de Darren GRANT
Sortie le 10 juin. Durée : 1h29.
Laurynt habite une petite ville de l'Indiana où elle travaille avec son frère dans leur garage, mais elle rêve de devenir danseuse.A Chicago, elle échoue à l'examen d'entrée de la prestigieuse Académie de Danse et se retrouve comptable dans une boîte de nuit.
Lorsque l'une des danseuses tombe malade,, elle peut enfin donner un aperçu de son talent. L'histoire n'est guère originale, mais le film nous conduit dans les clubs de Chicago où chaque danseuse choisit ses musiques et sa chorégraphie dans un style alliant le burlesque américain, le théâtre et le strip-tease.
Un spectacle sensuel mais jamais vulgaire, un film glamour pour l'été.
À partir de 12 ans.
 
BOOGIE de Radu MUNTEAN
Sortie le 17 juin. Durée : 1h42.
Bogdan, surnommé Boogie (le modèle américain est toujours vivace en Roumanie) passe une journée de congé au bord de la mer avec sa jeune femme et son petit garçon. Cerf-volant, château de sable et baignade rapide, c'est un moment de bonheur simple après une semaine harassante. Mais voila qu'apparaissent de vieux amis de lycée qu'il n'avait plus rencontrés depuis des années. Sa femme rentre coucher le petit et lui se laisse entraîner à faire la fête avec les copains ressurgis. La fête avec les copains? On boit pas mal, mais ça ne décolle pas vraiment et, après les vieux souvenirs, on parle boulot. L'arrivée d'une fille complaisante appelée par l'un des compères qui l'offre à Bogdan ne le séduit pas. Malgré l'alcool, il connaît ses limites. Et puis, cette fête n'est pas aussi jouissive que prévu et Boogie rentre au bercail avec l'idée de mettre entre parenthèses cette bouffée d'adolescence et de réserver son bonheur d'adulte et de père, finalement plus convaincant.
Un film dont la justesse psychologique enchante.
À partir de 14 ans.
 
LES BEAUX GOSSES de Riad SATTOUF
Sortie le 10 juin. Durée : 1h30
Hervé est en 3° au collège. Timide, complexé, il n'a pas la cote avec les filles, ce qui le rend hargneux, agressif, odieux avec sa mère (qui, il est vrai, l'exaspère en s'intéressant beaucoup trop à sa sexualité). Et puis? Tout ce qu'on voit habituellement dans ce genre de film: quelques blagues avec les copains, quelques brefs aperçus des cours, quelques tentatives de drague et du sexe à gogo. De préférence exhibitionniste.
Parents, ne pensez pas que vos adolescents sont comme ça. Lisez plutôt la revue L’école des parents (par exemple le N°577-HS Les ados sur Internet) qui vous en dresse un portrait plus nuancé, basé sur des enquêtes.
Ici, il s'agit d'un cinéaste obsédé par le sexe qui prête aux adolescents ses propres obsessions et a réalisé un film comique à leurs dépens.
À partir de 15 ans.
 
LES LASCARS d'Albert PEREIRA-AZZARO et Emmanuel KLOTZ
Sortie le 17 juin. Durée : 1h36.
C'est un film d'animation pour adultes complètement déjanté, l'histoire de deux zozos de banlieue qui veulent partir à la mer mais perdent l'argent et doivent se refaire. Sur un rythme échevelé, du rap désopilant et un graphisme bourré d'imagination.
Entre quinze et vingt-cinq ans, ça fait beaucoup rire !
À partir de 15 ans.
 
AMERIKA de Cherien DABIS
Sortie le 17 juin. Durée : 1h32.
Mouna est une Palestinienne bien en chair et plutôt réjouie, malgré le manque de liberté, la présence constante des militaires, les contrôles d'identité à chaque coin de rue qui sont le lot de son pays. Quand lui est offerte la possibilité d'émigrer aux Etats-Unis où vit déjà sa soeur, elle hésite, car elle aime malgré tout sa terre et son peuple chaleureux, mais son fils Fadi est conquis par le rêve américain.
Arrivés dans l'Illinois, ils sont accueillis à bras ouverts par la soeur et sa famille. Mais les difficultés s'imposent bientôt. Mouna est diplômée et travaillait dans une banque, mais après de multiples recherches, il lui faut e contenter d'un travail plus modeste. Fadi, à son lycée fait profil bas, mais quand les élèves comprennent d'où il vient, alors que la guerre du Golfe bat son plein, il est soupçonné de terrorisme. Et le soupçon atteint aussi son oncle médecin et ses cousines. Violences, graffitis, injures mettent Mouna au désespoir, car elle n'avait pas imaginé que leur arrivée nuise ainsi à sa soeur.
Cette histoire est presque autobiographique pour la réalisatrice. Elle aussi a souffert de problèmes 'identité. Lorsque, à l'aéroport, le douanier demande à Mouna quel est son pays, elle répond: "Aucun", car être arabe de Cisjordanie n'est pas une véritable patrie, ni une identité. C'est ce qu'a voulu montrer Cherien Dabis en ce qui concerne les Palestiniens, en plus des problèmes communs à tous les immigrés.
Objectif atteint, car si le film est démonstratif, ses personnages se rendent sympathiques par leur courage et leur optimisme.
À partir de 14 ans.

Mai 2009
 
SOEUR SOURIRE de Stijn CONINX
Sortie le 29 avril. Durée : 2h.
Qui se souvient encore de Soeur Sourire? Elle eut son heure de gloire comme chanteuse en habit de nonne dans les années 60. Le film raconte son histoire, personnalisée par une Cécile de France rayonnante.
Donc, Jeannine Deckers, née dans une famille de boulangers près de Bruxelles, supporte mal la froideur et l'autoritarisme de sa mère. Adolescente, pour fuir sa famille elle entre au couvent des Dominicaines. Là aussi, elle se rebelle contre la règle, mais on lui laisse sa guitare qui l'aide à accepter la vie monacale. Elle compose la chanson "Dominique" en hommage au fondateur de son ordre, son disque fétiche qui se vendra à des milliers d'exemplaires. Elle donne aussi quelques concerts avec d'autres Soeurs choristes et la bénédiction de l'Église, car elle a sincèrement le désir d'amener les jeunes à la foi par un moyen moderne et festif. Elle quittera le couvent sur un coup de tête pour n'être plus que chanteuse. Mais privée de son look immaculé et de son aura de candeur, elle ne fait plus recette. D'autant qu'elle se mêle de problèmes de société au lieu de ne parler que du Bon Dieu. La vraie Soeur Sourire s'est suicidée, ce qui est très triste car le film rend son personnage attachant par ses rébellions, qui annoncent les bouleversements de 68, son besoin d'amour et sa gaîté candide.
À partir de 12 ans.
 
LE PAYS A L'ENVERS de Sylvaine DAMLPIERRE
Sortie le 29 avril. Durée : 1h30.

La réalisatrice retourne en Guadeloupe pour y retrouver ses racines. Rencontrant un généalogiste, elle apprend qu'il est très difficile à un Guadeloupéen de repérer ses ancêtres, parce que ceux-ci étaient esclaves. Ils n'avaient pas de nom, prenait celui de leur patron ou un prénom que celui-ci leur imposait comme nom de famille et qui n'était pas le leur. On assiste aussi à un concours de jardins créoles et beaucoup de témoignages révèlent l'âme de la Guadeloupe.
Le film est un peu brouillon, mais on est sensible à la démarche de la réalisatrice qui nous livre une Guadeloupe toute autre qu'une destination touristique.
À partir de 12 ans.
 
