Juin
- juillet 2008
SKATE
OR DIE de Miguel COURTOIS
Sortie le 11 juin. Durée non communiquée.
Lorsqu'un cinéaste voit évoluer des skateurs,
il lui vient l'envie de les faire jouer dans un film.
C'est l'idée qu'a eue Miguel Courtois avec Mickey
et Idriss, deux jeunes skateurs bien tranquilles, mais
qui vont être spectateurs d'une tuerie qu'ils n'auraient
pas dû voir. Ils sont donc poursuivis sans relâche
et sans pitié par des hommes armés à
la gâchette facile. Évidemment, le skate,
lors d'une poursuite est un accessoire bien utile et le
spectateur se délecte de leurs prouesses.
Si vous aimez les images glissant à toute allure,
les poursuites impitoyables et interminables, accompagnées
d'une musique tonitruante, et le skate, c'est que vous
êtes jeune et que vous aimerez le film.
À partir de 12 ans.
LA
PERSONNE AUX DEUX PERSONNES de NICOLAS
ET BRUNO
Sortie le 18 juin. Durée : 1h27
Gilles Gabriel est un chanteur ringard mais animé
d'un remarquable punch. Lorsqu'il meurt dans un accident
de voiture, il va se loger dans l'esprit de celui qui
l'a dégommé, Jean-Christian, l'employé
de banque coincé dont il va commenter les faits
et gestes, au grand dam du propriétaire desdits
faits et gestes. Et puis, il se met à conseiller
celui-ci afin d'apporter un peu de glamour à sa
vie.C'est drôle, surtout quand Jean-Christian doit
faire un exposé au Palais des Congrès sur
les différents types de placements bancaires et
que Gilles tient à mettre son grain de sel dans
la mise en scène.
Mais une bonne idée de départ doit être
exploitée jusqu'au bout et l'imagination n'est
pas toujours au rendez-vous. Une gentille comédie
où l'on eût aimé voir davantage Alain
Chabat. Mais il était enfermé dans Daniel
Auteuil !
À partir de 12 ans.
DIARY
OF THE DEAD de George A. ROMERO
Sortie le 25 juin. Durée : 1h35
La télévision annonce un jour à tout
le pays que des morts se sont relevés de leur civière.
Au début, on croit à un second degré
car on voit un groupe d'apprentis-cinéastes tournant
un film d'horreur avec une momie qui perd ses bandelettes.
Mais non, l'auteur se prend au sérieux et les mêmes
jeunes tournent ensuite un "documentaire" avec
de vrais morts-vivants, des poursuites et des carnages
et des images de plus en plus insoutenables.
Il n'est pas souhaitable que les parents laissent voir
aux enfants ni aux jeunes adolescents de tels films dont
la seule justification est la peur qu'il provoque. Ils
ont bien assez de peurs naturelles dans la vie de tous
les jours pour que le cinéma leur en offre d'artificielles
en surplus.
À partir de 18 ans.
VALSE
AVEC BACHIR de Ari FOLMAN
Sortie le 25 juin. Durée : 1h28
Autour de la quarantaine, Ari fait souvent le même
cauchemar: une meute de chiens le poursuit sauvagement
dans l'obscurité. D'où peut venir ce rêve
?
Ari se souvient alors de sa guerre, celle qu'il a faite
dans l'armée israélienne au Liban dans les
années 80. On l'envoyait la nuit en éclaireur
tuer les chiens d'un village pour éviter que ceux-ci
n'avisent les villageois de l'approche des soldats. Mais
ses souvenirs de guerre sont rares et lacunaires et il
sent alors le besoin de retrouver la mémoire de
cette période en allant revoir ses anciens compagnons.
Tous ont été traumatisés, mais les
épisodes qui remontent à leur mémoire
sont parfois anodins, pacifiques ou même comiques.
Les souvenirs ont subi un "déplacement"
inconscient qui sert à masquer l'horreur de cette
période. Se ressouvenir, avec l'aide de ses amis
constitue pour Ari une sorte de thérapie. Un documentaire
sur des événements passés peut se
réaliser grâce à une reconstitution
des faits avec des acteurs, à une série
de témoignages ou, comme ici par un film d'animation.
A condition que les dessinateurs soient pleins de talent,
comme c'est le cas dans ce film. Le dessin durcit le trait
et fige les situations, mais il donne aussi une fluidité
aux rêves et aux faux souvenirs. C'est un procédé
original qui ménage la subjectivité, comme
ici l'expérience autobiographique du réalisateur.
Un film très réussi.
À partir de 13 ans.
