Revue L'école des parents
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Quelques films présentés par Monique L'Hôte

Cette rubrique présente des films pour adultes seuls ou à voir en famille
comme divertissement ou pour amorcer un dialogue familial.
Pour aider les parents, nous indiquons l'âge minimum à partir duquel un film peut être conseillé
ou permis aux enfants.


Juin - juillet 2008

SKATE OR DIE de Miguel COURTOIS
Sortie le 11 juin. Durée non communiquée.
Lorsqu'un cinéaste voit évoluer des skateurs, il lui vient l'envie de les faire jouer dans un film. C'est l'idée qu'a eue Miguel Courtois avec Mickey et Idriss, deux jeunes skateurs bien tranquilles, mais qui vont être spectateurs d'une tuerie qu'ils n'auraient pas dû voir. Ils sont donc poursuivis sans relâche et sans pitié par des hommes armés à la gâchette facile. Évidemment, le skate, lors d'une poursuite est un accessoire bien utile et le spectateur se délecte de leurs prouesses.
Si vous aimez les images glissant à toute allure, les poursuites impitoyables et interminables, accompagnées d'une musique tonitruante, et le skate, c'est que vous êtes jeune et que vous aimerez le film.
À partir de 12 ans.

LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES de NICOLAS ET BRUNO
Sortie le 18 juin. Durée : 1h27
Gilles Gabriel est un chanteur ringard mais animé d'un remarquable punch. Lorsqu'il meurt dans un accident de voiture, il va se loger dans l'esprit de celui qui l'a dégommé, Jean-Christian, l'employé de banque coincé dont il va commenter les faits et gestes, au grand dam du propriétaire desdits faits et gestes. Et puis, il se met à conseiller celui-ci afin d'apporter un peu de glamour à sa vie.C'est drôle, surtout quand Jean-Christian doit faire un exposé au Palais des Congrès sur les différents types de placements bancaires et que Gilles tient à mettre son grain de sel dans la mise en scène.
Mais une bonne idée de départ doit être exploitée jusqu'au bout et l'imagination n'est pas toujours au rendez-vous. Une gentille comédie où l'on eût aimé voir davantage Alain Chabat. Mais il était enfermé dans Daniel Auteuil !
À partir de 12 ans.

DIARY OF THE DEAD de George A. ROMERO
Sortie le 25 juin. Durée : 1h35
La télévision annonce un jour à tout le pays que des morts se sont relevés de leur civière.
Au début, on croit à un second degré car on voit un groupe d'apprentis-cinéastes tournant un film d'horreur avec une momie qui perd ses bandelettes. Mais non, l'auteur se prend au sérieux et les mêmes jeunes tournent ensuite un "documentaire" avec de vrais morts-vivants, des poursuites et des carnages et des images de plus en plus insoutenables.
Il n'est pas souhaitable que les parents laissent voir aux enfants ni aux jeunes adolescents de tels films dont la seule justification est la peur qu'il provoque. Ils ont bien assez de peurs naturelles dans la vie de tous les jours pour que le cinéma leur en offre d'artificielles en surplus.
À partir de 18 ans.

VALSE AVEC BACHIR de Ari FOLMAN
Sortie le 25 juin. Durée : 1h28
Autour de la quarantaine, Ari fait souvent le même cauchemar: une meute de chiens le poursuit sauvagement dans l'obscurité. D'où peut venir ce rêve ?
Ari se souvient alors de sa guerre, celle qu'il a faite dans l'armée israélienne au Liban dans les années 80. On l'envoyait la nuit en éclaireur tuer les chiens d'un village pour éviter que ceux-ci n'avisent les villageois de l'approche des soldats. Mais ses souvenirs de guerre sont rares et lacunaires et il sent alors le besoin de retrouver la mémoire de cette période en allant revoir ses anciens compagnons. Tous ont été traumatisés, mais les épisodes qui remontent à leur mémoire sont parfois anodins, pacifiques ou même comiques. Les souvenirs ont subi un "déplacement" inconscient qui sert à masquer l'horreur de cette période. Se ressouvenir, avec l'aide de ses amis constitue pour Ari une sorte de thérapie. Un documentaire sur des événements passés peut se réaliser grâce à une reconstitution des faits avec des acteurs, à une série de témoignages ou, comme ici par un film d'animation. A condition que les dessinateurs soient pleins de talent, comme c'est le cas dans ce film. Le dessin durcit le trait et fige les situations, mais il donne aussi une fluidité aux rêves et aux faux souvenirs. C'est un procédé original qui ménage la subjectivité, comme ici l'expérience autobiographique du réalisateur. Un film très réussi.
À partir de 13 ans.