LA FEMME SANS TÊTE de Lucrécia MARTEL
Sortie le 29 avril. Durée : 1h27.
Vero circule en voiture le long d'un canal quand, soudain, elle heurte quelque chose. Elle s'arrête, mais ne descend pas de voiture pour voir ce qui s'est passé. Après quelque temps, elle avoue à son mari:"J'ai peut-être tué quelqu'un". Ils retournent ensemble sur le lieu de l'accident où ils ne trouvent qu'un chien mort. Tout le monde autour de Vero s'emploie à la rassurer en minimisant l'incident. Elle-même a du mal à faire taire sa culpabilité, mais la vie retrouve son cours paisible. Ça se passe en Argentine et la réalisatrice veut démontrer ceci : nul ne sait si Vero a réellement tué quelqu'un, mais il se noue autour d'elle une complicité de non culpabilité et de réassurance, propre à une bourgeoisie imbue de son excellence.
Lucrecia Martel est connue pour son minimalisme et sa subtilité. Son récit semble lisse en superficie, mais il est parsemé d'indices révélant ces phénomènes de solidarité complice à l'intérieur d'une classe sociale qui "se referme sur elle-même et se pardonne à elle-même" (dixit la réalisatrice). C'est cette même attitude qui a prévalu lors des événements violents qui ont marqué l'époque de la dictature en Argentine.
Une critique toute de discrétion par une réalisatrice élégante et sensible.
À partir de 15 ans.
 
L'ENFANT DE KABOUL de Barmak AKRAM
Sortie le 29 avril. Durée : 1h37.
Khaled, chauffeur de taxi à Kaboul, charge un jour une femme voilée avec un bébé. Après que la femme a quitté le taxi, il s'aperçoit que le bébé est resté sur la banquette arrière. Khaled est honnête et compatissant : il commence par essayer de retrouver la mère, puis de confier l'enfant à un organisme chargé de le placer. Mais tout le monde se défile. Des enfants abandonnés, victimes de la guerre, il en pullule à Kaboul. Khaled le garderait bien ce bébé garçon, lui qui n'a que des filles, mais...trop de problèmes ! Les pérégrinations de Khaled pour se débarrasser du bébé nous entraînent dans la vie quotidienne de Kaboul, où il ne faut pas trop compter sur les organismes officiels, mais plutôt sur sa propre débrouillardise. "Kaboul, dit le réalisateur, un immense tohu-bohu où chacun doit trouver le moyen de sa survie". On y distingue ça et là, l'errance fantomatique de femmes en tchador, que l'on ne peut reconnaître que par un grain de beauté sur la cheville. Khaled se moque d'ailleurs de sa cliente entièrement voilée en lui disant que ce n'est plus la mode. L'on serait tenté de trouver Kaboul et ses Afghans assez proches de nous, si ce n'était le sort réservé aux femmes : voilées ou non, elles n'ont ni identité, ni reconnaissance sociale et même le brave Khaled, bon père avec ses filles, ne reconnaît pas plus d'existence à sa femme qu'à ses meubles. Malgré ce bémol, le film est tonique, pas du tout misérabiliste, parfois drôle, car le réalisateur afghan ne craint pas l'autodérision. Un suspense plein d'imprévus sympathiques.
À partir de 12 ans.
 
JE L'AIMAIS de Zabou BREITMAN
Sortie le 6 mai. Durée : 1h52.
Un soir, Pierre et sa femme voient arriver chez eux Chloé, leur belle-fille, en pleurs, avec ses deux petites filles. Son mari l'a quittée, elle souffre et vient se réfugier chez ses beaux-parents. Pierre propose de l'emmener à leur maison de campagne où il tente de l'apaiser. Puis, la nuit aidant, cet homme peu expansif que Chloé connaît à peine se livre à quelque confidence et finalement lui révèle le secret de sa vie. Lui-même, marié et père de deux enfants, est tombé follement amoureux d'une jeune fille rencontrée à Hong-Kong lors d'un voyage d'affaires. Il devait choisir : vivre avec elle cet amour intense et voyager sans cesse ou rester avec sa famille où sa femme et ses enfants devenus adolescents avaient besoin de lui. Chloé comprend alors ce que ressent un homme qui accède à un nouvel amour alors que sa vie est installée et le met en demeure de prendre des décisions déchirantes.
Un film que l'on ne quitte pas lorsque l'on quitte la salle, tant il est poignant et aussi parce qu'il invite chaque adulte à repenser ses choix de vie. L'on aimait Zabou comédienne, mais elle est surtout une grande réalisatrice.
À partir de 15 ans.
 
PASSEUR D'ESPOIR de Branko SCHMIDT
Sortie le 6 mai. Durée : 1h30.
Mirko est passeur de clandestins pour la mafia locale. Il leur fait traverser la rivière entre la Bosnie et la Croatie. Une nuit, son bateau surchargé chavire et les Chinois qu'il transportait se noient tous, sauf une jeune fille qui, elle, savait nager. Cette femme est un témoin gênant : Mirko commence par lui laisser de la nourriture, puis la prend chez lui, dans sa maison branlante sur la rivière. Bien qu’ils ne se comprennent pas, ils finissent par s'attacher l'un à l'autre. Mais la mafia intervient cruellement et Mirko va devoir libérer sa belle et se venger.
C'est un film noir que l'auteur explique par le sort des anciens combattants de l'ex-Yougoslavie, livrés à eux-mêmes sans aucun avenir et captés par une mafia florissante, née du climat laissé par l'après-guerre. Le film a rencontré un grand succès en Croatie parce que les gens y ont reconnu les problèmes de leur pays.
À partir de 12 ans.
 
COMMIS D'OFFICE de Hannelore CAYRE
Sortie le 6 mai. Durée : 1h28.
Les avocats commis d'office ont la réputation de ne pas se démener beaucoup pour leurs clients parce qu'ils sont mal payés. Mal payés, c'est vrai, mais la commission d'office est le recours de jeunes avocats inconnus que les accusés fortunés n'iront jamais solliciter. Antoine est l'un d'eux, mais il a fait sien et gardé idéal exprimé dans son serment d'accession à la profession. Comme il a du charisme et du talent oratoire, il est remarqué par un collègue, qui, lui, défend les truands pleins de fric et fait sa pelote grâce à eux. Antoine va se laisser embarquer par ce collègue dans un coup foireux qui ne peut que rater. Ça lui servira, in fine à reconquérir son honnêteté.
Mais au passage, la réalisatrice qui est avocate et exerce son métier, fait un sort à une pléiade de lois récentes, trop nombreuses et mal venues qui plombent la vraie justice. Par exemple, la loi sur la récidive, objet de la première brillante plaidoirie de Roschdy Zem qui incarne Antoine. Hannelore Cayre s’attaque, par des exemples, à des pratiques qu'elle nous fait découvrir : corruption de certains juges et certains avocats, détournements des lois au profit des truands, etc.
Un film bien documenté, sans rapport avec les avocats fictifs des séries télévisées, et qui dénonce les médiocrités de notre justice. Bravo à cette avocate devenue réalisatrice de son premier film qui utilise brillamment ses connaissances juridiques pour nous faire vivre au quotidien le sort d'un avocaillon et mettre en lumière les aléas de la justice française dans un film romanesque et palpitant.
À partir de 14 ans.
 