MY
NAME IS HALLAM FOE de David MACKENZIE
Sortie le 9 juillet. Durée : 1h35
Dans un manoir écossais au bord d'un loch vit Hallam,
dix-sept ans, avec son père et sa belle-mère
qu'il déteste. Sa mère est morte noyée
et elle lui manque énormément. C'est un
garçon bizarre, imprévisible, excentrique
qui passe son temps à épier les gens, surtout
lorsqu'ils font l'amour. Sorti de sa famille, il est embauché
dans un grand hôtel où il s'éprend
d'une directrice des ressources humaines qui ressemble
à sa mère.
Arrivés là, on se demande si le scénariste
n'a pas trop lu Freud et son complexe d'Oedipe
Mais qu'importe, Hallam nous est sympathique malgré
ses incongruités. Curieux et avide de sexe, comme
le sont les adolescents il a pourtant des effarouchements
et des reculs attendrissants. C'est son ingénuité
qui nous séduit.
À partir de 14 ans.
SOIT
JE MEURS, SOIT JE VAIS MIEUX de
Laurence FERREIRA BARBOSA
Sortie le 16 juillet. Durée : 1h53
Ils sont restés seuls, Martial, 16 ans, et sa mère,
après que le père les ait quittés
et ont dû déménager en banlieue. Martial
déteste chez sa mère son faux optimisme
devant leur nouvelle vie, son manque de maturité
et ses tentatives pour lui faire remplacer celui qui l'a
abandonnée. La mauvaise humeur du garçon
se reporte sur son nouveau lycée où il ne
tente guère de nouer des contacts. Pourtant, il
est attiré par le mystère des deux jumelles
qui ne parlent à personne. Ce sont des caricatures
de l'image que se fait des jumeaux le commun des mortels
: ressemblance, identité de gestes et de comportements,
communication sans paroles... Sans doute flattées
de l'intérêt qu'elles inspirent à
Martial, elles vont s'ingénier à épaissir
leur mystère. L'on se demande sans cesse ce qu'elles
vont encore inventer pour le bluffer et l'attirer dans
leurs machinations. Jusqu'au jour où elles iront
trop loin.
Plutôt qu'un portrait réaliste d'adolescents,
c'est un conte où l'on se laisse prendre volontiers
par le suspense et l'étrangeté des personnages.
À partir de 13 ans.
LAKE TAHOE
de Fernando EIMBCKE
Sortie le 16 juillet. Durée : 1h32
Juan, seize ans, a embouti la voiture de la famille. Trouver
un mécanicien dans ce pays désert et peu
hospitalier se révèle presque insurmontable.
Tout le monde le fait patienter, lui demande des services
entre temps, diffère sans cesse le moment de l'aider.
Sans se démonter, Juan persévère
gentiment et l'on comprend que le dépannage de
la voiture n'est pas le sujet le plus important de son
errance. Il lui faut fuir une situation intolérable
que l'on découvrira par la suite et tout ce que
les autres lui proposent pour retarder son départ
est bienvenu.
Tourné au Yucatan, mais loin des fastes qu'évoque
ce nom magique, dans un triste port sans bateaux, ce film
immobile envoûte le spectateur comme savent si bien
le faire les Mexicains.
Ne cherchez pas la turbulence ni les rebondissements,
c'est un film écrasé de soleil.
À partir de 13 ans.
LE
PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE de
Rémi BEZANCON
Sortie le 23 juillet. Durée : 1h54
Ces temps-ci, le cinéma aime la famille et Rémi
Besançon plus que tout autre. Il nous fait donc
entrer chez la famille Duval, les parents, Robert et Marie-Jeanne,
deux grands garçons et une blondinette que nous
verrons grandir au fil de douze années.
Pour illustrer leur vie, l'auteur a choisi de décrire
cinq journées cruciales, consacrées chacune
plus particulièrement à l'un des personnages
: le jour où Albert, l'aîné, a décidé
de quitter la maison familiale, ce qui fait dire à
sa mère:"J'ai perdu un enfant !...",
le jour où Fleur, la plus jeune, découche
pour la première fois et où sa mère,
oh ! horreur !, lit son journal intime, le jour où
le grand-père décide d'enseigner à
Raph, le fils cadet, les subtilités de l'oenologie,
le jour où la mère découvre qu'elle
vieillit et n'est plus aussi désirable etc..
C'est un mode d'approche original et bien inspiré
pour renouveler le genre de la saga. Le film nous fait
aimer cette famille et réfléchir à
la nôtre en ce qu'elle a pu nous transmettre ou
nous aider à trouver notre voie.
Malgré les crises inévitables, c'est un
film parcouru par l'amour, dont on sort optimiste et nostalgique
du temps où nos parents nous rassuraient par leur
seule présence.
À partir de 14 ans.