MY NAME IS HALLAM FOE de David MACKENZIE
Sortie le 9 juillet. Durée : 1h35
Dans un manoir écossais au bord d'un loch vit Hallam, dix-sept ans, avec son père et sa belle-mère qu'il déteste. Sa mère est morte noyée et elle lui manque énormément. C'est un garçon bizarre, imprévisible, excentrique qui passe son temps à épier les gens, surtout lorsqu'ils font l'amour. Sorti de sa famille, il est embauché dans un grand hôtel où il s'éprend d'une directrice des ressources humaines qui ressemble à sa mère.
Arrivés là, on se demande si le scénariste n'a pas trop lu Freud et son complexe d'Oedipe
Mais qu'importe, Hallam nous est sympathique malgré ses incongruités. Curieux et avide de sexe, comme le sont les adolescents il a pourtant des effarouchements et des reculs attendrissants. C'est son ingénuité qui nous séduit.
À partir de 14 ans.

SOIT JE MEURS, SOIT JE VAIS MIEUX de Laurence FERREIRA BARBOSA
Sortie le 16 juillet. Durée : 1h53
Ils sont restés seuls, Martial, 16 ans, et sa mère, après que le père les ait quittés et ont dû déménager en banlieue. Martial déteste chez sa mère son faux optimisme devant leur nouvelle vie, son manque de maturité et ses tentatives pour lui faire remplacer celui qui l'a abandonnée. La mauvaise humeur du garçon se reporte sur son nouveau lycée où il ne tente guère de nouer des contacts. Pourtant, il est attiré par le mystère des deux jumelles qui ne parlent à personne. Ce sont des caricatures de l'image que se fait des jumeaux le commun des mortels : ressemblance, identité de gestes et de comportements, communication sans paroles... Sans doute flattées de l'intérêt qu'elles inspirent à Martial, elles vont s'ingénier à épaissir leur mystère. L'on se demande sans cesse ce qu'elles vont encore inventer pour le bluffer et l'attirer dans leurs machinations. Jusqu'au jour où elles iront trop loin.
Plutôt qu'un portrait réaliste d'adolescents, c'est un conte où l'on se laisse prendre volontiers par le suspense et l'étrangeté des personnages.
À partir de 13 ans.

LAKE TAHOE de Fernando EIMBCKE
Sortie le 16 juillet. Durée : 1h32
Juan, seize ans, a embouti la voiture de la famille. Trouver un mécanicien dans ce pays désert et peu hospitalier se révèle presque insurmontable. Tout le monde le fait patienter, lui demande des services entre temps, diffère sans cesse le moment de l'aider. Sans se démonter, Juan persévère gentiment et l'on comprend que le dépannage de la voiture n'est pas le sujet le plus important de son errance. Il lui faut fuir une situation intolérable que l'on découvrira par la suite et tout ce que les autres lui proposent pour retarder son départ est bienvenu.
Tourné au Yucatan, mais loin des fastes qu'évoque ce nom magique, dans un triste port sans bateaux, ce film immobile envoûte le spectateur comme savent si bien le faire les Mexicains.
Ne cherchez pas la turbulence ni les rebondissements, c'est un film écrasé de soleil.
À partir de 13 ans.

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE de Rémi BEZANCON
Sortie le 23 juillet. Durée : 1h54
Ces temps-ci, le cinéma aime la famille et Rémi Besançon plus que tout autre. Il nous fait donc entrer chez la famille Duval, les parents, Robert et Marie-Jeanne, deux grands garçons et une blondinette que nous verrons grandir au fil de douze années.
Pour illustrer leur vie, l'auteur a choisi de décrire cinq journées cruciales, consacrées chacune plus particulièrement à l'un des personnages : le jour où Albert, l'aîné, a décidé de quitter la maison familiale, ce qui fait dire à sa mère:"J'ai perdu un enfant !...", le jour où Fleur, la plus jeune, découche pour la première fois et où sa mère, oh ! horreur !, lit son journal intime, le jour où le grand-père décide d'enseigner à Raph, le fils cadet, les subtilités de l'oenologie, le jour où la mère découvre qu'elle vieillit et n'est plus aussi désirable etc..
C'est un mode d'approche original et bien inspiré pour renouveler le genre de la saga. Le film nous fait aimer cette famille et réfléchir à la nôtre en ce qu'elle a pu nous transmettre ou nous aider à trouver notre voie.
Malgré les crises inévitables, c'est un film parcouru par l'amour, dont on sort optimiste et nostalgique du temps où nos parents nous rassuraient par leur seule présence.
À partir de 14 ans.