LA SICILIENNE de Marco AMENTA
Sortie le 13 mai. Durée : 1h53.
La petite Sicilienne Rita adore son papa, figure respectée dans son village où il résout les litiges et maintient la paix. Quand celui-ci est assassiné, elle ne pense qu'à le venger. Mais elle apprend par son frère que le père faisait partie de la mafia locale qui l'a liquidé parce qu'il n'était pas d'accord avec le chef. Quand son frère est tué à son tour, Rita passe à l'action. Elle, qui n'avait pas les yeux dans sa poche et tenait un journal, va trouver le procureur de Palerme et lui livre des noms de mafieux de son village. Après vérifications, le procureur comprend qu'il tient un témoin précieux et prend Rita sous sa protection. Il la fait déménager, changer d'identité et se méfier de tout. Et admettre peu à peu que son père et son frère aussi étaient des criminels. Mais, grâce à elle, le petit juge aura réussi à faire ouvrir un procès retentissant.
Le plus frappant dans ce film, le plus émouvant aussi, est qu'il nous fait ressentir avec Rita la peur, la solitude et le désespoir de ce rôle de témoin dressé contre une organisation si puissante et si dénuée de scrupules (cf. Gomorrha). L'histoire de Rita est vraie, sa première entrevue avec le juge a eu lieu en 1991 alors qu'elle n'avait que dix-sept ans. Le film lui est dédié, en hommage à son courage. Un grand film !
À partir de 14 ans.
 
UN MARIAGE DE RÊVE de Stephan ELLIOTT
Sortie le 6 mai. Durée : 1h36.
Le jeune John, fils d'une honorable famille anglaise, s'est épris d'une Américaine excentrique qu'il a épousée et ramène au manoir de ses parents. Ce sont les années 20 et la pudibonderie victorienne subsiste chez sa mère, alors que son père, qui a fait la Grande Guerre, ne se sent plus en phase avec les siens. Lorsque John arrive avec Larita, sa belle-mère la déteste d'emblée et se déroule entre elles une petite guerre de propos piquants. A notre époque où tout le monde a jeté son bonnet par dessus les moulins, ce genre de comique fait mouche à tout coup. D'autant plus que le film est adapté d'une pièce de Noël Coward à l'écriture soignée. Et lorsque le drame pointe son nez, on comprend que l’amour de ces jeunes gens a peu d'avenir.
C'est un très joli film, bien joué, bien costumé, bien écrit; bien mis en scène bref, un petit bijou à voir pour se divertir intelligemment.
À partir de 12 ans.


Avril 2009
 
LA JOURNÉE DE LA JUPE de Jean-Paul LILIENFELD
Sortie le 25 mars. Durée : 1h28
Une prof de français dans un collège de banlieue. Elle essaie en vain de se faire entendre d'élèves qui ricanent, profèrent des injures, et des commentaires stupides. Soudain, tombe d'un sac un pistolet. La prof s'en empare et, désormais maîtresse de la situation, prend ses élèves en otage et leur fait réciter leur leçon sous la menace de l'arme. Naturellement, quand l'affaire s'ébruite, tout le collège est en émoi, le principal appelle la police qui tente de négocier avec la prof pour qu'elle accepte de laisser sortir ses élèves. La tension est extrême, mais on a droit à quelques scènes du plus haut comique: les élèves, couchés par terre pour répondre à des questions sur Molière, la police rampant dans les sous-sols avec les moyens les plus sophistiqués pour assiéger la salle des otages, le principal débordé et lâche, les autres profs compatissants et le policier sentimental chargé de la négociation..
La jupe est un symbole: dans cette banlieue, une fille en jupe est considérée comme une putain et risque le viol collectif. La revendication de la prof tend à libérer les filles de cette dictature machiste. Les élèves découvriront sur le tard que leur prof est elle-même issue de l'immigration, mais qu'elle s'en est sortie grâce à l'école : un exemple à suivre!
C'est l'anti-"Entre les murs", au lieu de gérer l'ingérable, la prof tombe dans l'excès et révèle du même coup qu'enseigner dans ces conditions exige une santé de fer.
« L'école a-t-elle encore un rôle à jouer dans un climat si dégradé ? » se demande l'auteur. Sans doute, avec des profs solides et bien formés alors que c'est justement sur leur formation que l'on cherche à faire des économies.
Un film qui mêle avec audace le tragique et le comique sur une question brûlante et nous permet de revoir Isabelle Adjani dans un rôle plein d'embûches.
À partir de 14 ans.
 
UNE EXPÉRIENCE AFRICAINE de Laurent CHEVALLIER
Sortie le 25 mars. durée : 1h30
Le collège de Marciac dans le Gers était sur le point de fermer quand un principal dynamique a eu l'idée d'y fonder un atelier de musique de jazz. Au début du film, l'on assiste à une répétition des élèves joueurs de divers instruments qui se révèlent d'un excellent niveau. Le réalisateur , qui a tourné plusieurs films avec des musiciens africains et notamment avec Momo Wandel, le doyen du jazz africain, a eu l'idée de faire se rencontrer ces deux publics, le groupe Fôlifö, continuateur de Momo décédé et les jeunes collégiens de Marciac. Les Africains ont été invités à Marciac où ils ont donné un festival très applaudi en jouant avec les élèves.
Et ceux-ci ont été invités à Konakry où ils se sont imprégnés de culture guinéenne (la polygamie, la vénération des anciens: le culte des morts, les repas pris à main nue et les danses échevelées) sans aucun préjugé négatif.
L'on assiste avec plaisir à ces rencontres et à la chaleur de l'accueil mutuel de groupes si dissemblables.
À partir de 11 ans.
NULLE PART TERRE PROMISE d' Emmanuel FINKIEL
Sortie le 1er avril. Durée : 1h35
Le spectateur doit être patient. Ce n'est qu'après un bon bout de temps passé dans le vacarme d'enfer de différents moyens de transport que l'on identifie les trois personnages principaux et le sens de leur voyage à travers l'Europe.
Le Kurde et so fils vont d'est en ouest, vers l'"Eden" de Costa-Gavras. Ce sont des migrants qui se cachent de toutes les polices. Le jeune cadre à lunettes voyage d'ouest en est: il va délocaliser son usine en Hongrie et doit veiller au défilé de camions qui transportent les machines. L’étudiante aussi se dirige vers l'est en filmant les gens pauvres avec sa petite caméra. Disons tout de suite que seul, le jeune cadre aura sa terre promise. Il ya des détails, des repères, des impressions fortes auxquels le spectateur doit appliquer son observation, sa concentration, son intuition, pour dresser une image de l'Europe d'aujourd'hui à travers les déambulations de ces personnages.
C'est un exercice intellectuel fort intéressant, d'autant plus que l'on a à faire à un réalisateur rigoureux et talentueux.
Le film a obtenu le Prix Jean Vigo 2008.
À partir de 15 ans.
COUNTRY TEACHER de Bohdan SLAMA
Sortie le 1er avril. Durée : 1h57
Pourquoi Pietr, professeur dans un lycée de Prague vient-il faire l'instituteur à la campagne? Est-ce pour mieux profiter de la nature, lui qui est biologiste et enseigne à ses élèves que chaque être est unique, même un escargot, qui porte son histoire de vie sur sa coquille ? Malgré les questions que sa venue suscite au village, il est bien reçu, surtout par Marie la fermière qui en tomberait volontiers amoureuse et par son fils, Lada que Pietr aide à faire ses devoirs de maths. Pourtant, une mauvaise action de Pietr va tout gâcher. L'on comprend qu'en République tchèque, on boit sec, mais on n'accepte pas de se laisser corrompre par les gens de la ville. Heureusement, il y a des fermières au grand coeur qui savent pardonner.
Un beau film bucolique et généreux.
À partir de 15 ans.
LES BREBIS FONT DE LA RESISTANCE
de Catherine POZZO DI BORGO