BALLERINA
de Bertrand NORMAND
Sortie le 23 juillet. Durée : 1h17
C'est en Russie que la danse classique est le plus cultivée,
le plus regardée, le plus portée à
son excellence. C'est pourquoi B. Normand s'y est rendu
pour filmer les plus belles, les plus délicates,
les plus talentueuses des ballerines : Alina, dès
son entrée à l'école de danse où
la directrice sélectionne les petites filles :
il faut qu'elles aient une petite tête, un long
cou et de longues jambes. Alina correspond aux canons
et fera son chemin. Ulyana, qui revient difficilement
au spectacle après une blessure, Evgenia qui reçoit
ses fans après la représentation avec beaucoup
de simplicité et de gentillesse et d'autres, devenues
étoiles ou anonymes au sein du ballet (ce qui est
déjà une preuve de réussite).
L'on voit la difficulté et l'exigence des cours
et des répétitions, mais aussi des spectacles
sublimes et de magnifiques danseuses. Ce film est un enchantement.
A voir absolument si vous aimez la danse.
À partir de 9 ans.
Juin
2008
UNE
AFFAIRE DE FAMILLE
de Claus DREXEL
Sortie le 4 juin. Durée : 1h30.
C'est une famille ordinaire, un père, ancien joueur
de foot, bien amorti, une mère banale, une fille
adolescente, mais il va leur arriver des événements
peu communs : un incendie dans leur remise, un sac de
sport plein d'argent qui se balade, un inspecteur de police
un peu trop affectueux et un suspense haletant. On n'a
pas l'habitude de voir André Dussolier en voyou
légèrement nunuche, ni Miou-Miou en mère
de famille popote. Mais tous deux sont impayables dans
cette histoire comique, dramatique, incroyable, où
toute une famille soi-disant respectable, se trouve embringuée
dans un imbroglio plein de surprises.
A voir pour chasser le stress et se divertir intelligemment.
À partir de 12 ans.
SAGAN
de DIANE KURYS
Sortie le 11 juin. Durée : 1h57.
Françoise Sagan a disparu en 2004, mais après
une vie tumultueuse qui défraya souvent la chronique
mondaine plus encore que la chronique littéraire.
En 1953, elle écrit en trois semaines "Bonjour
tristesse", un joli roman immédiatement publié
qui remporte un succès considérable. On
n'est pas impunément portée aux nues à
18 ans par le Tout-Paris. Sagan n'a pas la grosse tête,
mais son argent et son succès lui permettent toutes
les excentricités, les voitures de sport, le jeu,
l'alcool, les amis pique-assiettes. Elle est follement
dépensière et follement généreuse.
Elle provoque des scandales, mais fait figure de femme
libre, insouciante des convenances et, de ce fait, annonciatrice
des proclamations libertaires de mai 68. Mais elle n'a
jamais cessé d'écrire, car c'était
là sa vraie vocation. Est-ce son succès
trop précoce qui l'a pervertie? Sa vie n'a été
qu'une suite de plaisirs destructeurs et elle finit ruinée
en 2004. Françoise Sagan méritait qu'une
réalisatrice talentueuse s'intéresse à
sa vie. Le film est passionnant, émouvant et beau.
A voir sans hésitation.
À partir de 14 ans.
JOURNAL
D'UNE BABY SITTER
de SHARI SPRINGER BERMAN et ROBERT
PULCINI
Sortie le 11 juin. Durée : 1h44.
Annie ne sait trop que faire de sa vie à la sortie
du Collège quand un enfant tombe à ses pieds
lors d'une promenade dans un parc. Sa mère accourue
embauche illico Annie comme baby-sitter, avec tant d'insistance
que celle-ci ne peut refuser. Le gamin a beau être
un sale gosse mal élevé comme le sont souvent
les enfants américains dans les films, Annie le
prend en affection. Mais la mère est une femme
futile et égoïste et le père un odieux
macho. Annie, diplômée d'anthropologie, étudie
cette faune d'un quartier chic de Manhattan avec des yeux
d'anthropologue, c'est le versant comique de l'histoire,
mais elle comprend aussi qu’elle ne pourra continuer
à se faire exploiter, malgré l'affection
qui la lie à l'enfant. Tiré d'un roman à
succès, le film est à la fois comique et
tragique lorsque l'on comprend la difficulté à
se sentir mères de ces femmes de la haute société,
dès lors qu’elles disposent d'une baby-sitter.
À partir de 12 ans.
LES
HOMMES de ARIANE MICHEL
Sortie le 11 juin. Durée : 1h35.