BALLERINA de Bertrand NORMAND
Sortie le 23 juillet. Durée : 1h17
C'est en Russie que la danse classique est le plus cultivée, le plus regardée, le plus portée à son excellence. C'est pourquoi B. Normand s'y est rendu pour filmer les plus belles, les plus délicates, les plus talentueuses des ballerines : Alina, dès son entrée à l'école de danse où la directrice sélectionne les petites filles : il faut qu'elles aient une petite tête, un long cou et de longues jambes. Alina correspond aux canons et fera son chemin. Ulyana, qui revient difficilement au spectacle après une blessure, Evgenia qui reçoit ses fans après la représentation avec beaucoup de simplicité et de gentillesse et d'autres, devenues étoiles ou anonymes au sein du ballet (ce qui est déjà une preuve de réussite).
L'on voit la difficulté et l'exigence des cours et des répétitions, mais aussi des spectacles sublimes et de magnifiques danseuses. Ce film est un enchantement. A voir absolument si vous aimez la danse.
À partir de 9 ans.


Juin 2008

UNE AFFAIRE DE FAMILLE de Claus DREXEL
Sortie le 4 juin. Durée : 1h30.
C'est une famille ordinaire, un père, ancien joueur de foot, bien amorti, une mère banale, une fille adolescente, mais il va leur arriver des événements peu communs : un incendie dans leur remise, un sac de sport plein d'argent qui se balade, un inspecteur de police un peu trop affectueux et un suspense haletant. On n'a pas l'habitude de voir André Dussolier en voyou légèrement nunuche, ni Miou-Miou en mère de famille popote. Mais tous deux sont impayables dans cette histoire comique, dramatique, incroyable, où toute une famille soi-disant respectable, se trouve embringuée dans un imbroglio plein de surprises.
A voir pour chasser le stress et se divertir intelligemment.
À partir de 12 ans.

SAGAN de DIANE KURYS
Sortie le 11 juin. Durée : 1h57.
Françoise Sagan a disparu en 2004, mais après une vie tumultueuse qui défraya souvent la chronique mondaine plus encore que la chronique littéraire. En 1953, elle écrit en trois semaines "Bonjour tristesse", un joli roman immédiatement publié qui remporte un succès considérable. On n'est pas impunément portée aux nues à 18 ans par le Tout-Paris. Sagan n'a pas la grosse tête, mais son argent et son succès lui permettent toutes les excentricités, les voitures de sport, le jeu, l'alcool, les amis pique-assiettes. Elle est follement dépensière et follement généreuse. Elle provoque des scandales, mais fait figure de femme libre, insouciante des convenances et, de ce fait, annonciatrice des proclamations libertaires de mai 68. Mais elle n'a jamais cessé d'écrire, car c'était là sa vraie vocation. Est-ce son succès trop précoce qui l'a pervertie? Sa vie n'a été qu'une suite de plaisirs destructeurs et elle finit ruinée en 2004. Françoise Sagan méritait qu'une réalisatrice talentueuse s'intéresse à sa vie. Le film est passionnant, émouvant et beau. A voir sans hésitation.
À partir de 14 ans.

JOURNAL D'UNE BABY SITTER
de SHARI SPRINGER BERMAN et ROBERT PULCINI
Sortie le 11 juin. Durée : 1h44.
Annie ne sait trop que faire de sa vie à la sortie du Collège quand un enfant tombe à ses pieds lors d'une promenade dans un parc. Sa mère accourue embauche illico Annie comme baby-sitter, avec tant d'insistance que celle-ci ne peut refuser. Le gamin a beau être un sale gosse mal élevé comme le sont souvent les enfants américains dans les films, Annie le prend en affection. Mais la mère est une femme futile et égoïste et le père un odieux macho. Annie, diplômée d'anthropologie, étudie cette faune d'un quartier chic de Manhattan avec des yeux d'anthropologue, c'est le versant comique de l'histoire, mais elle comprend aussi qu’elle ne pourra continuer à se faire exploiter, malgré l'affection qui la lie à l'enfant. Tiré d'un roman à succès, le film est à la fois comique et tragique lorsque l'on comprend la difficulté à se sentir mères de ces femmes de la haute société, dès lors qu’elles disposent d'une baby-sitter.
À partir de 12 ans.