Sortie le 1er avril. Durée : 1h30
Il s'agit du plateau du Larzac. L'auteur rappelle qu'en 1971, le camp militaire voulait s'agrandir en expropriant cent trois familles de paysans. Dans toute la France et même à l'étranger, des comités "Larzac"sont entrés dans la lutte. Et après les événements de 68, beaucoup de jeunes idéalistes ont voulu faire un retour à la terre en s'installant au Larzac. Aujoud'hui, le Larzac, ayant reconquis les terres des paysans est en pleine santé. On y élève de grands troupeaux de brebis dans des fermes modernes où l'on nous fait voir la traite électrique, la naissance des agneaux, leur reconnaissance par leur mère, la fabrication et la vente des fromages etc... Un élevage en plein succès avec des paysans intelligents et compétents, qui renvoie Depardon.à son pessimisme d'un autre âge.
À partir de 14 ans.
ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR
de Gérard BITTON et Michel MUNZ

Sortie le 8 avril. Durée : 1h38
Quel beau titre, si magique et irréalisable et comme l'on aimerait qu'il s'adresse à chacun d'entre nous. Mais le film démontre qu'il n'est pas si facile d'être malhonnête.
Julien est maître d'hôtel dans une grande banque ancienne et respectable. Après dix-sept ans de bons et loyaux services, il espère obtenir de sa banque un prêt conséquent pour ouvrir un restaurant avec un ami, lors de sa retraite qui approche. Mais la banque fait la sourde oreille. Alors, Julien, qui a trouvé un moyen d'écouter ce que fricotent ses patrons dans la pièce à côté, décide d’utilise ce qu’il entend. Les banquiers connaissent à l'avance la situation des entreprises cotées en bourse, ce qui leur permet d'acheter ou vendre leurs actions au bon moment. Cela s'appelle le délit d'initiés.
Julien va se servir des informations captées en douce pour en faire son profit avec l'aide d'un petit conseiller financier d'une banque de quartier. Il sera finalement démasqué par ses patrons, mais il a compris les mécanismes et il est devenu capable de leur tenir la dragée haute. Les auteurs du film pensent que l'on peut faire rire avec l'argent. Ils en donnent l'exemple en dévoilant, à l'occasion, l'une des causes de la crise actuelle. La morale du film pourrait être : mieux vaut que les trafics malhonnêtes profitent à ceux qui ne sont pas riches plutôt qu'à ceux qui le sont déjà.
Une bonne comédie et pleine d'enseignements pour qui cherche à s'enrichir illégalement.
À partir de 15 ans.
 
SOIS SAGE de Juliette GARCIAS
Sortie le 15 avril. Durée : 1h30
Eve est une jeune fille qui livre le pain d'une boulangerie à bord de sa camionnette dans la campagne environnante. Elle parle peu, mais fait parfois allusion à son amoureux qui est artiste. Elle hante la forêt, épiant une grande maison dont les occupants sont un couple et leur bébé. Lorsqu'elle happe l'homme au passage de sa voiture, celui-ci semble gêné, il préfèrerait ne plus la voir. Mais Eve est persévérante et finira par s'introduire dans la maison pour s'occuper du bébé et se rapprocher de l'homme. Quel est donc cet amour si exceptionnel qu'il a créé chez Eve une dépendance dont elle ne peut se libérer? C'est l'amour paternel dévoyé, interdit, criminel qui l'a rendue incapable d'un amour normal pour un garçon de son âge et esclave d(une fixation perverse et destructrice. Pour son premier long-métrage, Juliette Garcias n'a pas choisi la facilité. Elle traite le problème de l'inceste père-fille à l'envers de ce que l'on pourrait attendre, haine et dégoût, de la part de la victime. Ici, au contraire, celle-ci est non seulement consentante, mais en redemande.
Un film dérangeant, très maîtrisé, très épuré.
Adultes seuls.
 
CELLE QUE J'AIME de Elie CHOURAQUI
Sortie le 22 avril. Durée : 1h43
Isabelle est divorcée de Jean dont elle a un fils, Achille, dix ans. Achille est ravi de vivre seul avec sa maman qu'il adore. Mais une menace se profile : Antoine, que sa mère semble aimer et qui veut venir s'installer chez eux. Alors, Achille déclare à Antoine une guerre sans merci. Le mérite du film est de décrire des comportements de parents très courants dans ce type de situation. Antoine essaie de se faire accepter, fût-ce en se ridiculisant, allant même jusqu'à s'accuser d'une grosse bêtise commise par Achille, alors que celui-ci en revendique la responsabilité. C'est renvoyer l'enfant à un statut de gosse inconscient qu'il a raison de refuser. Comme Isabelle et Antoine exhibent volontiers leur tendresse mutuelle, l'enfant se sent d'autant plus exclu que lui-même ne peut dispenser ce type d'amour à sa mère. Et puis Antoine et Jean, les "pères" rivalisent dans la cour qu'ils font à Achille, chacun pour essayer d'être le plus aimé, ce qui donne à l'enfant l'idée d'une alternative possible : quand un père lui déplaît, il en a un autre en réserve qui ne demande qu'à évincer son concurrent ! Achille, lui, rêve de voir ses parents se remettre ensemble, comme tous les enfants de parents séparés. Il pressent que c'est impossible et imagine des stratagèmes comiques pour se débarrasser d'Antoine, mais ce comique ne doit pas masquer au spectateur le désespoir de tout enfant dans cette situation. Il faudra qu'Antoine trouve un moyen intelligent de se faire accepter.
A l'Ecole des parents on ne juge pas le comportement des parents dans la réalité, mais un film de fiction l'autorise et permet de réfléchir afin d'éviter les pièges habituels.Un excellent scénario et, malgré la gravité du sujet, une bonne comédie.
À partir de 14 ans.
 