Une mer grise, quelques étendues neigeuses, aucun
bruit. Au bout d'un long moment, une forme sombre qui
se met à bouger: c'est un phoque.Plus tard, on
verra d'autres animaux, rares. Très longtemps après,
apparaissent les hommes, Comme peut-être ils sont
apparus tardivement, aux origines du monde, sur ces terres
inhospitalières du Groenland. Les hommes d'aujourd'hui
sont des scientifiques bardés d'instruments, qui
observent, mesurent, récoltent. Un seul parlera
du passé lointain, c'est l'archéologue.
Étrange film immobile, devant lequel on reste envoûté
par la laideur et parfois la beauté de ces terres
désolées.
À partir de 14 ans.
Avril
- mai 2008
lN
MEMORIA DI ME de Saverio COSTANZO
Sortie le 16 avril. Durée : 1h55.
Que vient faire ce beau jeune homme plein de promesses
dans un lieu aussi austère?
Andrea, insatisfait du succès et de la liberté
superficiels qu'offre le monde, a décidé
d'entrer au noviciat jésuite, pour accomplir cette
période de recueillement et de mise a l'épreuve
avant de devenir prêtre. Le couvent, situé
à Venise, est magnifique et glacial. Prêtres
et novices y vivent en communauté dans le silence
et la prière, chacun occupant une petite chambre
spartiate donnant sur un immense couloir. Ils se rencontrent
au réfectoire et à l'église, mais
aussi dans le bureau du Père Supérieur pour
la "correction fraternelle". Le silence engendre
le mystère et Andréa détecte quelques
tensions chez ses congénères. Sera-t-il
capable de maintenir son projet ? Ce film, rigoureux comme
la règle monastique, tente de faire comprendre
la nature de la vocation religieuse et les épreuves
offertes aux novices pour les aider à approfondir
leur foi et leur vocation. L'on se sent malgré
soi captivé par cet étrange univers.
À partir de 14 ans.
LES
USA contre JOHN LENNON de David
Leaf et John Scheinfeld
Sortie le 16 avril. Durée : 1h39.
John Lennon est surtout connu comme chanteur, le leader
intellectuel des Beatles. Mais on connaît moins
sa croisade passionnée contre la guerre des Etats-Unis
au Viet-Nam. La guerre a commencé en août
1964, mais ne tarde pas à devenir impopulaire et
à susciter des manifestations de plus en plus nombreuses
et parfois durement réprimées. C'est surtout
après sa rupture d'avec les Beatles en 1970 que
ses chansons, ses prises de parole, son amitié
avec les opposants les plus farouches à la politique
gouvernementale des U.S.A., ceux qui subissent la répression,
que John Lennon apparaît comme un pacifiste charismatique.
Il gênait les plus hauts personnages de l'Etat qui
allèrent jusqu'à lui refuser sa carte de
séjour aux Etats-Unis. Il est mort assassiné
en 1980. Le film raconte cette histoire avec de nombreux
témoins dont notamment Yoko Ono, qu'il avait épousée
en 1969. On y entend aussi nombre de ses chansons. Ce
personnage, qu'à l'époque les médias
présentaient comme scandaleux, en ressort plus
sympathique que sa réputation car on le sent sincèrement
passionné par son idéal.
À partir de 14 ans.
CHAPITRE
27 de Jared Leto, Lindsay Lohan et Judah Friedlander
Sortie le 23 avril. Durée : 1h40.
Ce document-fiction est la suite du documentaire précédent.
John Lennon a donc été assassiné
le 8 décembre 1980 et les réalisateurs ont
essayé de comprendre les raisons de Mark Chapman,
le meurtrier. Celui-ci était arrivé à
New-York depuis peu. C'était un fan de John Lennon
et il stationnait souvent au pied de l'immeuble de Lennon;
comme d'autres fans qui attendaient qu'il sorte pour le
prendre en photo, lui parle ou obtenir un autographe.
Son état mental s'était dégradé
et, en proie à des fantasmes morbides, il semble
qu'il ne pouvait imaginer Lennon lui appartenir que mort,
tué de cinq coups de revolver.
Adultes seuls.
PASSE
PASSE de Tonie MARSHALL
Sortie le 16 avril. Durée : 1h33.
Darry est un iIIusioniste au chômage, vaguement
alter mondialiste, désolé parce que sa mère
perd la tête et furieux contre son odieux beau-frère.
Tout ça l'entraîne à faire une virée
en voiture au hasard des routes... jusqu'à ce qu'il
s'arrête, intrigué par ce qu'il voit sur
le bas-côté : un sac plein d'argent, chose
qui arrive souvent dans les films, très rarement
dans la réalité. Alors apparaît la
propriétaire du sac, Irène qui prend aussitôt
le commandement des opérations, utilisant Darry
comme chauffeur. Pourtant celui-ci comprend bientôt
que cette bourgeoise qui en jette s'est fourrée
dans un sale guêpier. En conséquence, ils
sont traqués par la police, par un ministre, par
des Coréens et aussi, bien entendu, par l'odieux
beau-frère dont Darry a volé la voiture.