LES HOMMES de ARIANE MICHEL
Sortie le 11 juin. Durée : 1h35.
Une mer grise, quelques étendues neigeuses, aucun bruit. Au bout d'un long moment, une forme sombre qui se met à bouger: c'est un phoque.Plus tard, on verra d'autres animaux, rares. Très longtemps après, apparaissent les hommes, Comme peut-être ils sont apparus tardivement, aux origines du monde, sur ces terres inhospitalières du Groenland. Les hommes d'aujourd'hui sont des scientifiques bardés d'instruments, qui observent, mesurent, récoltent. Un seul parlera du passé lointain, c'est l'archéologue. Étrange film immobile, devant lequel on reste envoûté par la laideur et parfois la beauté de ces terres désolées.
À partir de 14 ans.

Avril - mai 2008

lN MEMORIA DI ME de Saverio COSTANZO
Sortie le 16 avril. Durée : 1h55.
Que vient faire ce beau jeune homme plein de promesses dans un lieu aussi austère?
Andrea, insatisfait du succès et de la liberté superficiels qu'offre le monde, a décidé d'entrer au noviciat jésuite, pour accomplir cette période de recueillement et de mise a l'épreuve avant de devenir prêtre. Le couvent, situé à Venise, est magnifique et glacial. Prêtres et novices y vivent en communauté dans le silence et la prière, chacun occupant une petite chambre spartiate donnant sur un immense couloir. Ils se rencontrent au réfectoire et à l'église, mais aussi dans le bureau du Père Supérieur pour la "correction fraternelle". Le silence engendre le mystère et Andréa détecte quelques tensions chez ses congénères. Sera-t-il capable de maintenir son projet ? Ce film, rigoureux comme la règle monastique, tente de faire comprendre la nature de la vocation religieuse et les épreuves offertes aux novices pour les aider à approfondir leur foi et leur vocation. L'on se sent malgré soi captivé par cet étrange univers.
À partir de 14 ans.

LES USA contre JOHN LENNON de David Leaf et John Scheinfeld
Sortie le 16 avril. Durée : 1h39.
John Lennon est surtout connu comme chanteur, le leader intellectuel des Beatles. Mais on connaît moins sa croisade passionnée contre la guerre des Etats-Unis au Viet-Nam. La guerre a commencé en août 1964, mais ne tarde pas à devenir impopulaire et à susciter des manifestations de plus en plus nombreuses et parfois durement réprimées. C'est surtout après sa rupture d'avec les Beatles en 1970 que ses chansons, ses prises de parole, son amitié avec les opposants les plus farouches à la politique gouvernementale des U.S.A., ceux qui subissent la répression, que John Lennon apparaît comme un pacifiste charismatique. Il gênait les plus hauts personnages de l'Etat qui allèrent jusqu'à lui refuser sa carte de séjour aux Etats-Unis. Il est mort assassiné en 1980. Le film raconte cette histoire avec de nombreux témoins dont notamment Yoko Ono, qu'il avait épousée en 1969. On y entend aussi nombre de ses chansons. Ce personnage, qu'à l'époque les médias présentaient comme scandaleux, en ressort plus sympathique que sa réputation car on le sent sincèrement passionné par son idéal.
À partir de 14 ans.

CHAPITRE 27 de Jared Leto, Lindsay Lohan et Judah Friedlander
Sortie le 23 avril. Durée : 1h40.
Ce document-fiction est la suite du documentaire précédent. John Lennon a donc été assassiné le 8 décembre 1980 et les réalisateurs ont essayé de comprendre les raisons de Mark Chapman, le meurtrier. Celui-ci était arrivé à New-York depuis peu. C'était un fan de John Lennon et il stationnait souvent au pied de l'immeuble de Lennon; comme d'autres fans qui attendaient qu'il sorte pour le prendre en photo, lui parle ou obtenir un autographe. Son état mental s'était dégradé et, en proie à des fantasmes morbides, il semble qu'il ne pouvait imaginer Lennon lui appartenir que mort, tué de cinq coups de revolver.
Adultes seuls.

PASSE PASSE de Tonie MARSHALL
Sortie le 16 avril. Durée : 1h33.
Darry est un iIIusioniste au chômage, vaguement alter mondialiste, désolé parce que sa mère perd la tête et furieux contre son odieux beau-frère. Tout ça l'entraîne à faire une virée en voiture au hasard des routes... jusqu'à ce qu'il s'arrête, intrigué par ce qu'il voit sur le bas-côté : un sac plein d'argent, chose qui arrive souvent dans les films, très rarement dans la réalité. Alors apparaît la propriétaire du sac, Irène qui prend aussitôt le commandement des opérations, utilisant Darry comme chauffeur. Pourtant celui-ci comprend bientôt que cette bourgeoise qui en jette s'est fourrée dans un sale guêpier. En conséquence, ils sont traqués par la police, par un ministre, par des Coréens et aussi, bien entendu, par l'odieux beau-frère dont Darry a volé la voiture. On ne s'ennuie pas un instant dans ce film foisonnant que Tonie Marshall a agrémenté de toutes sortes de sujets d'actualité qui stimulent l'intérêt du spectateur.
À partir de 14 ans.