HUMAINS de Jacques-Olivier MOLON et Pierre-Olivier THEVENIN
Sortie le 22 avril. Durée : 1h27
Un vieux professeur d'anthropologie prépare une expédition dans les Alpes suisses pour vérifier ses théories: il pense que l'homme de Néanderthal a vécu plus longtemps qu'on ne le prétend. Il y emmène son fils et son assistante et une famille rencontrée en route se joindra à leur périple. La montagne est sauvage et pleine de dangers, mille rebondissements vont parsemer leur voyage. Des créatures bizarres se manifestent, mais il y a d'autres malfaisants que les hommes de Néanderthal.
Un film d'aventures, un thriller classique où l'on a très peur mais où les têtes d'affiche sauvent leur peau.
À partir de 12 ans.
LE SECRET DE LILY OWENS de Gina PRINCE-BYTHEWOOD
Sortie le 22 avril. Durée : 1h50
Alors que ses parents se disputent violemment, Lily, quatre ans, s'empare d'un pistolet et tue accidentellement sa mère qu'elle aimait. C'est la première scène du film (et non une indiscrétion du critique !). A quatorze ans, toujours hantée par sa culpabilité, elle s'enfuit de chez ce père qui la maltraite avec sa nounou noire. Toutes deux trouvent refuge chez trois soeurs noires qui élèvent des abeilles. Là, Lily trouve paix et amour et apprend l'apiculture Elle apprendra aussi des détails sur ce passé douloureux qui la poursuit et verra du coup son tourment allégé Tiré d'un roman à succès, le film se déroule dans les années cinquante, quand les noirs revendiquaient les droits civils.
Un agréable mélodrame sur fond de racisme tourné dans le sud des Etats-unis.
À partir de 13 ans.
ROMAINE PAR MOINS TRENTE de Agnès OBADIA
Sortie le 29 avril. Durée : 1h25
Justin, le fiancé de Romaine décide qu'ils vont aller tous les deux s'installer au Canada pour y élever une meute de chiens de traîneaux. Bien que peu emballée, Romane accepte de prendre l'avion avec lui. Dans l'avion, elle surprend une conversation de l'hôtesse de l'air qui laisse à penser que l'avion va s"écraser. Romaine, affolée veut faire à son compagnon un dernier aveu avant de mourir. De là découlent toutes les surprenantes aventures qu'elle va endurer au Canada car, bien entendu, l'avion est arrivé à bon port. Les surprenantes aventures, ce sont: la perte de Justin, de ses papiers, de son argent, un mariage, un accident de voiture dans la neige qui suscite la naissance d'un bébé, et bien d'autres encore. La réalisatrice s'est attachée à un portrait de femme qui revendique son autonomie, mais ne sait pas dire non aux décisions que l'on prend pour elle. Elle est capable de se lancer dans les aventures les plus fantasques qui finissent généralement mal et de rebondir à chaque fois. C'est un personnage à la fois burlesque et touchant. Et les "moins trente" au Canada, nous les goûtons avec Romaine !
À partir de 15 ans.


Mars 2009
 
COCAÏNE COW BOYS de Billy CORBEN
Sortie le 25 février 2009. Durée : 1h456
C'est l'histoire vraie de l'arrivée de la cocaïne aux Etats-unis dans les années 70-80. Jon Roberts, maintenant sorti de prison raconte les débuts: la cocaïne produite en Colombie arrivait facilement par bateau au sud de Miami car les côtes à l'époque n'étaient pas surveillées .Puis, l'étau s'est resserré et il a fallu l'astuce de Munday, l'ingénieur pour trouver des stratagèmes propres à déjouer la police. Les trafiquants engrangeaient alors des millions, voire des milliards de dollars qu'ils investissaient en voitures de luxe, villas, night-clubs etc... Par la suite la guerre des gangs a fait de Miami la "capitale des meurtres". La Colombienne Griselda Blanco, une femme cruelle et sans scrupules régnait alors sur la pègre et n'hésitait pas à tuer. Mais, au final, la ville de Miami a profité de la manne d'argent de la drogue pour son expansion. Ceci est un résumé très succinct de ce film foisonnant où les anciens trafiquants témoignent avec fierté de leurs exploits sans jamais s'interroger sur les ravages que leurs trafics ont pu causer à la santé de leurs concitoyens.
Un film où les témoignages et les images défilent à la vitesse d'une mitraillette, mais qui nous laissent fascinés par l'ampleur d'une entreprise mafieuse. qui n'est pas du tout jugulée de nos jours.
À partir de 14 ans.
 
PELLEAS ET MELISANDE de Philippe BEZIAT
Sortie le 4 mars. Durée : 1h48
Le prince Golaud s'est perdu dans la forêt. Il y découvre une jeune fille en pleurs qu'il ramène à son palais où règne son père aveugle et l’épouse. Son jeune frère Pelleas s'éprend de Mélisande qui l'aime aussi. Golaud, fou de jalousie tue Pelléas et blesse Mélisande qui mourra en donnant le jour à une petite fille. Tel est l'argument du seul opéra composé par Debussy qui fut joué à Moscou pour la première fois en 2007. Le réalisateur a filmé des extraits de répétitions, des commentaires de participants et de longues scènes de la représentation. Tous s'accordent à dire que cet opéra ne ressemble à aucun autre et que l'on subit l'envoûtement de la musique et de la poésie de Maeterlinck. Et, comme le dit un des chanteurs "c'est de la bonne musique!"
À partir de 15 ans (s'ils sont musiciens)
 
DELTA de Kornel MUNDRUCZO
Sortie le 4 mars. Durée : 1h32
Un homme revient au pays où il retrouve sa mère et une jeune soeur qu'il n'a pas connue. Le frère et la soeur décident de se construire une maison en bois sur pilotis au milieu du fleuve. L'affaire tourne très mal le jour où ils invitent à un repas les gens du village. L'auteur s'évertue à nous persuader du fait que la cohabitation du frère avec sa soeur provoque l'hostilité des villageois parla réprobation de l'inceste présumé. Mais le récit fait plutôt penser à une vulgaire jalousie envers leur entreprise de construction inhabituelle et aussi parce que les garçons du pays se sentent évincés par la jeune fille. L'attrait du film réside surtout dans les magnifiques images aquatiques, à la fois sauvages et caressantes du delta du Danube et de cette maison étonnante au milieu de nulle part.
À partir de 15 ans.
 
MY BROTHER'S WEDDING de Charles BURNETT
Sortie le 4 mars. Durée : 1h20

A Watts, quartier noir au sud de Los Angeles, Pierce vit et travaille avec ses parents dans la laverie familiale. Tout le monde se connaît dans ce quartier chaleureux et Pierce y est bien vu car il rend souvent service. Son frère avocat va épouser une fille riche et l'on prépare le mariage en grande pompe. Mais le jour du mariage ont lieu les obsèques d'un ami de Pierce qui s'est fait tuer à sa sotie de prison.. Alors que Pierce n'a que mépris pour la belle-famille arrogante de son frère, et qu'il voit son devoir plutôt du côté du cimetière, il lui faudra choisir. L'alternative ainsi présentée illustre le sort des gens de couleur dans cette banlieue où certains jeunes ne voyaient pas la nécessité d'étudier car peu d'entre eux dépassaient vingt-et-un ans à cause de la criminalité ambiante, mais où, pour d'autres fonctionnait quand même l'ascenseur social
Le réalisateur a vécu sa jeunesse à Watts et connaît bien ces familles où la mère aimante était gardienne de la morale, mais sortait un revolver de sa cachette avant d'ouvrir à un inconnu.
À partir de 14 ans.