On ne s'ennuie pas un instant dans ce film foisonnant
que Tonie Marshall a agrémenté de toutes
sortes de sujets d'actualité qui stimulent l'intérêt
du spectateur.
À partir de 14 ans.
NEVER
BACK DOWN de Jeff WADLOW
Sortie le 16 avril. Durée : 1h50.
Jake a une réputation de bagarreur. Arrivé
dans une nouvelle ville et un nouveau lycée, il
est mis au défi traîtreusement par le petit
caïd du coin et se fait tabasser devant tout un public.
Il va alors trouver un coach pour se faire enseigner une
technique de combat nouvelle, le MMA (Mixed Martial Arts).
Mais Jean, coach et vieux sage, ne veut pas des bagarres
pour l'honneur, la haine ou la vengeance, il défend
la pureté de son art. Jake a compris la leçon,
mais il prendra tout de même sa revanche sur le
salaud qui l'avait humilié. Bien que ce film utilise
tous les poncifs hollywoodiens sur le dépassement
de soi et la morale, on y prend plaisir tant les combats
sont spectaculaires.
À partir de 14 ans.
YUMURTA
/ EGG de Semlaih KAPLANOGLU
Sortie le 23 avril. Durée : 1h37.
Le poète Yusuf, apprenant la mort de sa mère,
retourne dans son village et y trouve Ayla, la jeune fille
qui vivait avec sa mère. Celle-ci engage Yusuf
à sacrifier un bélier, rite que sa mère
voulait accomplir avant sa mort. Bien que sceptique, Yusuf
s'incline et emmène Ayla chercher et faire égorger
le fameux bélier. A l'hôtel, ils assistent
à une fête de mariage, qui leur donnera peut-être
des idées les concernant. L'on s'interroge sur
le sens du message. L'auteur le propose ainsi : "Tout
est enfoui dans le temps que l'on a passé avec
sa mère ou dans le temps que l'on n'a pas passé
avec elle", ce qui est symbolisé par l'oeuf
qu'Ayla donne à Yusuf et justifie le titre. Il
faudrait que le spectateur soit familier de cette culture
pour décrypter ce film dont le principal intérêt
est la beauté de la jeune fille.
À partir de 14 ans.
CASH
de Eric BESNARD
Sortie le 23 avril. Durée : 1h40.
Cash (Jean Dujardin) est un arnaqueur. Sur le point de
se fiancer et cherchant à déjouer la surveillance
policière, il lui faut monter une arnaque de haut
vol. Mais un arnaqueur trouve souvent plus malin que lui.
L'auteur a donc créé des personnages super
intelligents pour que leurs arnaques soient comprises
par des spectateurs eux aussi super intelligents. \/oilà
donc un bon test qui vous rendra fiers de votre Q.I.
À partir de 15 ans.
DEUX
JOURS À TUER de Jean BECKER
Sortie le 30 avril. Durée : 1h25.
Antoine a réussi sa vie : un boulot de publicitaire
qui rapporte gros, une gentille femme et de gentils enfants.
Mais un jour, il perd les pédales et, en pleine
séance de travail à son agence, devant un
client fabricant de yaourts exigeant et stupide il déclame,
sur le modèle de la célèbre "tirade
des nez" de Cyrano, sa propre dévastatrice
"tirade des yaourts". Consternation générale
au bureau, tandis que le spectateur s’esclaffe devant
l’élégance de la mise à mort.
Rentré chez lui, Antoine persiste dans sa méchanceté
destructrice envers sa femme et même ses enfants.
Avec ses amis venus fêter son anniversaire, il balance
à chacun ses quatre vérités, leur
attachement à l'argent, au confort, à leur
position sociale. Mais quelle mouche a donc piqué
Antoine, lui d'ordinaire doux et conciliant? On le saura
dans une fin à ne pas dévoiler.
Mais je ne peux m'empêcher de dire combien les films
de Jean Becker sont accomplis. Il s'entoure des meilleurs
techniciens, l'image est belle, le son parfait, le scénario
et les dialogues très écrits et la réalisation
sans défauts. Voilà pour la forme, une perfection
qu'on aime trouver au cinéma. Quant au message
du film, c'est Marie-Josée Croze, qui joue Cécile,
qui le définit le mieux : "II y a comme un
cri, une urgence particulièrement émouvante".
Ne manquez pas le générique de fin, accompagné
d'un très beau texte de Jean Lou Dabadie dit par
Serge Reggiani.
À partir de 14 ans.
JOSHUA
de George RATLIFT
Sortie le 30 avril. Durée : 1h45.