NEVER BACK DOWN de Jeff WADLOW
Sortie le 16 avril. Durée : 1h50.
Jake a une réputation de bagarreur. Arrivé dans une nouvelle ville et un nouveau lycée, il est mis au défi traîtreusement par le petit caïd du coin et se fait tabasser devant tout un public. Il va alors trouver un coach pour se faire enseigner une technique de combat nouvelle, le MMA (Mixed Martial Arts). Mais Jean, coach et vieux sage, ne veut pas des bagarres pour l'honneur, la haine ou la vengeance, il défend la pureté de son art. Jake a compris la leçon, mais il prendra tout de même sa revanche sur le salaud qui l'avait humilié. Bien que ce film utilise tous les poncifs hollywoodiens sur le dépassement de soi et la morale, on y prend plaisir tant les combats sont spectaculaires.
À partir de 14 ans.

YUMURTA / EGG de Semlaih KAPLANOGLU
Sortie le 23 avril. Durée : 1h37.
Le poète Yusuf, apprenant la mort de sa mère, retourne dans son village et y trouve Ayla, la jeune fille qui vivait avec sa mère. Celle-ci engage Yusuf à sacrifier un bélier, rite que sa mère voulait accomplir avant sa mort. Bien que sceptique, Yusuf s'incline et emmène Ayla chercher et faire égorger le fameux bélier. A l'hôtel, ils assistent à une fête de mariage, qui leur donnera peut-être des idées les concernant. L'on s'interroge sur le sens du message. L'auteur le propose ainsi : "Tout est enfoui dans le temps que l'on a passé avec sa mère ou dans le temps que l'on n'a pas passé avec elle", ce qui est symbolisé par l'oeuf qu'Ayla donne à Yusuf et justifie le titre. Il faudrait que le spectateur soit familier de cette culture pour décrypter ce film dont le principal intérêt est la beauté de la jeune fille.
À partir de 14 ans.

CASH de Eric BESNARD
Sortie le 23 avril. Durée : 1h40.
Cash (Jean Dujardin) est un arnaqueur. Sur le point de se fiancer et cherchant à déjouer la surveillance policière, il lui faut monter une arnaque de haut vol. Mais un arnaqueur trouve souvent plus malin que lui. L'auteur a donc créé des personnages super intelligents pour que leurs arnaques soient comprises par des spectateurs eux aussi super intelligents. \/oilà donc un bon test qui vous rendra fiers de votre Q.I.
À partir de 15 ans.

DEUX JOURS À TUER de Jean BECKER
Sortie le 30 avril. Durée : 1h25.
Antoine a réussi sa vie : un boulot de publicitaire qui rapporte gros, une gentille femme et de gentils enfants. Mais un jour, il perd les pédales et, en pleine séance de travail à son agence, devant un client fabricant de yaourts exigeant et stupide il déclame, sur le modèle de la célèbre "tirade des nez" de Cyrano, sa propre dévastatrice "tirade des yaourts". Consternation générale au bureau, tandis que le spectateur s’esclaffe devant l’élégance de la mise à mort. Rentré chez lui, Antoine persiste dans sa méchanceté destructrice envers sa femme et même ses enfants. Avec ses amis venus fêter son anniversaire, il balance à chacun ses quatre vérités, leur attachement à l'argent, au confort, à leur position sociale. Mais quelle mouche a donc piqué Antoine, lui d'ordinaire doux et conciliant? On le saura dans une fin à ne pas dévoiler.
Mais je ne peux m'empêcher de dire combien les films de Jean Becker sont accomplis. Il s'entoure des meilleurs techniciens, l'image est belle, le son parfait, le scénario et les dialogues très écrits et la réalisation sans défauts. Voilà pour la forme, une perfection qu'on aime trouver au cinéma. Quant au message du film, c'est Marie-Josée Croze, qui joue Cécile, qui le définit le mieux : "II y a comme un cri, une urgence particulièrement émouvante".
Ne manquez pas le générique de fin, accompagné d'un très beau texte de Jean Lou Dabadie dit par Serge Reggiani.
À partir de 14 ans.