 
LAST CHANCE FOR LOVE de Joël HOPKINS
Sortie le 4 mars. Durée : 1h33
Harvey traverse une mauvaise passe, son job dans la pub risque de lui échapper. C'est pourquoi, quand il se rend à Londres pour le mariage de sa fille, il compte y rester peu de temps et reprendre son avion sans tarder pour s'occuper de ses affaires..
D'autant plus que sa fille veut se faire conduire à l'autel, non par lui, mais par son beau-père, le brillant Brian, nouveau compagnon de sa mère. A l'aéroport, esseulé, déprimé, il trouve au bar une jeune femme qu'il avait déjà croisée brièvement. Elle aussi se sent seule et pas très en forme. Mais pas question de céder aux avances de Harvey. Pourtant, lorsqu'il lui raconte qu'il a déserté le mariage de sa fille, elle insiste pour qu'il y retourne et accepte même de l'accompagner. La présence de Kate à ses côtés fait profiter Harvey d'un accueil un peu plus chaleureux qoe la première fois, et, surtout lui donne le courage, en un toast émouvant, de revendiquer sa place de père et de reconquérir l'amour de sa fille. Conquérir Kate sera une autre affaire, car s'engager en amour sur le tard demande des garanties pour ne pas risquer de souffrir d'un nouvel abandon.
Un film romantique sur les amours tardives avec deux gloires de l'écran, Dustin Hoffman et Emma Thomson et un jeune réalisateur qui n'en croyait pas ses yeux d'avoir de telles vedettes à diriger.
À partir de 14 ans.
 

WELCOME de Philippe LIORET
Sortie le 11 mars. Durée : 1h50

Bilal est un jeune Kurde qui veut aller en Angleterre retrouver la fille qu'il aime et veut épouser. Mais, arrivé à Calais, il rencontre les centaines de réfugiés dans son cas qui restent exposés à la misère et à l’exclusion, car l'accès de l'Angleterre est interdit aux clandestins. On assiste aux tentatives de Bilal avec des passeurs, notamment dans un camion où il faut garder un sac en plastique sur la tête pour échapper au contrôle de CO2. Tentative avortée. Bilal fréquente alors la piscine municipale en demandant au maître-nageur des cours de crawl. Celui-ci comprend que Bilal cherche à gagner l'Angleterre à la nage et se prend d'amitié pour le garçon qu'il invite chez lui, s'exposant à des ennuis car il est interdit d'aider des sans-papiers. Les associations humanitaires de Calais connaissent et nourrissent ces centaines de migrants obnubilés par leur espoir fou de passer en Angleterre, alors que si peu réussissent. Ils nous font partager leur compassion. Mais Bilal est un autre type de migrant: c'est le preux chevalier qui brave tous les dangers pour l'amour de sa belle et, du coup, son entreprise devient mythique. Un très beau film généreux et spectaculaire.
À partir de 12 ans.
 
FAR NORTH de Asif KAPADIA
Sortie le 10 mars. Durée : 1h29
"Très loin au Nord, dans le cercle polaire, le pays des nuits interminables, vivaient deux femmes" C'est la première phrase de la nouvelle qui a inspiré le film. Saiva, dès sa naissance, a été déclarée maudite par un chaman et expulsée de sa tribu Aussi habite-t-elle avec sa fille adoptive une tente dans la solitude désolée du Grand Nord où elles espèrent être en sécurité. L'on voit Saiva tuer et dépecer ses proies sans faiblir pour assurer leur subsistance. Jusqu'au jour où apparaît dans leur vie un soldat déserteur de ceux qui ont massacré la tribu de Saiva. L'arrivée de cet homme va déclencher entre les deux femmes une certaine rivalité.
C'est une histoire étrange et mystérieuse dont l'attrait réside surtout dans la splendeur de ces paysages glacés noyés de brume, abandonnés de toute vie et pourtant si beaux.
Adultes seuls.
 
LITTLE NEW-YORK de James DEMONACO
Sortie le 25 mars. Durée : 1h45
Trois personnages: un mafieux qui veut étendre son pouvoir, un jeune ouvrier qui veut faire de son futur enfant un génie et un vieil épicier sourd-muet qui joue aux courses depuis des années sans jamais gagner. Tous les trois avec le même objectif: l'argent.
Chacun d'eux est surprenant le vieux par la nature de son travail pour la Mafia, le jeune par sa découverte d'un système inédit et coûteux qui rend les bébés intelligents, le mafieux par sa conversion subite et spectaculaire à l'écologie. Dommage que la fin soit un peu convenue, alors que l'originalité des personnages titillait notre curiosité. Il faut dire que ces trois-là sont citoyens de Staten Island, un quartier de New-York situé sur une île en face de Manhattan. Staten Island est, paraît-il, déconsidéré parce qu'il fut et reste un repaire de la Mafia.
Little New-York se différencie des autres films de mafiosi par des trouvailles bien venues et une désinvolture souvent comique.
À partir de 14 ans.
 
LA PREMIÈRE ÉTOILE de Lucien JEAN-BAPTISTE
Sortie le 25 mars. Durée : 1h30
Jean-Gabriel est un père de famille antillais qui fréquente davantage les bars de Créteil que les lieux de travail. Un jour de bonne humeur, il annonce à ses enfants qu'il va les emmener au ski, alors qu'il n'a pas un sou vaillant. Sa femme, exaspérée par ses promesses non tenues menace de le quitter. Il va lui falloir faire des pieds et des mains, trouver toutes sortes d'expédients farfelus pour arriver à ses fins. Il emmène même sa mère à la place de sa femme ! L'épopée familiale connaît son lot de problèmes, panne, chutes, obligation de se partager les skis faute d'argent pour les locations et de triomphes, telle la première étoile du petit Ludo et le succès de la jeune Manon dans un concours de chansons. A l'heure où les Antilles attirent l'attention sur un autre registre, l'auteur en donne une image ultra-classique: la mère, chaleureuse, autoritaire et patronne de la famille, l'homme glandeur, infantile et irresponsable, et l'ensemble, toujours prêt à rire et à chanter. Comme Lucien Jean-Baptiste est lui-même Antillais, on ne saurait le lui reprocher, d'autant qu'il a réussi une comédie populaire et sympathique.
À partir de 8 ans.
 
LE CHIHUAHUA DE BEVERLEY HILLS de Raja GOSNELL (Disney)
Sortie le 25 mars. Durée : 1h32
Un chihuahua est un petit chien avec de grandes oreilles et des yeux globuleux. Chloë est une délicieuse chihuahua de luxe avec les oreilles et le nez roses et des parures ridicules que lui dispense sa riche maîtresse. Celle-ci partant en voyage confie Chloë à sa nièce, une tête-en-l'air qui fait une virée au Mexique où elle perd Chloë. La pauvrette erre loin des fastes de Beverley Hills et se trouve aux prises avec un organisateur de combats de chiens qui veut l'opposer à l'horrible Diablo, un gros chien noir et sanguinaire. Heureusement, Delgado, le berger allemand l'aide à fuir et la protègera lors de ses futures aventures jusqu'à lui faire réintégrer ses pénates saine et sauve et retrouver le chien du jardinier qui lui faisait la cour. Le petit reproche que l'on peut faire au scénariste est d'avoir voulu corser l'intrigue à la fin, en y introduisant trop de complications (les enfants ont besoin d'histoires simples) et deux personnages virtuels, le rat et l'iguane, inutiles au récit, alors que les vrais chiens suffisent à nous enchanter.
Il faut admirer travail des dresseurs qui réussissent à rendre les chiens expressifs jusque dans leur regard.
Un très joli film qui divertira aussi bien les parent que leurs enfants
À partir de 4 ans.


