L'école des parents
n°0 / Décembre 2011

« Papa…t’es où? »

Le père aurait donc disparu. L’autorité qu’il incarnait, transmise et soutenue depuis toujours par l’organisation de la société et la religon s’est affaiblie, en même temps qu’apparaissait l’idée d’égalité entre les hommes. « En coupant la tête du roi, la révolution a décapité tous les pères de famille », affirme Balzac.

La figure du père vacille donc, il a perdu toute supériorité et semble s’être dilué dans une démocratie familiale où les mères peuvent aussi faire la loi, où les pères portent les bébés, cajolent, bercent et consolent, où tout se négocie, nouveaux temps d’une coparentalité légale et d’un équitable partage des tâches idéalisé.

Alors que les vieux repères s’effilochent, que toute forme d’autorité est remise en cause, que chacun cherche sa place, c’est à l’enfant convoquer en lui-même ces figures d’autorité, quand nous, adultes, ne saurions ou n’oserions plus le faire. C’est à lui de se construire une figure du père imaginaire, un avatar puissant, un genre de grand méchant loup, chargé d’interdire, de trancher, de contenir son désir qui s’exercerait aux dépens des autres.