JOSHUA de George RATLIFT
Sortie le 30 avril. Durée : 1h45.
Les Cairn peuvent être heureux et fiers de leur famille : leur fils, Joshua neuf ans est très intelligent et doué pour le piano et la maman, vient de donner le jour à une ravissante petite fille, Lily. Mais les choses vont bientôt se gâter : le suite de couches d’Abby se révèle pénible, d'autant plus que le bébé dérange les nuits et les jours de la famille par ses pleurs incessants. Et Joshua se comporte bizarrement. On en vient à le soupçonner d'être pour quelque chose dans cette débâcle.
Le spectateur perspicace a vite compris que Joshua est férocement jaloux de sa petite soeur et qu'il n'est pas étranger au drame que vivent ses parents. Son père s'occupe de lui, mais il a perdu sa maman, complètement accaparée par le bébé. L'auteur a eu le bon goût de ne pas faire appel au surnaturel pour expliquer le pouvoir maléfique du garçon. L'on sait depuis longtemps que la dépossession des parents lors d'une nouvelle naissance est pour l'aîné une épreuve amère, un abandon, qui peut générer une agressivité intense contre le nouveau venu et, par ricochet, contre les parents. Dans de telles circonstances, l’enfant jaloux ne devrait pas être qualifié de « méchant », mais entouré de tendresse, de réassurance et de responsabilités envers le bébé.
Film intéressant quant à la prise en compte d'une situation fréquente dans les familles, mais dramatisée ici outre mesure pour alimenter le thriller.
À partir de 12 ans.

GAL de Miguel COURTOIS
Sortie le 7 mai. Durée : 1h50.
En Espagne, vers les années 80, les attentats terroristes de l'E.T.A. font des ravages. Pour combattre le terrorisme basque, apparaît le G.A.L., Groupe Antiterroriste de Libération dont les méthodes sont les mêmes que celles de l'ETA: enlèvements, séquestrations, assassinats. C'est ce que découvrent peu à peu deux journalistes d'investigation (dont le producteur du film). Cette milice créée par le Ministère de L'intérieur pour traquer l'E.T.A. n'est même pas compétente car elle s'attaque parfois à de pauvres bougres qui n'ont rien à voir avec le terrorisme... Manuel et Marta s'exposeront à de graves dangers, verront disparaître assassinés certains de leurs témoins et auront beaucoup de mal à persuader un juge des pratiques expéditives des G.A.L.
José Garcia, qui joue Manuel, a dû se réapproprier l'espagnol, sa langue maternelle pour être convaincant en journaliste capable de dénoncer une infamie anti-démocratique comme dans "Les hommes du Président", film qui précipita la chute de Reagan. . Un document-fiction haletant sur une histoire vraie qui s'est terminé par un procès en Espagne.
À partir de 14 ans.

Mars - avril 2008

AUGUST RUSH de Kirsten SHERIDAN
Sortie le 19 mars. Durée : 1h53.
Evan écoute partout la musique, celle du vent, de la nature, du temps qui passe. Il vit dans un orphelinat mais se persuade que ses parents vont le retrouver grâce à la musique. Lorsqu'il aura une guitare entre les mains, il se révélera un musicien génial sous le nom d'August Rush, donné par un drôle de bonhomme rencontré dans la rue qui s'est 'improvisé son "agent". Une jolie scène, celle où une toute petite fille noire enseigne les notes de musique à August, lui qui joue sans connaître le solfège. Parallèlement, l'on comprend pourquoi ses parents, eux-mêmes musiciens, ont vécu des circonstances dramatiques qui les ont empêchés de garder leur fils. Rassurez-vous, tous trois finiront par se retrouver dans une apothéose à Central Park.
Un gentil conte pour enfants sages.
À partir de 10 ans.