Février 2009
 
LA VAGUE de Dennis GANSEL
Sortie le 4 février 2009. Durée : 1h48.
Ces lycéens allemands en ont assez qu'on leur parle du nazisme: c'est de l'histoire ancienne, ça ne peut plus se passer aujourd'hui ! Leur professeur leur propose alors une expérience dans leur classe sur "comment s'installe l'autocratie et comment elle prospère". Il commence par imposer une discipline stricte, agrémentée de conseils hygiéniques: respirer à fond, se tenir droit. Puis il donne corps à la communauté-classe en leur donnant des responsabilités de groupe et en leur désignant un ennemi commun: la classe d'en-dessous. Vient alors l'uniforme, une chemise blanche pour tous. Et quand Karo arrive en rouge, elle se fait huer.
Les élèves adhèrent tellement bien qu'ils proposent eux-mêmes les ingrédients suivants: le salut, le logo qu'ils vont taguer dans toute la ville, puis ils se mettent à harceler les déviants. Finalement, ils en redemandent et refusent que l'expérience se termine comme prévu. Jusqu'au drame final, le professeur ayant été débordé par sa démonstration sur la naissance du fascisme.
Ce phénomène n'est pas exclusivement allemand, un professeur américain ayant réellement instauré une expérience assez semblable avec la même flambée d'adhésion: ( lire "La Vague" de Todd Strasser, traduit en français, 16,90 euros)
Un film coup de poing, dans le sens positif du terme, parce qu'il fait réfléchir sur la fragilité humaine devant l'endoctrinement et la manipulation. Remarquable!
À partir de 14 ans.
 
PUISQUE NOUS SOMMES NES
de Jean-Pierre DURET et Andréa SANTANA

Sortie le 4 février. Durée : 1h30.
Ca se passe au Nordeste, la région la plus déshéritée du Brésil. Les réalisateurs, qui ont passé six mois sur place, nous invitent à suivre l'existence et les pensées de deux gamins de 13 et 14 ans, Nego et Cocada. Tous deux hantent une énorme station-service où transitent les camions, avant de reprendre le trafic intense qui les conduira à Sao- Paulo. Cocada veut devenir chauffeur routier, comme son protecteur. Il dort dans une cabine de camion car son père a été assassiné et sa mère ne veut plus de lui
Nego, lui, a neuf frères et soeurs et rêve de partir pour gagner de l'argent. Mais il a une mère qui l'aime et voudrait qu'il aille à l'école. Cette mère-courage reste désarçonnée quand sa fille lui pose une question sur les hommes: elle qui a eu neuf maris, sait-elle ce qu'est l'amour ? Quant aux gamins, leurs propos sur leur vie future est d'une étonnante authenticité. Même s'ils travaillent dur dès maintenant pour des gains dérisoires,, ils refusent le vol et la mendicité. Ils inventent un scénario pour se faire donner gentiment un vrai travail, car pour eux, le travail reste la vertu cardinale.
Leur énergie dans l'espoir d'une vie meilleure sauve le film du désespoir.
À partir de 14 ans.
 

PICNIC de Adrian SITARU
Sortie le 4 février. Durée : 1h24.

Il paraît Mihail et Mina vont à la campagne un dimanche pour y pic-niquer. C'est elle qui conduit car son amant n'a pas le permis. Mais il ne cesse de la harceler sur sa façon de conduire. A force de tension et de chamailleries, elle renverse une jeune femme sur une route isolée. Faut-il la conduire à l'hôpital ou faire comme si de rien n'était? Finalement, ils couchent la femme inanimée dans leur voiture, et, arrivés dans la forêt où ils l'ont débarquée, elle se réveille toute guillerette et se présente, Ana, puis demande à les accompagner à leur pique-nique. Babillant ingénuement, elle jette le trouble entre les deux amants: a-t-elle été accidentée ou non? Veut-elle séduire Mihai, qui pêche consciencieusement, et le souffler à Mina ou est-ce celle-ci qu'elle convoite? Et que vient faire cet homme rencontré par hasard au bord de la rivière et qu'elle dit connaître depuis longtemps ? Quel rôle joue donc cette fille bizarre, manipulatrice et perverse ? Le réalisateur ne donne aucune explication, mais l'on peut supposer qu'Ana sert de catalyseur entre les deux autres, pour les pousser à des relations plus sereines et plus sincères. Quoique énigmatique, ce film étrange est plaisant par son atmosphère bucolique et la licence d'interprétation qu'il laisse au spectateur.
À partir de 15 ans.
 
 
EDEN A L'OUEST de COSTA-GAVRAS
Sortie le 11 février. Durée : 1h50.
Elias est un clandestin qui essaie de rejoindre l'Europe de l'ouest sur un "Boat-People". L'arrivée se révélant hasardeuse, il se jette à la mer pour éviter le pire. Il débarque sur la plage d'un club ultra chic où on le prend pour un membre du personnel et où une blonde cliente lui prodigue ses faveurs. Mais la chance tourne et Elias doit affronter des aventures semées de policiers inquiétants avant d'arriver à Paris où un magicien de rencontre lui a donné rendez-vous. Beaucoup de gens ont cherché à l'aider, d'autres à l'escroquer ou à l'exploiter. Costa-Gavras compare l'épopée d'Elias avec celle d'Ulysse. Pourtant Ulysse avait quitté Ithaque, dont il était roi, pour aller à la guerre et non chassé par la misére ou les persécutions. La comparaison vaut pour le personnage: comme Ulysse, Elias est beau, intelligent, débrouillard, adaptable à toutes les situations. Il cherche à apprendre la langue du pays qu'il convoite, il pourra s'intégrer sans problèmes. Comme Ulysse aussi, il affronte des situations inattendues mystérieuses, indéchiffrables que seule son astuce peut décrypter et résoudre. Comparé à l'Odyssée, le périple d'Elias est magnifié. Il devient une errance plutôt qu'une fuite. Mais si l'Eden de l'Ouest n'est, pour l'immigrant actuel qu'un rêve de beauté et de vie facile, il risque de le décevoir, comme pour ce compatriote d'Elias qui a expérimenté l'exclusion sans espoir des sans-papiers et préfère rentrer au pays.
Costa-Gavras nous avait habitués à des films plus austères, celui-ci n'est pas dénué d'humour et nous séduit par sa diversité, son invention et, comme toujours, par sa remarquable réalisation .Un film magnifique.
À partir de 12 ans
 
LA PETITE FILLE DE LA TERRE NOIRE de JEON SOO-IL
Sortie le 11 février. Durée : 1h29.
Cette fillette Young-lim, vit avec son père et son grand frère attardé mental dans un pauvre village coréen. Elle soigne et surveille son frère , qui s'enfuit parfois de la maison pour faire des bêtises, comme une petite maman . Le père travaille à la mine de charbon, mais, atteint d'une maladie professionnelle, il perd son emploi. Sa fille l'aime et cherche à l'aider, mais il sombre dans l'alcoolisme et devient une loque. Young-lim, toujours décidée, va donc régler les problèmes familiaux à son idée. Naturellement, on ne peut rester insensible aux aspects documentaires du film, la vieille mine, l'absence de protection sanitaire et sociale des mineurs, les maisons délabrées etc... Il y a encore beaucoup à faire en Corée. Mais le plus intéressant est ce portrait d'enfant "parentalisé" qui existe parfois dans les familles où les parents sont défaillants: ceux-ci se sentent tellement responsables de toute la famille qu'ils en oublient leur statut d'enfant et l'insouciance qui devrait l'accompagner.
Un beau film tragique éclairé par uun visage d'enfant.
À partir de 14 ans.
 