Les Cairn peuvent être heureux et fiers de leur
famille : leur fils, Joshua neuf ans est très intelligent
et doué pour le piano et la maman, vient de donner
le jour à une ravissante petite fille, Lily. Mais
les choses vont bientôt se gâter : le suite
de couches d’Abby se révèle pénible,
d'autant plus que le bébé dérange
les nuits et les jours de la famille par ses pleurs incessants.
Et Joshua se comporte bizarrement. On en vient à
le soupçonner d'être pour quelque chose dans
cette débâcle.
Le spectateur perspicace a vite compris que Joshua est
férocement jaloux de sa petite soeur et qu'il n'est
pas étranger au drame que vivent ses parents. Son
père s'occupe de lui, mais il a perdu sa maman,
complètement accaparée par le bébé.
L'auteur a eu le bon goût de ne pas faire appel
au surnaturel pour expliquer le pouvoir maléfique
du garçon. L'on sait depuis longtemps que la dépossession
des parents lors d'une nouvelle naissance est pour l'aîné
une épreuve amère, un abandon, qui peut
générer une agressivité intense contre
le nouveau venu et, par ricochet, contre les parents.
Dans de telles circonstances, l’enfant jaloux ne
devrait pas être qualifié de « méchant
», mais entouré de tendresse, de réassurance
et de responsabilités envers le bébé.
Film intéressant quant à la prise en compte
d'une situation fréquente dans les familles, mais
dramatisée ici outre mesure pour alimenter le thriller.
À partir de 12 ans.
GAL
de Miguel COURTOIS
Sortie le 7 mai. Durée : 1h50.
En Espagne, vers les années 80, les attentats terroristes
de l'E.T.A. font des ravages. Pour combattre le terrorisme
basque, apparaît le G.A.L., Groupe Antiterroriste
de Libération dont les méthodes sont les
mêmes que celles de l'ETA: enlèvements, séquestrations,
assassinats. C'est ce que découvrent peu à
peu deux journalistes d'investigation (dont le producteur
du film). Cette milice créée par le Ministère
de L'intérieur pour traquer l'E.T.A. n'est même
pas compétente car elle s'attaque parfois à
de pauvres bougres qui n'ont rien à voir avec le
terrorisme... Manuel et Marta s'exposeront à de
graves dangers, verront disparaître assassinés
certains de leurs témoins et auront beaucoup de
mal à persuader un juge des pratiques expéditives
des G.A.L.
José Garcia, qui joue Manuel, a dû se réapproprier
l'espagnol, sa langue maternelle pour être convaincant
en journaliste capable de dénoncer une infamie
anti-démocratique comme dans "Les hommes du
Président", film qui précipita la chute
de Reagan. . Un document-fiction haletant sur une histoire
vraie qui s'est terminé par un procès en
Espagne.
À partir de 14 ans.
Mars
- avril 2008
AUGUST
RUSH de Kirsten SHERIDAN
Sortie le 19 mars. Durée : 1h53.
Evan écoute partout la musique, celle du vent,
de la nature, du temps qui passe. Il vit dans un orphelinat
mais se persuade que ses parents vont le retrouver grâce
à la musique. Lorsqu'il aura une guitare entre
les mains, il se révélera un musicien génial
sous le nom d'August Rush, donné par un drôle
de bonhomme rencontré dans la rue qui s'est 'improvisé
son "agent". Une jolie scène, celle où
une toute petite fille noire enseigne les notes de musique
à August, lui qui joue sans connaître le
solfège. Parallèlement, l'on comprend pourquoi
ses parents, eux-mêmes musiciens, ont vécu
des circonstances dramatiques qui les ont empêchés
de garder leur fils. Rassurez-vous, tous trois finiront
par se retrouver dans une apothéose à Central
Park.
Un gentil conte pour enfants sages.
À partir de 10 ans.
LES
LARMES DE MADAME WANG de LIU Bingjian
Sortie le 26 mars. Durée : 1h31.
Madame Wang est une jolie jeune femme qui vit dans un
quartier miséreux de Pékin. Elle vend des
CD à la sauvette pour survivre au jour le jour
et payer les dettes de son mari qui perd tout son argent
au mah-jong. Quand celui-ci est arrêté, elle
retourne dans sa province natale de Guizhou. Elle y retrouve
son ancien petit ami qui lui conseille, pour gagner sa
vie, de devenir pleureuse aux enterrements. Ce sont les
larmes de Madame Wang. Ces Chinois-là ne laissent
pas de nous étonner. Madame Wang n'est pas tendre
: elle houspille un bébé qui pleure, crie
sur son vaurien de mari, mais elle est dure à la
peine et apte à rebondir. Dans son milieu, les
querelles sont fréquentes et l'argent est roi,
même s'il est rare et difficile à gagner.