LES LARMES DE MADAME WANG de LIU Bingjian
Sortie le 26 mars. Durée : 1h31.
Madame Wang est une jolie jeune femme qui vit dans un quartier miséreux de Pékin. Elle vend des CD à la sauvette pour survivre au jour le jour et payer les dettes de son mari qui perd tout son argent au mah-jong. Quand celui-ci est arrêté, elle retourne dans sa province natale de Guizhou. Elle y retrouve son ancien petit ami qui lui conseille, pour gagner sa vie, de devenir pleureuse aux enterrements. Ce sont les larmes de Madame Wang. Ces Chinois-là ne laissent pas de nous étonner. Madame Wang n'est pas tendre : elle houspille un bébé qui pleure, crie sur son vaurien de mari, mais elle est dure à la peine et apte à rebondir. Dans son milieu, les querelles sont fréquentes et l'argent est roi, même s'il est rare et difficile à gagner. Elle connaît peu les sentiments et ce n'est qu'à la toute fin que l'on s'aperçoit qu'elle a un coeur. Ce film n'a pas obtenu l'autorisation officielle en Chine : est-ce parce qu'il montre la pauvreté en ville, les flics corrompus, la province arriérée ? Heureusement, Liu Bingjian a des amis de tous pays qui l'ont aidée à tourner et financer son film. Un film précieux, car, comme "Le Dernier Voyage du Juge Feng" ou d'autres semblables, il nous fait pénétrer une Chine autre que celle du temps des empereurs ou celle des Jeux Olympiques, de l'invasion textile et des contrefaçons. Une Chine humble et colorée comme les processions d'enterrements de Madame Wang, que l'on découvre grâce à des cinéastes indépendants pleins de talent que les producteurs européens ont bien raison de soutenir A ne pas manquer.
À partir de 12 ans.

CHASSEURS DE DRAGONS de Guillaume IVERNEL et Arthur QWAK
Sortie le 26 mars. Durée : 1h20.
Un terrible dragon sévit sur les terres du Seigneur Arnold qui en a peur. Sa nièce, la petite Zoé se met à la recherche de chasseurs de dragons. Ceux qu'elle trouve ne sont pas vraiment les héros dont elle rêvait. Ils ne pensent qu'à se faire payer en affrontant le moins de risques possibles. Mais comme Zoé les suit dans leur mission, ils doivent bien se mettre à l'ouvrage. La petite Zoé est mignonne, les chasseurs ridicules, l'oncle inquiétant et le dragon très très méchant ce qui le fait déconseiller aux tout-petits.
Les auteurs eux-mêmes préconisent le film aux 8 à 88 ans pour que parents et grands-parents accompagnateurs ne s'ennuient pas!
À partir de 8 ans.

UN COEUR SIMPLE de Marion LAINE
Sortie le 26 mars. Durée : 1h45.
Au temps de Flaubert, l'auteur de ce conte, une pauvre fille de la campagne qui n'avait pas trouvé de mari, ne pouvait guère songer qu'à devenir domestique dans une famille bourgeoise. C'est le sort de Félicité, dont la brève rencontre avec Théodore n'a pas abouti au mariage. Chez ses patrons Aubain, Félicité s'attache à la jeune Clémence, une enfant trop sérieuse et de santé fragile qui trouve en elle la chaude tendresse dont sa mère l'a privée. Cette cohabitation de toute une vie entre patronne et servante institue une relation complexe, hésitant entre familiarité intime et conscience de la différence de rang. Madame Aubain est sèche et attachée à sa caste, mais pas insensible au dévouement de Félicité qui, elle, n'est qu'amour et don de soi, pour Clémence, pour son neveu, pour sa patronne et même pour ce perroquet, entré bizarrement dans sa vie. Félicité rayonne d'amour et l'on ne pouvait rêver comédienne plus adaptée au rôle que Sandrine Bonnaire, magnifique. Ne nous laissons pas abuser par un titre un peu minimaliste. "Un coeur simple" est un premier film qui porte l'ambition d'une jeune réalisatrice exigeante sur la qualité de la réalisation et habitée par le charisme de Félicité. Un très beau film.
À partir de 12 ans.

DELIVREZ-NOUS DU MAL de AMY BERG
Sortie le 2 avril. Durée : 1h40.
C'est un documentaire sur les prêtres pédophiles aux Etats-Unis.
Amy berg commence par raconter l'histoire du plus tristement célèbre d'entre eux, le Père O'Grady. Dans les années 70, celui-ci s'introduit dans une famille très pieuse de sa paroisse en Californie. Il est sympathique, on lui fait confiance et les parents n'apprendront que très longtemps plus tard qu'il abusait de leur fille de cinq ans. O'Grady a continué avec d'autres enfants et les faits ont commencé à provoquer des plaintes. Pour éviter le scandale, sa hiérarchie l'a plusieurs fois changé de paroisse, mais sans prendre aucune mesure pour qu'il cesse ses activités criminelles. Il a tout de même fini par être arrêté, incarcéré sept ans et réexpédié en Irlande, son pays natal. Des victimes témoignent, mais l'intérêt principal du film, c'est l'interview d'O'Grady lui-même. Il regrette, dit-il, mais sans manifester la conscience des dégâts considérables qu'il a causés, non seulement sur ses victimes mais aussi sur leurs familles. Amy Berg s'en prend ensuite à la hiérarchie catholique qui n'ignore pas que de nombreux prêtres ont pratiqué la pédophilie, mais s'ingénie à minimiser ou camoufler leurs activités par peur du scandale. Nous étions informés par les médias de ce sinistre fait de société, mais le film a le mérite de nous introduire dans les mécanismes psychologiques aussi bien des victimes que du criminel.
C'est un film pour les parents. Pour la prévention à destination des enfants, il en existe d'autres, parfois projetés dans les écoles et commentés par des spécialistes.
À partir de 13 ans.