LE CODE A CHANGE de Danèle THOMSON
Sortie le 18 février. Durée : 1h40.
Ils se retrouvent tous les 21 juin, fête de la musique, pour dîner ensemble. Certains sont avocats, médecins, et se confient mutuellement leurs maladies et leurs divorces. Le dîner lui-même scintille de traits d'esprit, de plaisanteries osées, de fausses confidences, de révélations inattendues. on est gais, car on est aussi en représentation. On garde par-devers soi, ses chagrins, ses aversions, ses rancunes, ses doutes, ses désirs inavoués. Aller bien est entre eux une forme de politesse et même uune injonction sociale. Mais, grâce au film, le spectateur, lui, connaît le revers des médailles. Privilège exquis! De 21 juin en 21 juin, les choses changent, à l'intérieur du groupe, des couples se dé-composent et se re-composent. On a l'impression d'un jeu un peu pervers et de peu de gravité entre ces amis qui se connaissent si bien et n'ont pas conscience des dégâts qu'ils commettent. Pourtant, Danièle Thomson aime que la morale soit sauve, que la fidélité perdure, que les unions se cimentent, même si elles paraissent improbables, comme celle de la jolie Juliette avec son loup de mer décati, et que la grossesse raccommode les couples Son objectif, dit-elle, est de tenir le spectateur entre un éclat de rire et une émotion. Objectif atteint, on a l'impression d'appartenir à ce groupe, d'être avec eux sur l'écran, ce sont nos amis proches ,On les reverra le prochain 21 juin.
C'est un film brillantissime, au scénario travaillé, à la réalisation parfaite, l' un de ceux qu'il ne faut pas manquer si on veut garder le moral. Avec une "pléiade de vedettes"!
À partir de 15 ans.

 

AU DIABLE STALINE, VIVE LES MARIES de Horatiuu MALAELE
Sortie le 18 février. Durée : 1h27.

En 1953, les Russes ont rasé un village roumain pour y construire une usine. Une équipe de cinéastes reconstitue l'histoire. Dans ce village isolé, un groupe de vieux ivrognes passent leurs journées à emplir le bar de leurs rigolades en se lançant des vannes. Ils apprennent un jour que Ana et Iancu, les enfants de deux des leurs ont décidé de se marier. Tout le village se met à préparer une fête à tout casser. Mais alors que les tables sont dressées dans la cour et que le cortège de la noce revient de l'église, un officier russe vient annoncer la mort de Staline et l'interdiction immédiate de toute festivité. Plutôt que d'obéir, les villageois malins rentrent tout dans la maison et décident de faire la fête silencieusement. Les braillards s'astreignent à manger et boire en silence, on applaudit en silence les mariés qui dansent en silence. L'histoire finira tragiquement, mais auparavant le spectateur aura partagé la bonne humeur iinaltéable de ces paysans et admiré leur trouvaille énorme de résistance passive à l'occupant.
Un film à la Kusturika, déchaîné et truculent.
À partir de 15 ans.
 
 
HERBE de Matthieu LEVAIN et Olivier PORTE
Sortie le 18 février. Durée : 1h16.
Au début de ce documentaire, un paysan breton cueille des herbes dans sa prairie et nous désigne celles qui sont à supprimer car les vaches ne les mangent pas. Nous sommes au coeur du problème posé par le film. Car cet éleveur et d'autres autonomes ont choisi de nourrir leurs vaches uniquement avec l'herbe de leurs prairies alors que les partisans du productivisme y ajoutent du maïs, cultivé, donc consommateur d'énergie et du soja importé du Brésil. Il faut naturellement aux herbagers une gestion intelligente et rationnelle de la prairie, mais il existe des formations dispensées par leurs groupements. Et ces éleveurs ont moins de travail et les mêmes rendements financiers que les autres. Alors pourquoi perpétuer l'ancien système? Parce que les subventions vont à ceux qui coûtent plus cher à la collectivité et polluent davantage. On a donc à faire à une politique absurde parce qu'il y a des lobbies à ménager.
Un film extrêmement intéressant, aussi bien pour les consommateurs que pour les producteurs 14 ans (film à projeter dans les lycées agricoles).
À partir de 15 ans.
 
NOISE de Henry BEAN
Sortie le 25 février. Durée : 1h30.
David Owen est exaspéré par le bruit qui règne à New-York: moteurs, claksons, avertisseurs de recul, et, par-dessus tout ces alarmes de voitures qui se déclenchent sans raison et n'en finissent pas de hurler. A force de souffrir du bruit, David passe à l'action: il casse une vitre pour débrancher l'engin, ce qui est un délit .La première fois qu'il comparaît, le juge se montre clément. Mais lorsqu'il récidive, il va en prison. Il a pris le nom populaire de "Rectificateur" et commence à faire des adeptes. Pourtant, il risque de perdre sa famille car sa femme n'accepte pas sa mise hors la loi. Les arguments de David sont forts: "On m'accuse d'agression contre la propriété privée qu'est une voiture, mais les bruits qui s'en dégagent sont une agression contre le sommeil, la tranquillité, la concentration de milliers de citoyens désarmés." Bref, ce "Rectificateur" est un chevalier blanc qui, luttant pour notre sérénité, ose les actes répréhensibles dont tout le monde a tellement envie, mais que l'on n'ose pas par peur des représailles.
C'est un film roboratif, qui nous fait prendre conscience de notre passivité devant une plaie de notre temps contre laquelle on a si peu de remèdes..
À partir de 15 ans.
 
MISS PETTIGREW de Bharat NALLURI
Sortie le 25 février. Durée : 1h32.
Londres en 1939. Miss Pettigrew vient de perdre sa place de gouvernante. Elle est à la rue et mange à la soupe populaire. Elle utilise alors un subterfuge pour pénétrer chez une actrice et se faire embaucher. Sa nouvelle patronne est une ravissante fofolle, tellement courtisée qu'elle dit oui à tous les hommes dont elle ne sait plus comment se dépétrer. Miss pettigrew prend alors les choses en mains, apprend à Delysia à dire non et à découvrir qui l'aime vraiment, et la sauve du ridicule et de l'erreur. Délisia, reconnaissante l'entraîne dans son monde de luxe et d'insouciance malgré la guerre qui est proche et la gouvernante aussi trouvera l'amour et le bonheur. C'est une comédie légère, légère, tellement bien transposée qu'on la croirait tournée au siècle dernier.
À partir de 12 ans.
 
CYPRIEN de David CHARHON
Sortie le 25 février. Durée : 1h38.
Cyprien, c'est Elie Semoun, le loser, le bigleux, l'as de l'informatique et des jeux vidéo, que tout le monde aime bien et dont on se moque gentiment. Ill travaille à la rédaction d'un magazine de mode très branché. A cause d'une machination ourdie traîtreusement par le fils de la patronne (Laurent Stoker, qui joue merveilleusement les têtes à claques), Cyprien perd son emploi. Grâce à son spray magique il se transforme alors en un play-boy irrésistible et revient incognito briguer son emploi resté vacant. Embauché illico, il devient le chouchou de toute la rédaction et gagne le coeur de celle qu'il aimait en silence. On ne rit pas à gorge déployée, mais c'est une agréable comédie.
À partir de 12 ans.