Elle connaît peu les sentiments et ce n'est qu'à
la toute fin que l'on s'aperçoit qu'elle a un coeur.
Ce film n'a pas obtenu l'autorisation officielle en Chine
: est-ce parce qu'il montre la pauvreté en ville,
les flics corrompus, la province arriérée
? Heureusement, Liu Bingjian a des amis de tous pays qui
l'ont aidée à tourner et financer son film.
Un film précieux, car, comme "Le Dernier Voyage
du Juge Feng" ou d'autres semblables, il nous fait
pénétrer une Chine autre que celle du temps
des empereurs ou celle des Jeux Olympiques, de l'invasion
textile et des contrefaçons. Une Chine humble et
colorée comme les processions d'enterrements de
Madame Wang, que l'on découvre grâce à
des cinéastes indépendants pleins de talent
que les producteurs européens ont bien raison de
soutenir A ne pas manquer.
À partir de 12 ans.
CHASSEURS
DE DRAGONS de Guillaume IVERNEL
et Arthur QWAK
Sortie le 26 mars. Durée : 1h20.
Un terrible dragon sévit sur les terres du Seigneur
Arnold qui en a peur. Sa nièce, la petite Zoé
se met à la recherche de chasseurs de dragons.
Ceux qu'elle trouve ne sont pas vraiment les héros
dont elle rêvait. Ils ne pensent qu'à se
faire payer en affrontant le moins de risques possibles.
Mais comme Zoé les suit dans leur mission, ils
doivent bien se mettre à l'ouvrage. La petite Zoé
est mignonne, les chasseurs ridicules, l'oncle inquiétant
et le dragon très très méchant ce
qui le fait déconseiller aux tout-petits.
Les auteurs eux-mêmes préconisent le film
aux 8 à 88 ans pour que parents et grands-parents
accompagnateurs ne s'ennuient pas!
À partir de 8 ans.
UN COEUR
SIMPLE de Marion LAINE
Sortie le 26 mars. Durée : 1h45.
Au temps de Flaubert, l'auteur de ce conte, une pauvre
fille de la campagne qui n'avait pas trouvé de
mari, ne pouvait guère songer qu'à devenir
domestique dans une famille bourgeoise. C'est le sort
de Félicité, dont la brève rencontre
avec Théodore n'a pas abouti au mariage. Chez ses
patrons Aubain, Félicité s'attache à
la jeune Clémence, une enfant trop sérieuse
et de santé fragile qui trouve en elle la chaude
tendresse dont sa mère l'a privée. Cette
cohabitation de toute une vie entre patronne et servante
institue une relation complexe, hésitant entre
familiarité intime et conscience de la différence
de rang. Madame Aubain est sèche et attachée
à sa caste, mais pas insensible au dévouement
de Félicité qui, elle, n'est qu'amour et
don de soi, pour Clémence, pour son neveu, pour
sa patronne et même pour ce perroquet, entré
bizarrement dans sa vie. Félicité rayonne
d'amour et l'on ne pouvait rêver comédienne
plus adaptée au rôle que Sandrine Bonnaire,
magnifique. Ne nous laissons pas abuser par un titre un
peu minimaliste. "Un coeur simple" est un premier
film qui porte l'ambition d'une jeune réalisatrice
exigeante sur la qualité de la réalisation
et habitée par le charisme de Félicité.
Un très beau film.
À partir de 12 ans.
DELIVREZ-NOUS
DU MAL de AMY BERG
Sortie le 2 avril. Durée : 1h40.
C'est un documentaire sur les prêtres pédophiles
aux Etats-Unis.
Amy berg commence par raconter l'histoire du plus tristement
célèbre d'entre eux, le Père O'Grady.
Dans les années 70, celui-ci s'introduit dans une
famille très pieuse de sa paroisse en Californie.
Il est sympathique, on lui fait confiance et les parents
n'apprendront que très longtemps plus tard qu'il
abusait de leur fille de cinq ans. O'Grady a continué
avec d'autres enfants et les faits ont commencé
à provoquer des plaintes. Pour éviter le
scandale, sa hiérarchie l'a plusieurs fois changé
de paroisse, mais sans prendre aucune mesure pour qu'il
cesse ses activités criminelles. Il a tout de même
fini par être arrêté, incarcéré
sept ans et réexpédié en Irlande,
son pays natal. Des victimes témoignent, mais l'intérêt
principal du film, c'est l'interview d'O'Grady lui-même.
Il regrette, dit-il, mais sans manifester la conscience
des dégâts considérables qu'il a causés,
non seulement sur ses victimes mais aussi sur leurs familles.