WINX LE SECRET DU ROYAUME PERDU de Iginio STRAFFI
Sortie le 2 avril. Durée : 1h38.
Les Winx sont six ravissantes jeunes fées, liées d'amitié, douées de pouvoirs magiques qu'elles utilisent pour faire le bien. Elles sont apparues sur France 3 en 2004 et les voilà au cinéma. Bloom et ses amies doivent sauver la Dimension Magique des sortilèges qui la menacent, mais aussi retrouver les vrais parents de Bloom, ses parents biologiques (sic) qui sont un roi et une reine. Les Winx ont un succès mondial et l'on comprend pourquoi: elles sont jolies, leurs coiffures et leurs vêtements sont élaborés avec art, elles représentent pour les petites filles la grande soeur et la jeune maman élégante qu'elles veulent devenir, avec, en plus, le pouvoir d'effacer leurs adversaires dans une pluie d'étoiles. Dans le film, il y a quand même quelques garçons, un peu en retrait, mais braves, avec leur épée flamboyante, protégeant les mignonnes et payés par un baiser. Pas ou peu de personnages effrayants, et même la méchante sorcière est dotée d'une certaine élégance. C'est le dessin animé idéal pour les petites filles qui regardent évoluer ces poupées-fées avec ravissement. Mais qu'en est-il des garçons?
À partir de 3 ans.

DESENGAGEMENT de Amos GITAI
Sortie le 9 avril. Durée : 1h55.
A la mort de son père, Ana retrouve son demi-frère Uli, officier dans la police israélienne. Elle décide de retourner avec lui en Israël pour y chercher sa fille, institutrice à Gaza. C'est à ce moment, en 2005, que le gouvernement israélien décide d'évacuer de Gaza les colons juifs installés là, en terre palestinienne. Un geste de bonne volonté envers les Palestiniens, destiné à faciliter les négociations en vue de la paix. Mais ces familles, qui y vivent depuis trois générations en faisant fructifier la terre, se sentent déchirées et refusent de quitter leurs maisons et leur sol. Le film s'attarde sur ce "désengagement" et l'on voit les soldats israéliens traîner et porter leurs compatriotes de force vers des autobus qui les mèneront sous d'autres cieux. Un spectacle assez insoutenable, car si ce désengagement était un acte de justice tout à fait honorable, il est clair que les colons n'y avaient pas été suffisamment préparés (ils ont pourtant d'éminents psychologues en Israël). Ces scènes pénibles, non pas documentaires, mais authentiques, éclipsent un peu les tourments d'Ana autour de sa recherche d'identité mais plongent le spectateur en plein dans l'imbroglio tragique du Moyen-Orient.
À partir de 15 ans.

LES RANDONNEURS DE SAINT-TROPEZ de Philippe HAREL
Sortie le 9 avril. Durée : 1h45.
Vous vous en souvenez ? Il y a dix ans, vous les avez vus crapahuter dans les montagnes de Corse. La quarantaine venue, ils ont réduit leurs prétentions sportives, mais, toujours décidés à partir en vacances ensemble, ils choisissent Saint-Tropez. Ils auront droit aux routes qui bouchonnent, aux pizzerias bondées, aux plages fourmillantes jusqu'à ce qu'ils retrouvent Eric, leur ancien guide de Corse. Devenu introduit dans la haute société, celui-ci leur en met plein la vue : restaurants chics, yacht somptueux, non sans quelques désagréments dûs aux attitudes de nouveau riche de leur ancien ami. L'on retrouve Mathieu, le hâbleur désinvolte, Louis le râleur, Nadine, la dépressive et Cora, la brave fille qui, éblouie par la grande vie, jette son bonnet par-dessus les moulins. Et enfin, Eric, le Guide, Benoît Poelvoorde, qui en fait des tonnes car c'est son personnage qui veut ça. Mieux que les Bronzés, un film sympathique et drôle, comme l'était le premier.
À partir de 12 ans.