Amy Berg s'en prend ensuite à la hiérarchie
catholique qui n'ignore pas que de nombreux prêtres
ont pratiqué la pédophilie, mais s'ingénie
à minimiser ou camoufler leurs activités
par peur du scandale. Nous étions informés
par les médias de ce sinistre fait de société,
mais le film a le mérite de nous introduire dans
les mécanismes psychologiques aussi bien des victimes
que du criminel.
C'est un film pour les parents. Pour la prévention
à destination des enfants, il en existe d'autres,
parfois projetés dans les écoles et commentés
par des spécialistes.
À partir de 13 ans.
WINX
LE SECRET DU ROYAUME PERDU de Iginio
STRAFFI
Sortie le 2 avril. Durée : 1h38.
Les Winx sont six ravissantes jeunes fées, liées
d'amitié, douées de pouvoirs magiques qu'elles
utilisent pour faire le bien. Elles sont apparues sur
France 3 en 2004 et les voilà au cinéma.
Bloom et ses amies doivent sauver la Dimension Magique
des sortilèges qui la menacent, mais aussi retrouver
les vrais parents de Bloom, ses parents biologiques (sic)
qui sont un roi et une reine. Les Winx ont un succès
mondial et l'on comprend pourquoi: elles sont jolies,
leurs coiffures et leurs vêtements sont élaborés
avec art, elles représentent pour les petites filles
la grande soeur et la jeune maman élégante
qu'elles veulent devenir, avec, en plus, le pouvoir d'effacer
leurs adversaires dans une pluie d'étoiles. Dans
le film, il y a quand même quelques garçons,
un peu en retrait, mais braves, avec leur épée
flamboyante, protégeant les mignonnes et payés
par un baiser. Pas ou peu de personnages effrayants, et
même la méchante sorcière est dotée
d'une certaine élégance. C'est le dessin
animé idéal pour les petites filles qui
regardent évoluer ces poupées-fées
avec ravissement. Mais qu'en est-il des garçons?
À partir de 3 ans.
DESENGAGEMENT
de Amos GITAI
Sortie le 9 avril. Durée : 1h55.
A la mort de son père, Ana retrouve son demi-frère
Uli, officier dans la police israélienne. Elle
décide de retourner avec lui en Israël pour
y chercher sa fille, institutrice à Gaza. C'est
à ce moment, en 2005, que le gouvernement israélien
décide d'évacuer de Gaza les colons juifs
installés là, en terre palestinienne. Un
geste de bonne volonté envers les Palestiniens,
destiné à faciliter les négociations
en vue de la paix. Mais ces familles, qui y vivent depuis
trois générations en faisant fructifier
la terre, se sentent déchirées et refusent
de quitter leurs maisons et leur sol. Le film s'attarde
sur ce "désengagement" et l'on voit les
soldats israéliens traîner et porter leurs
compatriotes de force vers des autobus qui les mèneront
sous d'autres cieux. Un spectacle assez insoutenable,
car si ce désengagement était un acte de
justice tout à fait honorable, il est clair que
les colons n'y avaient pas été suffisamment
préparés (ils ont pourtant d'éminents
psychologues en Israël). Ces scènes pénibles,
non pas documentaires, mais authentiques, éclipsent
un peu les tourments d'Ana autour de sa recherche d'identité
mais plongent le spectateur en plein dans l'imbroglio
tragique du Moyen-Orient.
À partir de 15 ans.
LES
RANDONNEURS DE SAINT-TROPEZ de Philippe
HAREL
Sortie le 9 avril. Durée : 1h45.
Vous vous en souvenez ? Il y a dix ans, vous les avez
vus crapahuter dans les montagnes de Corse. La quarantaine
venue, ils ont réduit leurs prétentions
sportives, mais, toujours décidés à
partir en vacances ensemble, ils choisissent Saint-Tropez.
Ils auront droit aux routes qui bouchonnent, aux pizzerias
bondées, aux plages fourmillantes jusqu'à
ce qu'ils retrouvent Eric, leur ancien guide de Corse.
Devenu introduit dans la haute société,
celui-ci leur en met plein la vue : restaurants chics,
yacht somptueux, non sans quelques désagréments
dûs aux attitudes de nouveau riche de leur ancien
ami. L'on retrouve Mathieu, le hâbleur désinvolte,
Louis le râleur, Nadine, la dépressive et
Cora, la brave fille qui, éblouie par la grande
vie, jette son bonnet par-dessus les moulins. Et enfin,
Eric, le Guide, Benoît Poelvoorde, qui en fait des
tonnes car c'est son personnage qui veut ça. Mieux
que les Bronzés, un film sympathique et drôle,
comme l'était le premier.
À partir de 12 ans.